ARMES. NAVIRES
lions en or ou en argent. La poigntSe de l'épée, assez souvent artistiquement incrustée d'argent (f. H7), n'était faite que pour une main; la garde en est courte.
Les autres armes ressemblent en général h celles de la première partie de l'âge du fer.
L'architecture navale Scandinave présentait un développement supérieur, peut-être, îi celui de la même architecture dans la plupart des pays chrétiens, et la richesse des
118. Xiiriri' repi-âcHti »«r «ne ji'errr i-vn'iipii; à TJângi:u1c, Gotland.
pays du Xord en fait de navires doit avoir été considérable. Des flottes de 600 it 700 voiles sont meiiiionnées îi plusieurs repnses. Snorre racont« même que, pour son attaque de la Norvège, le roi de Danemark Canut le Grand avait réuni une armada de »douze cents navires» (c.-L-d, 1,440 voiles, vu que l'on comptait le cent à dix douzaines).
Les navires marchaient tant il le voile qu'il la rame. Chaque navire n'avait qu'un mât et une voile (f, 118).
150 3 C. LE DEBSEER AOE I>L' FEU.
Les voiles, ressemblant principalement à nos voiles c étaient ii l'ordinaire d'une espèce de tirtaine (vadmal), parfoie orné de raies bleues, rouges et vertes. Le nombre dea rames (Stait souvent considérable, et la grandeur des navires de guerre était indiquée par le nombre des bancs des rameurs. Le «Grand Serpent» {Or^nen iânge), le célèbre navire d'Olof Tryggvason, avait 34 paires de rames, et près de 1,000 hommes d'équipage; la longueur de la quille comportait 44 mètres. Canut le Grand possédait un )jdragoçii de
119. Nac'ire normand du ll.'éiiie siècle, de la Dtaiiiuerie de Bayciix.*
60 paires de rames. Dans la règle, toutes les rames étaient sur une ligne; mais Erlîng Skacke de Norvège fit construire, dans le 12:ème siècle, des navires avec deux rangées de rames superposées. — Comme dans les navires du premier fige du fer {p. 100), le gouvernail n'était pas placé sur la ligne médiane, mais sur le flanc droit, près de la poupe. Ordinairement les navires étaient peints et la muraille ornée d'une rangée de boucliers, comme on le voit p. ex. sur ta fig. 119. L'avant se terminait souvent en une tête de dragon dorée, et la poupe recevait parfois la forme d'une queue de dragon, d'oti vînt cette dénomination de
KAV1BE3. 151
nârakar», dragons, généralement donnée aux navires de guerre. Parfois on voit des navires représentés avec une tête de dragon tant îv l'avant qu'à l'arrière, ou l'avant orné d'une tête d'homme dorée et même parfois aussi d'une tête de boeuf. Le roi saint Olof avait sculpté de ses propres mains une tête d'homme pour le galliou de son navire sKarlshôfde» (cf. la fig. 119).
A la bataille de Svolder (l'an 1000), Erik jarl avait un navire du nom de BBarde» (le »Bardé»), parce que l'étrave était bardée de tôles ou de plaques de fer jusqu'îi la ligne de flottaison, et armée au sommet d'une abarben, se composant probablement de pointes de fer saillantes.
Avant le combat, on avait coutume de lier les unes aux autres les proues, qu'occupaient les principaux guerriers, de aorte que chaque ligne formait un tout continu, où l'on pouvait combattre presque comme sur terre. Quand les navires étaient il l'ancre, surtout la nuit, le pont en était ordinairement recouvert d'ime tente.
Il ne faut pas croire, cependant, que toutes les relations entre le Nord Scandinave et le reste de l'Europe fussent invariablement hostiles îi cette époque. Le commerce pacifique avait une importance que l'on n'est que trop porté à apprécier au-dessous de sa valeur.
Par sa situation, la Suède se trouvait sans doute, à une période où presque toutes nos côtes de l'ouest étaient danoises ou norvégiennes, principalement appelée au commerce avec les rives orientales et méridionales de la Baltique. De nombreuses circonstances nous montrent toutefois que le Svithiod de ces temps-là entretenait des relations tant guerrières qtie pacifiques avec les pays de l'Europe occidentale et principalement les Iles Britanniques. La Gestricie, l'Upland, le Vestmanland, laSudermanie.l'Ostro-
mzediivGooglc
gothie et le Smâland possèdent une quantité de pieiTce runiques élevées ît la mémoire d'hommes qui ont visité l'Angleterre. On voit, dans la muraille de l'église du vieil Upeal, une pierre lunique que Sigvid i)navigateur en Angleterre» (Engîandsfarare) fit graver en mémoire de son père, Sigvid était donc heureusement revenu de son voyage, A l'égard d'autres navigateurs, il est dit par contre expressément qu'ils sont morts en Angleterre. A Kolstad, dans la paroisse de Hdggeby en Upland, se trouve ime pierre runique gravée par deux lils à la mémoire de leur père qui pétait assis (se trouvait) à l'Ouest dans les rangs des Thingar» (tatt vesterut i thingaliden), expression par laquelle il faut
entendre sans doute le commencement d'armée permanente créé en Angleterre par Canut le Grand. Une autre pierre runique, h Rôsils en Smâland, est élevée b la mémoire d'un Gunnar, sdéposé dans un cercueil de pierre à Bath en Angleterre.»
D'autres souvenirs d'expéditions sur les côtes de l'Europe occideniale et du commerce avec l'Angleterre, noua sont fournis par la foule de monnaies anglo-saxonnes des 10:ème et ll:èrae siècles que l'on exhume chaque année du Bol de la Suède '. Si même la plupart des monnaies
' On connaît spédolement pins de 16,000 de ces monnaies trouvées en Suède, tontea en argent; à ce nombre il faut ajouter la masse des