SCÈNE II
• CLOTHILDE, MARIA, JÛAXNA.
j«>anna, re pariant à eiie-cnèoie. II tait jour... on peut entrer... |J*taut un regard aur Oothilde.) La inéchanle femme!... <g||« re etei mire U lampe et ouvrir le* draperie» ; oo aperqoit alur» le jardin à tntrere le» «itraut. )
CI-OfUtLDE, auivant du regard too» »ea mouvement». R me Semble que
c’est la même personne que j'entrevis à notre arrivée. . Si
j'osais... ! Jeanne, en pat»au4 et marchant, lui lance un regard d'indigualien.)
Ilelas !... sou âge... son regard terrible me laissent lnon peu d'espoir I
JO AN NA, «'arrêtas* au tuüien de la aalle «t regardant Mark, attr le lit d«
repu». Elle dort... là... au même endroit où la pauvre El- Vire !... (Hile «’arrèU; et m- de tourne pour raauier le» larme*,)
CLOTHILDE. Que vois-je?... Elle s’attendrit!... joanna. Ah! M. le comte, tout cela finira mal! Le ciel ne laisse pas toujours les crimes impunis!... (ckthiid* «'approcha
d'cJU avec craibla, ri d'un »j r presque kuppliant. Juausa U r*gard* darcincnt.
*4 reprend d'an ton braque.) Madame, vous avez passé une mau- I taise nuit; j Vu sim fichée; ce n’est pas nia faute; je n’ai ' plus vingt ans; j’étah Jeule pour tout faire, puisqu'il ne faut pas que les autres sachent rien ; et l’on m’a avertie trop tard, nier, pour que votre appariement fût prit à vous recevoir.
Clothilde. Mon appartement?...
joanna. M. Or lof m’a aidée; on a passé la nuit, et enfin tout est prêt. Vous pouvez aller vous reposer : vous eu avez sans doute besoin, car je vois que vous avez veillé.
Clothilde. Oui, madame. Mais, partout ailleurs, comme ici, je ne uie fusse point couchée : j'aurais veillé... Je veillerai toujours près de tua üllu.
JOANNA, fcc un raouveueul d hurreur. De VOIT# tille !... QUOI ! VOUS
seriez sa mère, et vous l’avez amenée dans ce château?
Clothilde. Ce château?... Madame, je vous eu prie, veuillez me dire où je suis?
joanna. Où vous êtes?.*. Mais il me semble que vous devez le savoir. •
Clothilde. Hélas! je n’ose croire... Au nom du ciell par pitié pour celte eiifant, répondez-moi : sommes-nous chez le comte de Gomoru?
joanna . Oui, madame.
cunuiLDE. Chez lui!!! C’en est donc fait! elle est perdue !
(Elle tombe accable* de douleur dana un fauteuil, du c6w «ppow au Ut de NpW.)
joanna. Que dit-elle? serait-ce involontairement?... Oh! pauvre demoiselle!... (Elle rapproche du lit de repe*, et cuuteuijtlc iiana eudormie.) Mon Dieu, qu’elle est intéressante !... Sa jeunesse, ses traits, le sourire que le sommeil a laissé sur ses lèvres, tout me rappelle l’infortunée dont j’ai reçu le dernier
SOUpir. (P.Uc *' arrête en pleurant. Clothilde, aUeniire, elouoée, m 1ère, et
t'approche douccBwui.) Oui, c'était la même douceur... la même expression... Hélas! je crois la revoir, car c’était là,. c'était ainsi qu’elle reposait deux jours avant sa mort.
CLOTHILDE, atee effroi et à part. Avant Sa Diortl...
joanna, fondant m larmct. Pauvre Cl rire, je crois te revoir, et je ne puis résister. (Elle »* peticbc tm I» lit Ct balte la maiu de Maria. ('-habilite la regarde ar«r l'expmiion de la juir, tabil Joanna par la main, l'attire à «lie, la regarde «iec uue turpriac prèle k éclater, et Joanna Lusse tomber ton »iuge dans ut* main» pour cacher u> larmes.)
Clothilde. Vous pleurez?... Ah! madame, puisque le sort de Maria vous touche au point de vous faire verser des larmes, votre Ame est donc sensible, com pâlissait te?... Eh bien, prenez pitié de celte infortunée; sauvez-la de l'opprobre, de l'infamie!... Ah! madame, je vous le demaude à genoux, sauvez ma tille!
joanna, u retenant. Que faites-vous? Hélas! madame, pourquoi l'avez-vous amenée dans ce château?
Clothilde. Ah ! ne me condamnez pas 1 Si vous saviez quel euchaitiemeiil d'horreurs... Mais vous, vous, qui servez le comte, puis-je espérer?.,. (FDc regarde Joaune arec Cl ointe.)
joanna. Non, madame, non, vous nu pouvez l ien espérer : je suis esclave, (u regardant.) Putssé-je, au moins, ne pas fermer ses yeux comme j'ai fermé ceux d’Elvire!
Clothilde. D’Elvire? O ciel!.., quelle était culte Klvire?
joanna, U fixant. Héla»! ce fut une jeune et bien malheureuse victime ! Arrachée «lu sein de sa famille, ou Fumeua, comme on vient d’amener votre tille... mais sa mère ne la conduisait pas... Le déses[K)ir s'empara de son cœur... sa raison s'égara... on n’en eut pas pitié. Je la vis s’éteindre... mourir... et c’est là, sur ce lit où repose votre tille, que cette infortuuée expira dans mes bras 1
CLOTHILDE, se pretàpUat sers Maria. Ah! grand DieU t (llor, d'slis- ■éa«, «Ils saisit st prssss Maris dans sst brs» [ «Ils s'crtillt a»*e an gesta d'rffroi, regarde d'tkard autour d'alls, et, ttpsi CUthlldr, aa ealais «• |«l Mûrit.)
maria, arec leadfeMe. Ah ! c’est vous?... c’est vous, madame... ma protectrice, ma mère? (Elis lui baise affrctueiutineol la main; puis, jetant an nourssu rsgird autour d'aile, elle s'tlaigns, exusiaani les objets qni l'tnrironaml.)
Clothilde, bas, à juanna. Cachez-lui vos larmes, elle ignore sou malheur; il ne faut pas lui donner le coup delà mort! 'j osons,
Irta-sorprisa. regards n obsorss sut dtffsnea Clothilde at Maris.)
maria. Quel riche appartement! Comme tout y respire le goût et l'opulence ! Ah! à travers ces croisées, dus jardin», des bosquets, un parterre émaillé du fleura! Que cette demeure est agréable! V resterons-nous, madame?
Clothilde, regardant josona. J espère que non, ma tille.
maria. Vous espérez?... Vous n’ètcs donc pas la maîtresse de faire ce que vous voulez?... Attendez... je me souviens... Accablée de fatigue, je me suis endormie sur ce lit de repos... Mais vous, madame, vous n’avuz doue pas reposé?... Non... vous ne m'avez pas quittée... Plusieurs fois, en dormant, j’ai senti vos baisers sur mon front... et tout à l'heure, en m’éveillant, je me suis trouvée dans vos bras... Oh! mu mère! pourquoi donc, depuis quelques jours, t-emblez-vous craindre de me quitter un seul instant? Quand mou père m’ordonna d'accepter vos bienfaits , vous daignâtes me recevoir comme
une compagne, dont les soins vous seraient nécessaires; et ! maintenant, loin de remplir aucun des devoirs auxquels je me croyais appelée, c'est vous qui semhlez me servir et n’exister que pour moi.
Clothilde. Hélas! j’ignorais alors... Ton sort est bien changé ! maria. Oh! oui!... je n’étais pas orpheline!*.. joanna, à part. Orpheline ! ... Ce n'est donc pas sa mère? Clothilde. Chère enfant! Non, tu n’es plus une étrangère pour moi. J’ai contracté, sans lu savoir, une obligation sacrée, et je la remplirai au péril de la vie!
MARIA, »*ec i-ffuùon. An! madame! (S'arrêtant et regardant Clothilde.) Mais d’où naissent vos pleurs? Quelle peut être la cause de l’inquiétude afTreuse où, depuis quelques jours, vous paraissez plongée ?... Voiis me cachez vos peines... Mais, hier, à l'auberge d’Herjédal, vous alliez révéler un grand secret à Fâodo r, quand ûfirald... ce souvenir me glace encore d'effroi!... quels regards il jetait sur vous!... de quel ton il vous commandait!... on dirait qu'il a sur vous des droits... Ah! pardonnez, madame, mais je serais bien malheureuse si M. Oswald avait jeté les yeux sur la pauvre Maria !
CLOTHILDE, à part. Quel supplice !... (at« la plu» grande affectloo.) Calme-loi, lu n’auras rien à redouter... tant que je serai près de toi! Quant aux chagrins que je n’ai pu te cacher... ils ont UUe autre cause. . . (Elle «'éloigné an lo»»al Ira ;««x au cael.)
MARIA. (I Féodor!...
joanna, » p*rt. Voilà qui est étrange t
Clothilde, à part. Ce n’est plus elle qu’il faut instruire ; captive, que pourrait-elle?... Tentons uue autre voie, jeu.- regarde Joaiuu, ct »*eu approche avec erainle.— Ha», b Joauni.) Madame, je voudrais vous parler un moment... seule... Pouvez-vous, sans danger, éloigner Maria, seulement quelques instants.
joanna. Oui, madame; je vais la conduire dans la pièce voisine; elle fait partie de votre appartement, car vous ne devez [joint rester ici; et, comme il n’y a que celte porte qui conduisç à la tourelle que vous allez habiter, personne ne pourrai! y entrer s ms traverser d'abord ce salon.
Clothilde. Vous êtes bien sûre?...
joanna. Soyez tranquille !... (a part.) Tout ceci cache un grand mystère... (Allant A Maria, qui c»t rvftec plongée doua k* réflexion*.) Mademoiselle, si vous voulez jeter un coup d’œil dans voire appartement, je vais VOUS y conduire. (Maria K tourne «en Clothilde pour la consulter.)
Clothilde. Va, ma chère Maria, je ne tarderai pas à l’aller joindre; tu sais que j'aimt! à t'avoir prés de moi? (Kilo lui donna
un baiser, et la conduit juaqu'à la porte de la tourcUe.Juasaa y fait entrer Mena.)