‹ La suédoise drame en trois actesChapitre 22 sur 44 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

’ CLOTHILDE, an moment «eule, pui», après, JOANNA. Clothilde. Oui, autre position est devenue si affreuse, que la prudence uc peut plus nous être que funeste, et, puisque je fais le sacrifice de ma vie, je n’ai plus rieu à ménager, je dois tout hasarder... Féodor aura fait instruire Bamer...mais ce secours sera trop tardif... Je suis certaine aussi que ce jeune homme aura suivi nos pas, et qu'il est à Gornorn. Voilà, voilà ma seule ressource, si, par le moyen de cette femme,

\ ie puis parvenir... Mais, voudra-t-elle me servir?... Comment l'espérer?... Je l’ai vue s'attendrir, et sus larmes... La voici! Ah! mon cœur se glace! Elle approche... Quel regard elle jette sur moi... U faut..

joanna, trèk-dureuaeat. Me voici; que voulez-vous?

CLOTHILDE, taraient ><« esprcaûon uue main de Joannau Hélas! implorer votre pitié; vous demander du secours!

joanna, d'un ion de reproche. Du secours?. .. du secours?... Vous qui trompez cette jeune personne, en lui persuadant qu’elle est ici chez vous’ Vous qui venei aussi de me tromper moimème, car vous n’êtes point sa mère! Madame, j’ai reçu l'ordre de vous servir, et j'obéis, parce que je suis esclave; mais je n’ai pas reçu l’ordre de louer votre conduite.

Clothilde, ■«« un mouvement de joie. Ali! votre indignation, tout injuste, toute cruelle qu'tue est, redouble mou espoir, dus je vous fais horreur, plus Maria doit exciter votre pitié! joanna. Oui, oui, ma pitié!

Clothilde. Eh bien, ne résistez pas à ce gôuéreux sentiment, souvenez-vous du sort affreux d’Elvire!... Vous frémissez? Ce serait aussi celui de cette infortunée, et vous partageriez le crime de sa mort!...

joanna, emur, interdite. Moi?... Ah 2 mou Dieu!...

Clothilde. Nou, non, vous n’avez pas un cœur aussi cruel 1 Je vois couler vos larmes!... Ah! madame! ne repoussez pas ma dernière espérance! Sauvez, sauvez Marial Exigez tout de ma reconnaissance. Ma fortune tout entière est à vous, sans réserve!... Voilà déjà tout ce que je possède... (EUebtcK* b*gu**, •ou oiiier, m» foude* d'oreille», etc.) Prenez, prenez «Rît or, ces diamants... prenez, prenez tout et sauvez mon enfant!

joanna. Arrêtez!,.. Jamais, jamais, madame, je nu recevrai lien!... Mais, quoi! ce n'est pas vous qui livrez cette pauvre demoiselle?

Clothilde. Moi? moi, qui me sacrifie, qui donne ma vie pour

la saurer 1... (iw déunpoir.) Si tous saviez quelle main de fer m'a conduite où je suis!...

joahha. Est-il possible I...

Clothilde. Non, non, j’en prends le ciel à témoin, et c’est à genoux que j’implore...

joahha, u retenant. Madame!... madame!... je vous crois 1 11 est impossible que vous soyez coupable!... Pardonnez-moi, je ne suis pas uu-chante, et mon cœur, maiutenaut, vole au-devant du vôtre.

clothii.de. Ah ! vous me rendez la vie!

joahha. Non, je ne veux plus être témoin des horreurs que j'ai vues, et, depuis la mort d’Elvire, si j'ai eu le courage de rester dans ce château, c’est dans l'espoir, s’il s'offrait quelque nouvelle victime, de la sauver.

Clothilde. VuusT... Grand Dieu! Ah! c’est ici que ta bonté divine devait éclater pour ma fille.

joahha. Ne nous flattons pas trop; surtout, de la prudence. On ne m'aime pas; on m’observe. Tout le monde, ici, est espion, délateur : le comte est soupçonneux; Borman est un scélérat, et je serais perdue si l’on savait... N’ayons |»oint l’air de nous entendre... Mais si vous avez des amis, des parents, des protecteurs assez puissants, nommez-les-moi ; nous parviendrons... Proliton» surtout de cet instant où personne n’est encore levé au château. Parlez!

Clothilde. Toutes mes espérances se réunissent sur un seul homme : c’est un militaire plein de courage, d'bouneur, ut qui adore Maria. Elle lurdoit déjà la vie. Ah! puisse le ciel permettre qu'elle lui doive plus encore !

joahha. Eh bien, ce militaire, où est-il?

Clothilde. Il nous suit depuis Norfeld. Hier, seulement, j’ai

P u l'instruire qu’ou nous conduisait à Goinorn. Son nom est éodor. 11 sufllrait de s’informer, d’observer, car j’ai la certitude qu’il erre aux environs.

j oa km a. Attendez donc)... Un militaire, dites-vous? Si c’était...

Clothilde. Vous l'auriez aperçut...

joahha. Celui que j’ai vu est un pauvre soldat, assez âgé, fort malheureux... (CMbiuie «coût* *•<* u plu* pronde attentai.) Hier, à la nuit, il s’est présenté à la grande porte, demandant l’aumône et l’hospitalité. On l’a chassé; car, depuis la mort du vieux comte, lu château est fermé aux malheureux. Touchée de compassion, je suis sortie pour lui porter quelques secours. Je l’ai trouvé assis sur une pierre , regardant toutes les fenêtres, et il m’a fait d’étranges questions!

Clothilde. Un soldat?

joahha. Oui. Il m’a demandé si le comte était au château; puis, s^il y habitait, depuis peu, une jeune personne avec une autre dame. En parlant, il se troublait. D’abord, toutes ces questions me parurent sans motifs; mais, maintenant que je me les rappelle... Serait-ce la personne dont vous vuulcz parler?

Clothilde, à put. Un soldat a été vu hier à Herjèdal... Il allait à Goinorn, je m’en souviens, (a Joaau.) Ah! c’est peut-être un protecteur bien plus puissant encore!... Il faut retrouver ce vieillard, il le faut à tout prix... (Oa entend Msn* j«ur dci ni* perfinu ci teMurir.) Grand Dieu! ces cris!... (c«ur»at *m u porte de

U teutill*.) Ail I ma fille!... (Marie, éperdue, daut le plat prend détordre, accourt ta criant : Ma mer»! tn» mm'... et tient tomber dan* lr> bru» de Clothilde, somme privée de «em'iment. Joaaiia regarde vert le tourelle, et, per aen geaieel eeo éieuaernent, indique qu’elle ne voit rien.)

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