‹ La suggestion: ses applications à la pédiatrie et à l'éducation mentale desChapitre 4 sur 4 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

En résumé, nos observations personnelles, conformes à celles qui ont été recueillies par d'éminents confrères, au nombre desquels nous citerons particulièrement MM. les docteurs Bernheim, Liébeault, Auguste Voisin, Van Renterghem, Van Eeden, Ladame, de Jonjr, Westerstrand, Moll,

Herrero, nous autorisent à formuler les conclusions suivantes :

1° La suggestion, employée rationnellement par des médecins expérimentés et compétents, constitue un agent thérapeutique fréquemment susceptible d'être appliqué avec avantage en pédiatrie.

2° Les affections dans lesquelles les indications de la suggestion ont été établies chez les enfants par des faits rigoureusement observés, sont :

L'incontinence nocturne d'urine ;

L'incontinence nocturne et diurne des matières fécales;

Les tics nerveux;

Le bégaiement;

Les terreurs nocturnes ;

La chorèe rythmique;

L onanisme irrésistible;

Le blépharospasme ;

Les attaques convulsives d'hystérie ;

Les troubles purement fonctionnels du système nei^veux.

3° La suggestion n'a pas, jusqu'à ce jour, donné de résultats appréciables dans le traitement de V idiotie, du crétinisme, de la surdi-mutité.

4° La suggestion, envisagée au point de vue pédagogique, constitue un excellent auxiliaire dans l'éducation des enfants vicieux ou dégénérés. (

5° L'emploi de la suggestion doit être réservé pour les cas où les pédagogues avouent leur complète impuissance. Elle est surtout indiquée pour réagir contre les instincts vicieux, les habitudes de mensonge, de cruauté, de vol 9 de paresse invétérée, de malpropreté, d indocilité, de pusillanimité.

24 BÉRILLON

6° Le médecin sera seul juge de l'opportunité de l'application de la suggestion contre ces manifestions mentales qui sont sous la dépendance d'un véritable état pathologique, le plus souvent héréditaire, et, en aucun cas, nous ne conseillons l'usage de la suggestion en pédagogie lorsque l'enfant sera susceptible d'être amendé par les procédés habituels d'éducation.

Après la clôture de la discussion, M. le Président met aux voix les conclusions du rapport de M. le docteur Bérillon. Ces conclusions sont adoptées à l'unanimité.

Le Congrès décide, en raison de l'intérêt qu elles présentent au point de vue pédagogique aussi bien qu'au point de vue de l'éducation pénitentiaire, que ces conclusions seront transmises, par les soins du bureau, à M. le Ministre de l'Instruction publique et à M. le Ministre de l'Intérieur.

Paris. — Imp. de la Faculté de Médecine, Henri Jouve, 23, rue Racine.

Page 1