‹ La suisse au dix-neuvième siècleChapitre 56 sur 74 · I. ARMKE SUISSE · texte numérisé non relu

I. ARMKE SUISSE

Belfort et dans la Haute-Alsace, sons les ordres des généraux Desaix, Grouchy, Lecourbe cl Rapp. Heureusement, c'est en Belgique que les grandes armées allaient se heurter.

L'armée fédérale lui sur pied i\w lri mars au 30 septembre KSI."). Elle comptait une trentaine de mille hommes pendant la première partie de la campagne; l'effectif atteignit même lu 669 hommes et 2871 cbe-

L'aneien arsenal de Zurich.

(D'après une gravure extraite de l'Annuaire '1rs artilleurs zuricois.)

vaux. Le commandant en chef était le vieux général de Bachmann qui, avec l'autorisation expresse de Louis XVIII, avait quitté le service de France pour se rendre à l'appel de la diète : il avait alors soixantedix-huit ans, mais n'en marquait pas plus de. soixante. Il avait pour chef d'état-major le général de Castella, ancien combattant d'Espagne et de Russie dans les régiments suisses au service de l'empereur, rentré au pays avec eux après le 20 mars. Le colonel Finsler remplissait les fonctions de quartier-maître général. L'armée formait quatre divisions, dont trois de première ligne, aux ordres des colonels Gady, Fuesslv et

d'Affry, el une de réserve, dont le commandement appartenait au quartier-maître général.

Au milieu de mai, l'armée était disloquée comme suit : 15000 hommes entre Moral et Aarberg, avec des avant-postes dans le Jura; loti hommes ;i Neuchàtel; 8000 à Yverdon ; 1000 à Genève; 600 Valaisans <i deux compagnies bernoises, sous le comte de Courten, à Si-Maurice ; looo hommes à Bàle et à Liestal. Le quartier-général fut tantôt à Morat, tantôt à Neuchàtel ou à Berne.

Le prince de Schwarzenberg, généralissime des armées autrichiennes, avait détaché en Suisse, pour le renseigner et être son porte-parole auprès des autorités, le général-major baron de Stegentesch, avec des instructions liés étendues, u L'armée fédérale, disaient-elles entre autres, est si hétérogène que si nous voulons pouvoir un tant soit peu compter sur elle, notre premier soin doit être de mettre un peu d'unité dans le commandement supérieur, o Le général de Stegentesch devait maintenir la liaison entre les troupes suisses et l'armée autrichienne, s'enquérir des mesures de défense ordonnées et cherchera savoir si la diète entendait n'employer ses hommes qu'à défendre au besoin la neutralité du territoire ou si elle était résolue aussi à les diriger offensivement el activement contre la France. Il chercherait à ramènera ce dernier parti. Il devait encore organiser trois routes d'étapes, une par Bàle el l'autre par le Simplon pour pénétrer en France, et une troisième pour servir de communication entre le Hhin et l'Italie. Le prince Schwarzenberg recommandait beaucoup à son lieutenant « de gagner la confiance de tous, d'éviter jusqu'à l'apparence de vouloir ordonner par lui-même, mais de se gérer de façon à ce qu'en fait le commandement lui lut imposé par les Suisses eux-mêmes ».

Le baron autrichien était un homme d'un tact parfait, d'une élégance exquise el d'une rare perspicacité. Il exposa bientôt à son chef que le moyen le plus efficace d'obliger l'armée suisse à suivre les opérations jusqu'au bout était de « l'encadrer ». Il annonça par conséquent au vorort. dès la mi-juin, que trois corps d'armée autrichiens passeraient le Rhin à Rheinfelden, Schaffhouse et Bàle, tandis qu'un quatrième, sous le général de cavalerie Frimont, traverserait le Simplon el gagnerai! le territoire français par St-Cergues. Ce qui fut fait. Le général de Bachmann pouvait maintenant prendre l'alignement à droite ou à gauche, suivant les circonstances. Très monarchiste.

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