I. ARMEE SUISSE
ayant l'empire en horreur, le vieux général se promil bien d'ailleurs de ne pas rester en arrière et de garder le contact sur ses deux ailes.
Le général de Stegentesch sut se faire sa place. S:ms brusquer personne, il obtint que rien ne se lit sans qu'il eût été consulté. Cela alla même si loin que Ici gouvernement cantonal s'adressait directement, pour des affaires de service, au baron autrichien, pardessus la tête du
Le général Dufour et son état-major (1862).
général de la confédération, lequel s'en plaignit. Ainsi le gouvernement de Genève, lorsqu'il demandait au général de Stegentesch qu'on éloignât de la ville et mit dans un autre poste deux bataillons vaudois de la brigade Guiger de Prangins, trop manifestement sympathiques à la cause de Napoléon.
Les troupes suisses l'ont, au reste, une assez bonne impression au général de Stegentesch. Il en écrit à son chef. Il loue la bonne tenue des régiments au service de France qui, ayant piété serment à Louis XVIII, ont refusé de retourner sous les drapeaux de l'empereur. Il constate qu'au bout de quelques semaines de présence sous les armes et de vie
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militaire en commun, le milicien suisse g oublie ses préjugés cantonaux pour n'être plus que Suisse ci soldat. L'approche du danger fera le reste ».
Le général Bachmann, qui voyait les choses de plus près, était moins rassuré. Le '2~> niai, après avoir pris connaissance de la convention signée à Zurich, il écrit au président de la dièle. le bourgmestre
de Wyss, que pour la France elle équivaut à une déclaration de guerre el qu'étant donnée la façon dont Napoléon mène la guerre, il laid s'attendre à être attaqué d'un jour à l'autre. Or, plusieurs bataillons et la plus grande partie des régiments revenus de France ne sont pas armés, tandis (pie certains cantons ont encore des fusils en réserve dans leurs arsenaux. D'autres contingents ont des armes inutilisables qu'il faudrait se hâter de faire transformer ou réparer. Enfin et surtout. l'armée manque absolument de matériel de campement.
Par la convention du 20 mai, la Suisse s ('•lait engagée non seulement à mobiliser 30 III 10 hommes de première ligne, mais a organiser une résen e pour les soutenir au besoin. La dièle en avait li\é l'effectif à .'Su oui) hommes, mais se borna d abord à répartir entre les cantons une première levée de I I OOO. Les réponses des cantons à la circulaire fédérale montrent que buis arsenaux étaient hors d'étal d'équiper el il armer aussi le second ban. Les (irisons répondent que l'arsenal de Coire n'a plus ni fusils ni cartouches et demandent si quelque étal confédéré, mieux muni, ne pourrait pas lui en prêter. Sehwvl/ déclare cpie. si le danger devient plus pressant, le canton fera ce qu'il doit, mais qu'il faudrait pour cela lui fournir de la munition et des fusils, l'ri manque de cartouchières el de havresacs. Le Tessin promet les hommes, mais pense qu'il appartient à la confédération de les armer. El la confédération était plus pauvre encore que les cantons : en fait de matériel de guerre, elle ne possédait rien.
Le 18 juin, ce fut la journée' de Waterloo. Le 2.~> juin, le général I ecourbe,qui commande à Bel fort, annonce au général Bachmann l'abdication de l'empereur et l'invite à suspendre les hostilités jusqu'à ce qu'il ait été pris une décision par les puissances et les commissaires des chambres françaises. Le général Laplane, à l'onlarlicr, l'ail la même communication au colonel Gady, à Yverdon, mais trois jours après, le 28 juin, a 7 heures du soir, le général Barbanègre, commandant de la forteresse de Huningue, bombarde inopinément la ville de Bàle. Le
l'armée suissk 4S)1
généra] Bachmann se fâche et, dans un ordre du jour, annonce à ses troupes qu'il va châtier l'ennemi de cette déloyauté et l'empêcher de nuire à l'avenir. La diète, aussitôt, prend peur et écrit au général qu'il ait à rester sur la défensive. En même temps, des corps lianes français insultent les avant-postes suisses ; le général de Stegentesch sollicite Bachmann d'occuper le pays de Gex, situé en deçà des frontières naturelles de l'Helvétie ; enfin, la population de Jougne prie le général Castella de les protéger contre les bandes armées qui pillent la contrée sous prétexte de guerre. Le 5 juillet, le général Bachmann annonce à l'armée qu'il a franchi la frontière. Et, en effet, 22 000 hommes avaient occupé la ligne Pontarlier-Morteau.
Ce n'est pas ici le lieu de couler, dans ses pittoresques détails, cette peu glorieuse campagne, qui n'offre d'autres laits d'armes que le combat de Damvant et la capitulation du fort de Blamont entre les mains du colonel Gatschet, commandant de l'avant-garde, et qui se termina par l'envoi à l'armée de ^vu\ commissaires fédéraux, Ruttimann et Zelhveger, et la démission i\u général Bachmann et île son chef d'étatmajor Castella, désavoués par la diète. Une convention d'armistice, convenue entre le général Bachmann et le général baron de Laplane, commandant la 4e division île réserve du corps d'observation du Jura, désigna la ligne Quingey-Salins-Arbois comme démarcation entre les deux armées. Quant à la place de Huningue, au siège de laquelle 4600 hommes de troupes suisses avaient participé, elle avait capitulé déjà le 26 août.
La grande guerre, au reste, était terminée. Le 8 juillet, Louis XVIII était rentré dans sa ville de Paris et, le :!0 septembre, les régiments suisses reprenaient, sous les ordres du général Bachmann, leur service auprès du roi de fiance. A la même date, l'armée fédérale rentra dans ses loyers.
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