‹ La suisse au dix-neuvième siècleChapitre 71 sur 74 · I.a Suisse au XIX' siècle, I · texte numérisé non relu

I.a Suisse au XIX' siècle, I

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basefurenl promulguées les lois des 24 décembre 1880 et22 mars 1888 qui permettent de contrôler sévèremenl les agences et sous-agences patentées, ainsi que les contrats (■(inclus par elles, de leur interdire le transport de certaines catégories de personnes et de leur imposerdes garanties pour que les catégories qui peuvent être transportées soient bien traitées pendant le trajet, enfin d'exiger des personnes ou sociétés qui entendent se lancer dans une entreprise coloniale, qu'elles fournissent des renseignements précis el se fassent autorisera cet effet par le conseil fédéral. Celui-ci a aussi organisé le bureau fédéral d'émigration, prévu parées lois. Fournir gratuitement à tous les émigrants qui s'adressent à lui des informations exactes sur le pays de leur destination, ou des conseils désintéressés sur les projets d'émigration ; examiner avec une grande circonspection les entreprises recommandées par la propagande ; accompagner des trains d'émigrants jusqu'aux ports de mer afin de s'assurer des conditions de transport et île vaincre les difficultés du dernier moment; faire en Suisse des conférences sur l'émigration et ses dangers, telle est l'activité philanthropique de cet office. Et comme les consuls suisses des ports d'outre-mer ont l'ordre de vérifier sans frais les réclamations des émigrants et de l'aire rapport, le cas échéant, on peut dire que la confédération étend sa sollicitude pour les enfants qui quittent le pays, bien au-delà des frontières. Les Suisses à l'étranger! Combien d'idées fallacieuses de richesse, de bien-être et de bonheur éveillenl ces mots magiques aux yeux de beaucoup de citoyens restés dans leurs foyers, et combien faudra-t-il en rabattre après ce que nous venons de constater au sujet de la qualité de mainl émigranl et des peines, déceptions et malheurs qui les attendent souvent! Des rapports consulaires ne se plaignent-ils pas quelquefois de l'avidité des plaisirs, de la passion des l'êtes et du jeu, du manque d'assiduité au travail, de mobilité et de bonne volonté, en un mol de l'aversion contre l'existence trop dure du pionnier, qu'on observe dans des milieux suisses au dehors ; ne peut-on pas lire dans ces rapports que seulement unv minorité sail arrivera l'aisance, tandis que la majorité reste stationnaire, soil par sa faute, soit à cause de circonstances adverses: la remarque n'est-elle pas fréquente que si les émigrants s'étaient imposé auparavant en Suisse autant de privations et de fatigues qu'ils sont forcés d'en supporter à L'étranger, ils seraient certainement parvenus à une bonne position sociale".'

Les sociétés de secours fondées par les Suisses au dehors trouvent un champ d'activité qui n'est, lu'las ! que trop vaste e1 ont à dépenser des sommes considérables '. Le nombre des émigrants trompés ou déçus pour qui ces sociétés forment la dernière planche de salut, esl grand, car elles tendent une main secourable non seulement aux Suisses lixés, à leurs veuves ou orphelins, mais frayent un chemin aux nouveaux arrivés, avec un dévouement qui ne sera jamais trop apprécié : elles sont, (railleurs, secondées dans cette œuvre par des donateurs généreux et par une charité privée inépuisable qui panse en silence mainte blessure. La fondation de homes suisses a mis les personnes charitables à même d'assurer encore mieux ce sauvetage social et de se défendre en même temps contre les procédés abusifs des exploiteurs professionnels de la bonté des compatriotes.

Rien de plus justifié donc que les subventions allouées par la confédération à ces sociétés, eu égard aux sacrifices parfois disproportionnés faits par leurs comités infatigables. Le conseil fédéral a également invité, par des circulaires, les gouvernements cantonaux à reconnaître ces services en votant des subsides en laveur de ces sociétés. A partir de 1866 il fut réparti entre elles annuellement une subvention fédérale de 1(1(1(10 francs; en 1897, la somme touchée par 121 de ces sociétés — ce sont les moins fortunées - est moulée à 48000 IV., à Laquelle les cantons ont contribué pour un peu plus de la moitié : 10 000 francs ont été répartis entre les 10 asiles suisses à l'étranger. Toutes ces institutions ont dépensé en 1896 uniquement pour des buts de bienfaisance 375000 fr. D'un autre coté, leur fortune s'élève presque à '1 ' ,2 millions, ce qui révèle l'existence de ressources considérables.

En effet, on aurait tort de peindre sous des couleurs trop noires la situation réelle de nos colonies suisses. Beaucoup de nos compatriotes sont parvenus, grâce à leurs qualités personnelles, à occuper à l'étranger de liantes positions dans le commerce, dans la finance, dans la direction d'entreprises techniques et industrielles, dans le professorat, etc. Sans exagération, on peut affirmer que les Suisses, presque toujours 1res unis, peuvent fort bien soutenir la comparaison avec d'autres colons et se sont acquis la considération générale. Il existe même une colonie, la plus nombreuse de toutes, celle de Paris, qui

1 Déjà en 1855 la socii te suisvc de New-York cul à secourir 3000 compatriotes.

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pourrai! rendre jaloux certains (-niions suisses parce qu'elle compte plus de membres qu'eux de population ; cette colonie exerce sur nos littérateurs el nos artistes distingués une attraction fascinatrice qui nous enlève malheureusement bien des talents, mais fait aussi briller le nom suisse d'un plus vif éclat.

Le séjour <les Suisses au dehors a loin d'affaiblir leur patriotisme, l'épure au contraire et le fortifie « ; ils gardent pour leur pays natal un attachement inaltérable qui se traduit en manifestations touchantes lorsque la patrie est en danger ou traverse des jours douloureux. Alors les colonies montrent qu'elles ne savent pas seulement cultiver les jeux nationaux, comme les colonies des anciens Grecs, ou envoyer de beaux dons pour les fêtes traditionnelles de nos grandes associations suisses, mais qu'elles sont toujours disposées à donner des gages inappréciables de leur fidélité. Quand une catastrophe sévit dans la patrie el qu'un appel est adressé à la charité publique, on est sur de trouver dans les listes de souscription le contingent précieux de nos compatriotes absents. Et dans des circonstances critiques, l'enthousiasme qu'ils témoignent pour la mère-patrie, émeut notre cœur. Pendant l'hiver de 1856, lorsque la Suisse fut menacée d'être attaquée par la Prusse, les Suisses du dehors mirent à la disposition du conseil fédéral des sommes d'argent importantes ; d'autres regagnèrent le pays, d'autres encore se déclarèrent prêts à accourir au premier appel. Ces grandes manifestations collectives si promptes el si puissantes ne pourraient se produire, il est vrai, sans les moyens de communication el de publication modernes; en effet, quelques grands centres suisses à l'étranger ont leur presse périodique propre: citons parmi ces hérauts du sentiment national le Correspondenzblatt, organe de l'Union suisse de secours à l'étranger, l' Amerikanische Schweizerzeîtung , le Courrier suisse et la Croix-fédérale ainsi que V Argentinisch.es Tageblati el Wochenblatt.

Le noyau solide de la vie nationale à l'étranger esl encore formé, en dehors de la presse el des sociétés, par un troisième élément en vue: noire représentation diplomatique et consulaire. La première se compose de 7 chefs de mission. Depuis 1 <S< icS la Suisse possède des ministres plénipotentiaires auprès des quatre étals voisins, el depuis 1882 auprès delà grande république transatlantique; en outre elle a nommé en 1891 un ministre résident à Buenos-Aires pour la Républi-

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