CHAPITRE I
EnTiroDS dn Lac Léman
La réRion qui entoure le lac Léman (ou lac de Genèoej est une des plus belles et des plus fertiles de la Suisse. On s’en convainc facilement en s’élevant sur les flancs d une des montagnes qui l’entourent au nord, en allant a St- Cergues, Bougy, Lausanne, Olyon, par exemple. L on peut iuofer alors aussi bien du degré de culture du pays, du rrrand nombre de ses villages et de ses voies de communication, que de la vue incomparable composée par le lac et les montagnes, qui l’encadrent à l’est et au midi.
Le lac, formé par le Rhône, qui s’y jette non loin lenGuve et eu sort à Genève, r 375 mètres cl altitude, 90 kilomètres de longueur et 15 de largeur maximum; sa tonne est celle d’un croissant dont la concavité est tournée vers
pureté de ses eaux. Il s’appuie pi supérieure aux Alpes et par l’autre au Jura. Entre ces deux chaînes de montagne, la rive septentrionale ou suisse (la seule qui nous intéresse spécialement) olfre deux régions liien différentes. De Genève a Lausanne, la surface comprise entre le .luraet le lac, région qui va s’élargissant vers l’est (le Jura s’éloignant toujours plus du lac;, est un pays fertile, (ilanté de vignes dans sa partie inférieure (La Cote J, et couvert dans sa partie plus élevée de prés, d arbres fruitiers, de forêts. Cette région est dépourvue d’abris contre les vents dominants de la contrée, ceux du sud-ouest et du nord-est; elle est donc froide en hiver. De Lausanne à l’extrémité orientale du lac, les montagnes (le Jorat) se rapprochent au (amti'aire de celui-ci, et forment au nord une muraille de plus en plus élevée. Ainsi se trouve déli-
mitée entre hic et montagne, une liande de terrain fort en pente (La Vaux), qui est pi'esque totalement consacrée à la culture de la vigne. Dans sa partie ta pins orientale, cette bande s’élargit, se couvre de prairies, de noyers, et de forêts dans ses régions supérieures, tandis que sa base continue à être couverte uniquement de vignes. C’est là que se trouvent Yevey et Montreux.
La rive sud, ou française, a un caractère tout dilférent; dans la moitié orientale de son étendue, du Douveret à Evian, les montagnes, dont les pentes boisées, couvertes de châtaigniers dans la partie inférieure, regardent le nord, plongent directement dans l’eau en laissant à peine passage à la route et an chemin de fer. Depuis Evian à ftenève, en revanche, elles s’écartent de la rive pour faire place à une campagne verdoyante.
Le climat de la région du I^éman est tempéré, mais il a cependant des extrêmes de chaud et de froid assez considérables (par exemple, Lausanne a pour minimum moyen — 8.9, pour maximum moyen 27.4). La proximité des montagnes est dans un sens un bienfait pour les régions situées à, leur pied, qu’elles abritent du vent; elle est, d’autre part, la cause de soudains retours de froid au printemps, quand les pluies d’avril prennent la forme de neige sur les pentes élevées. Aussi, d’une façon générale, l’automne est-il plus beau que le printemps, et, n’ayant pas les ardeurs de l’été, est-il la plus agréable saison de l'année.
Au point de vue du climat, il importe de faire une distinction profonde entre l’extrémité orientale du lîassin du Léman et le reste de la région, distinction basée sur les différences dans le régime des vents. Ceux-ci ont, en effet, deux directions principales, venant du nord ou nord-est, ou bien de l’ouest ou sud-ouest, la première étant à la seconde comme 1.15 est à 1 (Denève) comme 1.39 est à 1 (Lausanne). La Côte, étant sans abris contre les vents froids et secs du nord, a des hivers plus rigoureux que l’extrémité orientale clu lac. En effet, les vents du nord sont de plus en plus arrêtés par les montagnes, à inesure (pie I on s’éloigne de Vevey vers l’est, et la température moyenne s’élève. Ce n’est pas à dire pour cela que le vent du sudouest, qui s’y fait sentir comme ailleurs, soi! toujours chaud. Quami il survient après une période de gel et qu’il agite une atmosphère au-dessous de zéro, il peut être très froid; mais, à la longue, il linil toujours par rechautler l’air et amener la fonte, la neige ou la pluie. Les autres
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veiit^ de la ré<non sont celui du nord-ouest, ou joran, la rftndain^, vent du sud et sud-est, derniers souftles du f,eh», (lui se fait sentir jusfiu’à Montreux et Veyey.
Tue seconde et importante cause de 1 élévation de la température moyenne de l’extrémité orientale du lac, ce sont les montaj^nes elles-mêmes, dont les pentes dirigées en ^fénéral vers le sud-ouest, s’échauffent beaucoup au soleif pendant le jour, et rendent de la chaleur pendant la nuit Enfin, le lac agit comme un régulateur thermique par sa grande masse d’eau qui s’échauffe peu en été et ne descend guère en hiver plus bas que 4 degrés, elle donne de la chaleur à l’air dès que la température de celui-ci des-
cend au-dessous de la sienne propre.
Clés divers éléments créent une temiJerature moyenne d’environ 9 à 11 degrés, qui va en s’élevant de l’ouest à l’est : Genève 9.28, Lausanne 9.6, Vevey 9.78, Montreux 10.58. Toutes les moyennes mensuelles suivent cette marche ascendante, et non point seulement les moyennes de l’été. Ainsi, comparons Lausanne et Montreux :
Janv.
Mars
.Avril
Mai
Juin.
.Août Spt.
Oct.
Nov.
Déc.
Lausiiime. .
MontiTUX. .