CHAPITRE VI
Les Grisons.
Le canton des Grisons est le plus grand des Etats de la Confédération suisse ; il représente à lui seul plus d’un sixième de la surface totale du pays. 11 constitue son extrême frontière à l’est, et touche à l’Autriche du côté du nord et de l’est, et à l’Italie du côté du sud. A l’ouest, le canton est limitrophe de ceux du Tessin, d’Uri, de Glaris et de St-Gall. Sa plus grande longueur, de l’ouest à l’est, de l’Oberalp à Martinshrück, est d’environ 140 km., et sapins grande largeur, de Maienfeld, sur le Rhin, à Roveredo, prés de Bellinzone, d’environ 90 km. Les Grisons se composent d’un grand nombre de vallées (plus de
l. 50), séjrarées par des montagnes qui s’élèvent jusqu’d plus de ICKX) m. « Les Alpes rhétiennes, dit Christ, forment un haut plateau, un massif élevé qui n’a de pareil en étendue qu’au nord de l’Espagne et en Scandinavie, et c^ui, pour l’altitude, n’a aucun équivalent en Europe. On a dit que le Valais est l’Espagne de la Suisse; on peut aussi dire, à juste titre, que
l’Engadine en est le Thibet L’inlluence exercée sur le climat
par l’élévation considérable de ces vastes massifs tout entiers, y compris même le fond des vallées, peut s’exprimer en un seul mot ; le climat, au lieu d’être maritime, devient continental ». De Coire à la I laute-Valteline, de Landeck au val Blenio, les vallées les plus profondes ne descendent pas plus bas que 900
m. La première de ces lignes traverse des vallées de 1500 m. et au-dessus.
La majeure partie des vallées grisonnes appartient au bassin du Rhin. Ce fleuve arrive à Coire de l’ouest, par une longue vallée (|ui commence au col de l’Oberalp et semble être la continuation de la vallée du Rhône, par-dessus celle d’Urseren. Cette vallée du Rhin anlérieitr ( Vorderrhein) reçoit, du côté du nord, des afiluents courts et sans importance ; du côté du sud, en revanche, s’ouvrent les longues vallées de .Sï-i-'e/'e?-, de Domleschçf, (VOberhcdbstein, etc., et plus bas que (Joire, celle du PræUigaa (à l’est), toutes arrosées par des afiluents torrentueux, (jui livrent au Rhin une quantité considérable d’eau. Au sud du canton se trouve un grand district tributaire du Danube parl’lnn; c’est la vallée île l’A’^qrtdi/ie, dirigée du sud-
ouest au nord-est; par son élévation, ses sites i)ittoresuues, •ses sources niinéraies, cette vallée est une des plus intéressantes du pays. l'inlin, les (irisons comptent encore trois vallées, celles de Mesocco, au sud du S. Bernardino, de lireqarjlia, au sud-ouest de la Maute-Kngadine, et du Poschiavinoÿ au sud-est du massif du Bernina, qui envoient leurs eaux dans l'Adriatique, et sont habitées par des populations de langue italienne.
A cheval ainsi sur une ligne de partage des eaux importante, ayant des vallées a toute altitude et à toute* exposition, les (drisons ont naturellement plusiemrs types de climat. .Vu nord, nous trouvons, dans la vallée du Rhin, un climat chaud; les raisins y mûrissent et donnent un vin capiteux; Coire est un endroit dont le climat doux contraste avec celui des vallées voisines ; au sud, c’est le climat italien qui se fait sentir dans les vallées de Mesocco, de Bregaglia. L’Engadine nous présente le type du climat d’altitude dans sa plus grande pureté ; de même la vallée de Davos, qui est probablement, dans toutes les Alpes, la région dont le climat d'idver et d’été est le mieux connu. Kn résumé, le climat est caractérisé dans les hautes vallées par la sécheresse de l’air, les grandes excursions de la température, la différence notable entre les saisons. Les minima de l’hiver descendent jusqu’à — 23 à Sils, à — à 1 >avos, et les ma.xima s’élèvent à 22.8 et 25.2, constituant ainsi pour ces endroits une excursion thermométrique annuelle de 4o à 49 degrés. L’insolation pi’olongée et réchauffement des pentes sont la cause de ces maxima d’été, et en hiver, la radiation nocturne intense, la longueur des nuits expliquent l’intensité (lu froid. Bn revanche, pendant cette dernière saison, le soleil est encore aussi chaud qu’en été; la pureté de l’air, l’absence de brouillard et de vent, dans certains endroits, les temjjératures relativement très douces pendant le jour, ont permis la création de stations d’hiver (Davos, Wiesen, Engadine).
Le régime de la pluie est intéressant : tandis que l'on constate au sud-ouest, sur le massif du S. Bernardino, une chute d’eau considérable, qui compte parmi les maxima de la Suisse, la région centrale du canton est au contraire, après le Valais, une des plus pauvres en pluie de ce pays. Davos a 933 millim. d'eau en moyenne. L’Kngadine, malgré sa forte altitude, en a aussi très peu : 978 millim. à Sils, tandis (ju’à Castasegna, dans le val Bi'egaglia, il y en a 1475. La chute deau se répartit, dans les différentes saisons, comme suit ; hiver 13, printemps 2'i, été 32, automne 29 o/o- Les vcw/.s sont à peu près les mêmes que dans le nord-est de la Suisse; en particulier, nous rencontrons le fœhn, toujours aussi redoutable dans les vallées dont la direction est a])proximativemeut celle du sud au nord.
I,a végétation varie suivant l’altitude; la vigne, le châtaignier prosp('“rent au nord de Coire, dans la vallée du lîliin ; ces végétaux se retrouvent au sud, (laus les régions inférieures du val Mesocco et du val Bregaglia. La partie centrale des (iri.sons a l)eu de fonds (jiar exemple, la vallée d’Avers, etc.). D'une fa(;on
gt^néi-ale. la limite des arbres est élevée dans les Grisons, plus élevée que dans d’autres régions de la Suisse ; l’arolle, les mélèzes, qui sont les arbres par excellence des Alpes rhétiennes, arrivent en Kngadine à ôOO ou 600 m. au-dessus du tond de la vallée, soit jusqu’é 28;-}8 m. d’altitude (Christ). Les cultures montent aussi fort haut.
Le canton des Grisons n’est pas industriel; on y élève de nombreux bestiaux, notamment beaucoup de chèvres et de moutons. Le pays a eu à souffrir souvent de graves inondations, dont la plus récente est celle de 1868. Depuis lors, de grands travaux de correction et d’endiguement de rivières, de reboisement des pentes dénudées, ont été faits avec l’aide de la Confédération. Le canton compte 9700Ü habitants, chiffre très faible pour une si grande étendue; aussi la densité de la population est-elle de 13 habitants seulement au kilomètre carré. Trois races différentes se partagent le pays : allemande au nord, romanche dans le centre et italienne dans les vallées du versant sud. Chacune de ces races conserve sa langue et sa religion. 1,6 canton est exempt de fièvres paludéennes, qui se montrent seulement dans le val Mesocco. La 'phtisie pulmonaire fait de nombreuses victimes, puisque, sur 1000 décès, on en compte 173 provenant de cette affection ; la diminution de cette maladie avec l’altitude étant un fait acquis, il faut admettre qu’elle est très fréquente dans les parties basses du pays. Le goitre et le crétinisme se voient surtout dans la vallée du Rhin antérieur et de ses affluents; en certains endroits, il est endémi(jue. Les vallées du Pra?ttigau,* de Davos et (le l’ Kngadine en .sont indemnes.
Les Grisons sont fort riches en eaux minérales ; on en compte plus de cent, dont la plupart sont inutilisées. Il existe 17 établissements balnéaires, 26 sources utilisées sur place et 9 autres exportées. (Jitons les eaux ferrugineuses de St-Moritz, Tarasp; les eaux sulfatées et bicarbonatées sodiques de Tarasp', sulfureuses d'Alvaneu et Le Prese, la source iodurée de Solis, les eaux gyp.seuses d'Andeer, de Vais, etc. Les eaux des Grisons sont froides en général; la plus chaude (Andeer) est subthermale (26‘q. Ragatz (37o) et Bormio (39o) ne sont d’ailleurs pas bien loin des frontières du canton. Les stations climatériques .sont légion ; elles s’échelonnent à toute altitude de[)uis Coire {ô9() m.), jusqu’à Davos (1560 m.) et St-Moritz (1856 lu.).
Los (irisons oilrent donc au médecin des re-;sources infiniment variées comme climat, altitude, eaux, et si nombre de leurs stations ne sont pas connues et fréquentées comme elles le mériteraient, la faute en est aux difficultés de transport que présente le pays. En effet, on voulant décrire les voies de coinmtcnication et de pénétration dans ces vallées, nous nous arrêtons avec le chemin de fer à Coire. C’est le point de dé]>art d'un magnifique réseau de routes excellentes, dont les pittoresques détours sont pleins d’attraits pour le touriste; mais pour le malade, que de temps, de fatigue, de poussière, avant d'arri-
— -iS-i —
ver au but ! La preini(-*re voie ferrée de pénétration est celle qui de Landquarl gagne Davos; elle ne date <jue <le IHitÛ.
Le réseau des roules a été créé dans ces cinquante dernières années au prix des plus grands efforts et de sacrifices considérables; voici sa distribution générale ; 1<> de Coire à Andermall, par le col de l’Oberalp, en suivant la vallée du Ithin antérieur dans toute sa longueur ; à Dissentis, einbranclieinent vers le sud, par le col de Lukmanier et le, val HIenio, jusqu’à Biasca et Bellinzone. A Andermatt, cette route communique avec celle du Golhard et, [)ar le col de la Furha, avec celle de la vallée du RhDne. 2° De Coire à Chiavenna, par 'l'husis, la Via Mala et le col du Splügen; à Splügen-village, embranchenient sur Bellinzone par le S, Bernardino et le val Mesoceo. De Coire à Silvaplana, dans la Haute-Kngadine, )iai‘ Tiefenkaslen et le col du Julier; embranchenient à Tiefenkasten anv Bonte, dans la Haute-Engadine, jiar le col de YAlbula. 4'’ i)e Davos à Sus, dans la Basse-Engadine, par le col de Fluela. Telles sont les voies de pénétration du côté du nord. Du midi, on arrive en Engadine : 1° Depuis Chiavenna, par la route Maloja-Saniaden, qui se prolonge à travers tonte l’Engadine jusqu’à la frontière austro-suisse à Martinshriick. Depuis Tirano, par la route du col du Bernina, qui aboutit également àSamaden. Du côté de l’est, on entre en Engadine soit depuis Landeck dans la vallée de l’inn, que l’on remonte par Martinsbrück- Siis-Samaden soit par le col d'Ofen, que traverse une route venant de Münster et passant par Zernetz pour arriver à Samaden. Quand nous aurons ajouté la route qui de ürtuo.'; gagne Thusis, par Tiefenkasten et la pittoresque gorge du Schyn, nous aurons énuméré les principales artères sur lesquelles roulent des diligences dont la sécurité et l’excellence sont bien connues. Mais ce qu’il faut aux (Irisons, c’est au moins une voie ferrée qui transporte rapidement les voyageurs en Engadine. Elle est sur le point d’être construite ; on projette, en elT'et, un railway de Coire en Engadine par Thusis, Tiefpikaslen et VAlhula.
lie grand nombre des stations et des bains des (Prisons nous engage à établir les divisions suivantes : l» Prættigau et Davos. 2° Région du centre. 8'’ Bassin du Rhin antérieur. V> Engadine. 5° Vallées du versant italien.
PRÆTTIGAU ET VALLÉE DE DAVOS
he Prœltigau, ou vallée de \?k Landquarl, niWwQni du Rhin à quelques km. au sud de Ragatz, se dirige à peu prés de l'ouest à l’est. 11 est parcouru par un chemin de fer qui conduit à Davos depuis la station de Landcpuart, sur la ligne de Zurich-Coire. L’entrée de cette vallée est très étroite, resserrée entre les pentes de V Augstenberg ou Vilan (287!) m.), au nord, et celles de hautes montagnes au sud. La vallée présente, en général, une série d’élargissements et de parties resserrées; sa pente est douce, puis(|ue, de Lambiuart éi Klosters, on compl»' une dilb’rence de niv('au de 075 m., répartie sur une longueur totale de 80 km.
Seewis, 9Ô0 in. (T.) Station clùnatérique. Saison : !«'' avril
^^^T^NéKuuE!^— Station de Soewis du chemin (ie fer Landuuart-Oavos ; de la «station au village, route carrossable (voiture postale, l h. l/t, oo c.).
Seewis est un village situé sur le liane nord de la vallee du Pru'ttio'au, à l’entree et sur le versant occidental d une vallée secondaire, qui s’enfonce vers le nord, en s’élargissant en éventail'jusqu’aux cimes de la chaîne du (Jette vallée
latérale est arrosée par le Taschmesbach, torrent qui mugit à une grande profondeur au-dessous de Seewis, avant de se perdre dans la Lamhiuart. Seewis est situé sur une haute terrasse, entouré de vertes prairies et d’arbres fruitiers ; de^s pâturages entrecoupés de sapins s’élèvent graduellement du côté du nordouest. La vue s’étend au nord-est sur de hautes montagnes; au sud-est apparaît la tête glacée du Piz Pischa; l’œil plonge aussi fort loin dans la vallée du Prættigau. Au sud, des montagnes plus rapprochées ferment l’horizon. Seewis est malheureusement un peu éloigné des forêts; mais il y a des vergers et des bouquets d’arbres à proximité. C’est un endroit favorablement placé, dans cette demi-altiüule qui semble la meilleure pour jouir de la vue des sommités aussi bien que de celle des vallées.
Le climat de Seewis est doux. Le village est abrité contre les vents du nord par la haute chaîne du Rhætikon; l’air est d’ailleurs rai'ement agité. Seewis est exposé, en outre, en plein au soleil sur les pentes sud-est du Vilan. En hiver, le soleil luit au 21 décembre, de 8 h. 05 du matin à 3 h. 45 de l’après-midi; au 13 novembre et l*’-*' février, do 7 h. 30 à 4 h. 50. En été, de mai à septembre, le soleil se lève entre 4 h. 40 et 5 h. Seewis ne connaît pas les brusques abaissements de température au milieu des jours de l’été. De nombreux ruisseaux et des cascades contribuent à rafraîchir l’air. Le printemps vient de bonne heure. Los observations météorologiques sont incomplètes ; voici, d’après Jenny, les moyennes de la température pour quelques mois des années 1867 à 1870 et 1880 à 1881. Il est regrettable que Seewis ne soit pas station du l'éseau météorolo-
gique suisse.
Mars
Avril
Mai
Juin
.luillct
Août
Sept.
Octol).
Indications. Seewis est un agréable séjour d’été, et surtout d’automne et de printemps. Les jeunes filles chloro-anémiques, les malades délicats et excitables, les convalescents faibles, les enfants chétifs et maladifs proliteront d’un climat cuii est tonique sans être tro[> excitant. Siebenmann conseille Seewis aux sujets atteints A' affections 'pulmonaires-, il a vu les meilleurs résultats dans des cas d’hépatisations déjà étendues et anciennes, greffées sur des périiironchites lentes, sans forte lièvre, sans ulcérations, mais présentant comme symptômes une toux sèche et fréquente et de l’asthme; il s’agissait dans ce cas de
jeunes gtMis nerveux 0‘t érétliiques. l.a hronchile localist'-e aux somniots pulmonaires est aussi une imlication. Les cardifu/ues peuvent (Hre dirigés sur Seewis, (pii n’est pas troj) élevé jjour eux, et où le terrain permettra de pratiquer la méthode d’Oertel.
Seewis enlin est une slalion inle)‘médiai)‘e entre lu plaine et les stations d’altitude proprement dites. La fonte des neiges y est terminée quand elle commence ou bat .son plein à I )avos ou en Engadine. 11 est facile de se rendre à Seewis, grâce au chejiiin de fer de la vallée du Pradtigau. — Laü, petit lait. Hydrothérapie, éleclrolhérapie, peumalothérnpie. Cure de raisins. Grand nombre de promenades.
Bibliogr,\phie.— Siebenmnnn, Luftkurort S. 1886.
Yalzeina, 1103 m. Station d’été dans la vallée de ce nom, qui s’ouvre dans le PraHtigau vis-à-vis de Seewis et se dirige du côté du sud. Un y arrive en 1 II. 1/2 depuis la station de Fetscnbach de la ligne Landquart-léavos. lîelle position sur le versant oriental du mont Valzeinerberg qui dépasse de 200 m. environ le village. Forêts.
Schiers (ou Schiersch), 688 m., (T.), station du chemin de fer Landquart- Davos. Village adossé aux dernières pentes du liane nord de la vallée du Pivettigau, à l’endroit où s’ouvre de ce côié la vallée du Schranbach, qui s’élargit rapidement en un vaste entonnoir. Podtion abritée. Séjour de prinieiiijix et d’automne', station intermédiaire entre la plaine et la montagne. Belles et nombreuses promenades; forêts sur le versant sud de la vallée. Sources ferrugineuses dans le voisinage.
Fideris-ritïaçie. 902 m. (T.) à 1/2 h. de la gare de Fideris (service d’omnibus), est un village situé sur de vertes pentes à proximité des forêts. Séjour d’éle agréable.
Bains de Fideris, lOüb m. (T.) Eaa ferrugineuse bicarbonatée sodique acidulé. Saison : 15 juin à 15 septembre.
iTi.XKRAiRE. — station de Fideris du chemin de fer Landquart-Davos. De là, aux bains, l h. à pied (service d’omnibus).
Les bains de Fideris, à h. du village de ce nom, sont situés sur le versant méridional, c’est-à-dire regardant le nord, de la vallée du Prættigau. Les Bains, composés de plusieurs bâtiments, sont très élevés au-dessus de la vallée ; ils sont cachés dans une gorge étroite, sur une terrasse, entre deux torrents dont le point de réunion est immédiatement au-dessous de l’établissement. De hautes montagne boisées limitent de tous côtés la gorge en entonnoir où sont placés les Bains. .Vu sud, derrière ceux-ci, les lianes de la montagne s’élèvent rapidement; au nord, les foi'êts se rapprochent si bien que l’on peut à peine deviner par où passe le chemin qui conduit aux Bains. Ce sont des forêts de conifères, de hêtres, etc. La forme évasée de rentouuoir où est Fideris permet d’ailleurs au .soleil de luire toute la journée sur les Bains. Les ruisseaux voisins entretiennent une agréable fraîcheur; les vents ne se font pas .sentir. Fideris est une des stations dont l’air est le plus calme ; la poussière est chose inconnue.
Les Bains de Fideris sont fréijiientés depuis le XV'’ siècle. Ils ont eu plusieurs fois à soulTrir des inondations des ruisseaux voisins, qui ont été définitivement domptés de nos jours par de fortes digues.
Les sowuccs sont au nombre de 8 ; elles jaillissent du schiste
noir (les Orisons. Une d'elles alimente la buvette (au moyen d’une pompe) ; elle sert d’ailleurs avec les autres aux bains. Température, 7<^; débit, un peu plus de ô litres à la minute. J/eau est limpide, elle contient des bulles de gaz, et a un goût piquant, alcalin et légèrement l'emigineux. Xn-cûy^e, (de Planta et eber). pour un litre
Sulfate de potasse.
Sulfate (le soude
Azotate de soude
Clilorure de sodium. . . .
Bicarbonate de soude . . .
Bicarbonate de chau.x. . .
Bicarbonate de magnésie ,
U. 0.36 O.OiO O.OOl 0.004 0.74-2 0.973 0. 137
-Acide carbonique libre .
Bicarl)onate de fer 0.016
Bicarbonate de mangam>se . o.oooi
Silice 0.007
Alumine 0.0009
Acides azoteux, pbosphori-
([ue, ammonia<jue traces
En résumé, l’eau de Fideris contient surtout des bicarbonates de soade (0.75), de chaux (0.97), de magnésie{0.\ô), 16 rngr. de sel de fer et une quantité assez forte (0.75 litre) d'acide carbonique libre.
L’eau prise à l’intérieur amène quelques troubles passagers, pesanteur à la tète, vertige, palpitations, etc. La circulation est activée, le cœur bat plus vite. Veraguth a noté chez des personnes en bonne santé une accélération de 11 battements à la ün de la première semaine, et de 5 à la lin de la troisième. La diurèse est plus forte, l’urée augmente aux dépens de l’acide urique (jui (;liminue; l’urine est iiar moments alcaline ou neutre. L’appétit, les forces sont meilleurs, le poids du corps augmente. Pour l’action de l’eau en bains, voir Tarasp (bains d’eau chargée d’acide carbonnjue).
Le climat de P’ideris a une action tonique, grâce â l’altitude modérée, et, avantage considérable, au voisinage immédiat des forêts. La chaleur du milieu du jour est tempérée par l’exposition au nord, les forêts, les eaux des torrents. Ce climat subalpin conviendra aux individus dont les muqueuses respiratoires sont délicates. Voici les moyennes météorologi(|ues d’après les observations de Mathys, 1874 à 1880 :
.Mois
Juin . . .
Juillet . .
Aoat . . .
Septembre
Les variations
J'emp(\raturc 6 b.[nioy.| .Miniin. I Max.
Jours
Beaux i ^emP Beaux I
de
pluie
. . la température sont donc peu étendues, cependant les niinima sont assez bas pour commander la prudence le matin et le soir. Nous avons déjà dit que le vent était 2)Our ainsi dire inconnu à Fideris; les montagnes du voisinage, d’une part, les forêts de sapins, de l’autre, les brisent dans toutes les directions.
La cure se fait en buvant l’eau le matin à jeun et à 11 heures; on la boit aussi à table. Le soir on ne boit pas d’eau, car elle donne de 1 insomnie. Parfois l’eau est mieux supportée