COUV
Mai
Juin
Juillet ....
Août
Septembre .
On remarquera que lesminima moyens sont assez bas; que Yhu.miclitè relalive est faible ; que les mois d’août et de septembre ont moins de pluie que les autres; que les jours clairs, en juillet, août et septembre, sont à peu prés égaux en nombre. L’air a une humidité relative presque égale à celle de St-Moritz, situé cependant à une altitude bien plus considérable, fait dû, sans doute, à la forte chaleur du milieu du jour. Enfin, disons que la nébulosité égale 5..3 (elle est donc d’intensité moyenne) et la chute d’eau environ 1200 millim., et nous aurons une idée assez complète du climat de Klosters. Le calme de l’air est noté dans 57 o/o des observations; les vents les plus fréquents sont ceux du nord-ouest, du sud-est, du nord. Le fœhn se fait sentir, mais, coupant la vallée à angle droit, il perd beaucoup de sa force. Les brouillards se présentent parfois, en automne surtout, descendant des montagnes environnantes. L’altitude de Klosters fait comprendre qu’il n’y neige jamais en été, comme dans les stations d’altitude i)roprement dites. .La situation des montagnes autour de Klosters réduit l’insolation journalière, l’ombre du Casanna se projetant sur la vallée ; en été, elle touche à 4 h. la région où se trouvent les hôtels. En résumé, nous reconnaissons à Klosters un air pur renouvelé par des courants normaux, un climat chaud en été, sans extrêmes de froid, de belles montagnes, un sol bien couvert de prairies, pas de poussière et de nombreuses promenades dont jjlusieurs à peu près horizontales. Le mois de min est assez doux déjà pour permettre un séjour agréable. L’existence d’un chemin de fer, qui relie Klosters au grand réseau suisse, favorisera le développement de cette station.
I.XDicATiüNs. Celles de la sous-inontagne, c’est-à-dire d’un air toni(iue sans être excitant et sans humidité ; catarrhes des muqueuses respiratoires ; épanchements pleurétiques-, asthme; dyspepsie; anémie; ajfeclions nerveuses. 11 existe des installations balnéaires el hydrothérapiques. Electricité. Gymnastique médicale. Enlin, Klosters est une station intermédiaire entre la plaine et la montagne, tort bien située aux portes de Davos. Environ 8t)0 étrangers y séjournent chaque année.
Hibmographie. — .Malin, Lul'lkurort K. 1890.
DAVOS, Station d’altitude d’hiver et d’été, comprenant Davos-Platz, 1560 m. (T.), et Davos-Dœrfli, 1558 m. (T.)
Iti.néraire. — Davos est, depuis 1890, teriniims de la ligue partant de [.aiidduart et reniontant le Pradtigau. Durée du trajet de Landipiart à Davos, 3 h. -20 m. Landquart est une station située entre celles de Sargam et de Coire, à -29 inin. de la première (Sargans est sur la grande ligne internationale Calais-lîàle-Zuricli-.Vrllierg-Viennc). C’est à Zuricli que se. reunissent les diverses lignes d’accès provenant des pays étrangers à l’ouest de la Suisse et de l’Italie (par le Cotliard). Davos est à 7 li. de cette ville.
Les malades d’une iiartie de l’Allemagne arrivent directement a Sargans par Liiulau-Feldkircli: ceux de l’est do l'Europe passent par V.irlberg.
Autres voies de communication avec service de diligences : I» De Coire à Dacos par Churwaldeti et IHesen (8 li., U fr.) •. route des plus intéressantes, spécialement entre Wiesen et Davos (par le défilé sauvage des Züge). 2» De Sus, dans la vallée de la Basse-Engadine^ à Davos par le col de Fluela (4 ii. t/2, fr. 7.30). A Süs se rattache le reseau des diligences de la vallée de l’Engadine.
Omnibus entre Davos-platz et Davos-dœrtli (2 km.).
Henseignemenls. Davos olïre actuellement de nombreuses ressources. Casino avec salle de conrersalion. Ihéàlre (représentations plusieurs fois par semaine); orcheslre de -20 exécutants, concerts le soir et chaque jour dans le Kurgarten et dans les principaux hôtels. .Magasins de tous genres. Banques. Librairiesel bibliolhèqaes circulanles. .\leliers de pholographies. Bazars. Trois à (luatre Journaux locaux, entre autres un en anglais. Slalion météorologique du réseau suisse; elle publie chaque mois un diagramme chromolithograiihifiue représentant la marche du baromètre, du thermomètre, l’insolation en heures et son intensité maximum, l’humidiié absolue et relative, la [iluie et la neige, les A'ents élevés et les vents de la vallée, l’état général de l’atmosphère (abonnement pôur l’union postale, 15 fr. par an), hurverein, ou société pour le développement et rembellissement de Davos-platz ; s’occupe de l’établissement de chemins, bancs ; en hiver, de l’enlèvement des neiges, du bon entretien des chemins et sentiers ; en été, de l’arrosage, etc. Un Kurverein analogue existe à Davos-dœrfli. Elang de patinage. Etablissement de diaconesses proleslanles destiné aux malades trop gravement atteints pour être soignés dans les hôtels, aux cas qui doivent être isolés, etc. Elles soignent aussi les malades dans les hôtels. Garde-malades anglaises ; swurs de charité catholiques. Deux pharmacies. Dentiste. Culte proteslanl allemand. Eglise anglaise. Eglise catholique. PensioniMls de jeunes gens et de jeunes filles. Distribution meait potable en [iression dans tout le village et le long des chemins (bouches d’arrosage). Système ü’égouls débouchant dans le Landwasser. Eclairage électrique. Etablissement de désinfection par la vapeur. Société de secours aux malades indigents ayant pour but de iirolonger par des subsides le séjour des malades dans une position peu aisée. — Davos compte enfin un grand nombre d’artisans de tout genre, dont la iirésence a etc le corollaire oldigé du rapide déveloiipement de la station.
Davos est situé dans une haute vallée, à 23 km. à l’est de Coire, et à peu prés àla même latitude que cette ville. La vallée est assez régulièrement dirigée du nord-est au sud-ouest ; elle a une longueur de 12 km., du point culminant au nord jusqu’au commencement du défilé des Züge qui la termine du côté (lu sud. .\ Claris, à l’entrée de ce défilé, l’altitude de la vallée n’est plus que de 145'i m. Le point culminant septentrional est
formé par un seuil placé en travers de la vallée, appelé ^Volf- (jan(), 1027 ni. Davos-Platz est à 1500 ni., Davos- 1 Imrtli à 1558 111. Entre ce dernier et Wolfgang se trouve le charmant lac de Davos, de 1.5 km. de longueur. Le liane occidental de la vallée, formé par une série de sommités de 2500 à 2800 m. d’altitude, ne présente pas de solution de continuité. Il en est tout autrement du ilanc oriental, coupé 4 fois par rembouchure de vallées latérales plus ou moins importantes, savoir du nord au sud ; 1« Immédiatement au sud du iac de Davos, l’ouverture de la vallée de Flüela,, où passe la route postale qui, par le col du même nom, mène à Süa, dans la Hasse- Engadine. 2» Un km. plus au sud s’ouvre une seconde vallée, à peu près parallèle à la précédente, le Bischmcühal ; vis-à-vis de l’embouchure de ces deux vallées, sur le flanc occidental de la vallée de Davos se trouve Davos-Dœrfli, et au sud de l’embouchure du Dischmathal, Davos-Platz. 3o A3 km. au sud de Davos, en face du village de Frauenkirch, s’ouvre la vallée de SeHig, dirigée vers le sud-est. 4» A 6.5 km. au sud de Frauenkirch se trouve de nouveau une vallée, mais courte et inlundibuliforme, celle de Monstein, qui, d’après Riemer, présente de très favorables conditions climatériques. On voit donc que le flanc est de la vallée de Davos est découpé d’une façon tout à fait irrégulière. Entre les ouvertures de ces vallées latérales, ce flanc est formé par des montagnes dont l’altitude varie de 2000 à 2600 m. Ljs deux côtés de la vallée sont également escarpés.
La vallée elle-même est couverte de vertes prairies sans arbres; plus haut, des deux côtés, se trouvent des forêts de sapins et de mélèzes ; au-dessus, des pâturages et des rochers. La vallée a son maximum de largeur (1.5 km. environ) entre Davos-Platz et Davos-Dœrfli, là où l’embouchure du Dischmathal a formé un triangle ayant sa base à l’ouest, sa pointe a l’est. A Davos, l’horizon est borné du côté, du nord par une T-nnn+orrno rmi Qp rli’pssp. a.u-dessus du scull dc Wolfgaiig, et qui
Davos-Platz est placé le long de la grande rouf nord-est du village, en allant vers Davos-Dœrfli
la vallée fait un léger renflement du c5té de l’est, que la route évite par un coude. Ce rentlonient est cause (}ue les deux stationsne se voient pas l’une l’autre; il assure à Davos-Platz une protection supplémentaire contre les vents. Davos-Platz est allongé dans le sens de la vallée, entre la route et les pentes du Schatzberg, pentes qui, d’abord nues, .se couvrent à 2Ü0 ou 400 m. de distance de forêts de mélèzes et de sapins (forêts d’ailleurs fort peu denses) . On y a tracé des chemins d’inclinaison plus ou moins forte. I )es lacets, établis aux endroits nécessaires, facilitent l’ascension des pentes trop raides. En s’élevant sur ces sentiers, on arrive à un pâturage, la Schatzalp, 1878 m. (300 m. au-dessus de la vallée), d’où l’on jouit d’une fort belle vue. Ces sentiers servent de promenoir aux malades qui montent plus ou moins, suivant l’indication de leur médecin.
Davos-Platz est formé par la i-éunion d’un grand nombre d’hôtels modernes (une vingtaine), construits avec soin, et de nombreuses villas et maisons particulières, dont plusieurs bâties avec goût et luxe. On ne distingue plus guère, perdues au milieu de ces constructions nouvelles, les anciennes maisons de la contrée. Davos a beaucoup de ressemblance avec Montreux; toutefois ses maisons ne sont pas étagées les unes au-dessus des autres, comme elles le sont sur les pentes en amphithéâtre de ce dernier endroit. La grande route a des trottoirs soigneusement entretenus, qui se prolongent au delà de Davos-Dœrfli. C’est là qu’en hiver on rencontre par le beau temps une foule cosmopolite, des visages brunis par le soleil, cachant sous ce masque uniforme les ravages de la maladie. La neige brille sous les feux du soleil, le ciel est bleu, chacun s’abrite de son mieux sous de vastes chapeaux, des parasols, et protège ses yeux avec des lunettes noires. Partout on voit des gens tranquillement assis au soleil, tandis que la température de l’air est bien au-dessous de0«. Au-dessus de ce blanc tapis de neige, les sombres forêts, et plus haut le ciel, d’un bleu intense, sur lequel le moindre détail des cimes s’accuse fortement. Tel est le spectacle d’une réelle beauté que Davos présente par le beau temps, et qui se grave dans le souvenir de ceux qui l’ont visité par une journée de ce genre. En s’élevant à 1 h. de la vallée, à la Schatzalp par exemple, le panorama s’élargit, la vue gagne en étendue. Assurément, Davos ne présente pas les beautés idéales des horizons lointains, perspectives éloignées sur des lacs paisibles ou des glaciers grandioses, que possèdent cent autres endroits de la Suisse. En été même, la vue, limitée par les flancs de la montagne, est absolument monotone, et si, en hiver, elle gagne du charme par le soleil, c’est bien à la lumière qu’elle le doit, à .ses jeux sur la neige, au contraste entre ce blanc tapis, les sombres forêts et l’azur du ciel.
Il faut Ijien se rappeler que, grâce à sa direction, la vallée a un côté ensoleillé, le flanc ouest, et un côté à l’ombre, le tlanc est. Les deux Davos se sont naturellement établis sur le premier; A Davos-Platz, la rivière se rapproche au maximum du côté de
l’oiiibr
iivaiitaye
en màiiii’ temps (|u’< iiii ])niiit lie vue des
s’éloiKii(> du village; c est un brouillards (pii se cantonrumt parfois sur son cours. ]jO. soleil luit assez tard à 1 )avos-l'latz à cause ib's souimib^s ipü se trouvent à l’est. Kn décembre i-t janvier, il se lève entre 9 et 10 b., et se couche entre 3 et 'i h. ; ces heures sont, pour bHrier H-9et'i-ô, pour mars 0-7 et 'i-ô, pour octobre 7-<S et 'i-ô, pour novembre S-9 et l)avos- Dœrlli, en iv.vanche, étant placé à l’emboucliuri' de la vallée de Dischma, a le soleil plus tôt par cette échancrure; il le conserve aussi un peu plus tard le soir. Si Davos-Platz a pris plus (l’importance (pie l)avos-l)(erlli. c’est dû au fait que, logé dans une sorte de golfe de la vallée, il est mieux protégé contre les vents du nord-est ipie Itavos-Di/ii-lli, placé à l’embouchure de deux vallées. Davos-Platz a aussi l’avantage d’être plus éloigné du lac et du torrent, et plus élevé au-dessus de ce dernier que Davos-Dœrlli.
Résumons ces longs détails topographiques : Davos est situé dans une vallée bien abritiée, bien exposée au sohdl, avec de charmantes forêts à proximité ; la vallée n’est pas assez étroite pour être encaissée, et elle n’oü're pas de pente trop sensible, ce qui permet l’exercice sur une surface presque horizontale. En revanche, la vue est uniforme, les montagnes du côté de l’est diminuent l’insolation journalière, les lorêts ne sont accessibles qu’en montant.
Vingt-cinq ans à peine se sont écoulés depuis (]ue Davos a reçu ses premiers malades étrangers, et ciuel chemin parc()uru dans ce court espace de temps ! Quelle immense quantité de travaux accumulés sur le climat, sur la qiuîstion clés altitudes en été et en hiver ! Quel que soit l’avenir réservé a Dav(îs, son développement est un événement qui marquera dans 1 histoire des doctrines médicales. Il faut remonter en 186-2 pour avilir l’origine des destinées actuelles de Davos; en cette annft?-là, le d” Spengler père, actuellement encore a Davos, avait communiqué deux observations importantes à J\i6y6V-A.hve>is, 1 auteur du bel ouvrage die Heilquellen derScJuceiz: l’existence (le l’immunité phtisique dans la vallée de Davos et les bons ellets de son clima,t sur la phtisie pulmonaire. Publiés par éRyer- Alirens, ces faits iWeillèrent l’attention du IK Unger, médecin allemand, phtisique lui-même, qui avait cb^jà cherché la guérison dans rétablissement du ])'• Rrehmer à (berbersdorl. De Dr Unger se rendit à Davos, où il arriva, avec un second malade, le libraire Richter, de BAle, le 8 février 186-), jour mémorable pour cette vallée. Les efforts de ces médecins iiour lam' connaître et dévelojiper la station naissante, ne restèrent point infructueux. En 1869, Spengler lit paraître le premier travail théorique et pratique sur Davos et son climat dans D nient des all’ections pulmonaires. IjOS nialades iirirent il ailleuis lentement le chemin de la haute valh-'e; le séjour de choquait encore trop les idées re(;ues : on compta (Ui 18i>-). « malades; 1866, 22 ; 1870, 0.0; 1872, -220. A partir de ce moment
la pro^a-ession ilevient plus rapide : 6üÛ en 1878, plus de 1000 en 1884. Kn 1890, on évaluait le nombre des hôtes d'iiiver à plus <lo lôOO. Voici leur répartition par nationalité, d’après la liste du -24 janvier 1890 ; Allemands 586, Anglais 366, Suisses 172, Hollandais 123, Américains 89, Français et Belges 82, Russes ■47, nationalités diverses 86. Total 1511.
Climat. Il olTre, comme tout climat de montagne, deux points capitaux ; climimUion de la pression de l’air, d/iminution de i humidité relative; en outre, des caractères (jui lui sont propres, absence de vent, longue insolation. Nous nous occuperonsj d’abord du climat de Davos en hiver, d’après les movennes de la station météorologique pour les vingt années 186'/ â 1886. Nous ajouterons quelques mots sur le climat d’été (voir d’ailleurs ï Introduction, zone alpine).
La pression barométrique est en moyenne 631.5.
Température de l'air à l’ombre : Moyenne de l année 2.6, celle des six mois d’hiver, octobre à mars, — 3.1. Voici le tableau des moyennes de l’hiver, avec celui de l’humidité relative ;
Mois
Octot)i’o. .
Novembre Décembre Janvier. .
Février. .
Mars . . .
Teiiipératiirc nioyemie 7 h. I i II. I 9 b. moy. I min. max.
Humidité relative
min.
moy.
La température moyenne du milieu du jour n’est donc négative que pour les mois de janvier et de décembre. Iæs minima sont très bas; les minima absolus sont descendus jusqu’à — 25 et 29» même. Leur importance est faible, vu l’excellence de la construction des maisons et des moyens dechauttage ; ils se produisent, en effet, en général la nuit ou de bon matin, quand les malades sont chez eux. A côté de ces températures scientifiques , donnons quelques chittres 'pratiques, pris dans les conditions où se trouvent les malades à l’air libre. Voici, jiar exeiiqile, les températures moyennes mesurées sur la terrasse du Kurhaus, le plus loin possible de la façade, pendant les heures de sortie des malades :
Novembre. . .
Décembre. . .
Janvier ....
Février ....
Mars
étant sec et calme .
, les te m péri
atures
basses
tement supportées, et les malades sortent pour [iroliter du soleil, et s’asseoir en plein air. Les rayons de cet astre sont intenses parce qu’ils ti’aversent une couclie d’air moins épaisse qu’à la jijaine, plus pure, sans [loussiéro et contenant peu de vaiieur /i’ean; ce dernier point est important, car elle absorbe beau-
coup de chaleur solaire. Ajoutons encore la réllexion des rayons du soleil par la neige. On sait d’ailleurs (jue les corps solides, exposés au soleil dans l’air froid, acquiérent une teinpérature Lien plus élevée que l’air et arrivent à 10 ou 20<> pendant que l’air reste aux environs «le zéro. On étudie l’intensité de l’insolation au moyen de l’actinoniétre, thennoinétre à houle noircie, placée dans une sphère où l’on a fait levid«v, on note ainsi de très hautes températures, nn^ine par un air très froid. Walers donne quelques exemples de ces observations faites pendant les jours où l’on s’est assis au soleil ; le 6 novembre, le thermomètre à l’air libre marquant —8.7 à 9 h. du matin et -j-5.4 à 1 h. 30 m., le maximum noté au .soleil fut 44.8; le 6 février, à 9 h. — 1.9, à 1 h. -f-4.7, maximum au soleil 48.1 ; le 26 février, à 9. h. —2.2, à 1 Vî h- 4-6.3, maximum 52.2.
iïîemer indique 64.2, constatés le lôfévrier 1877, par -[-8 de température à l’air libre. Weber donne les moyennes suivantes : Oct. Nov. Déc. Janv. Fév. .Mars
A l’ombre . . 15.7 :2.5 3.8 2.3 1.5 2.4
Au soleil . . . 56.1 41.1 42.8 42.3 44.0 50.1
On comprend facilement que dans ces conditions, si l’air est calme, on puisse s’asseoir dehors avec un léger pardessus. Combien l’hiver compte-t-il de ces jours de soleil splendide ? En 1870, Waters a noté sur 120 jours, 37 où l’on a pu s’asseoir tout le jour en plein air, et ;33 où l’on s’est assis une partie de (le la journée. En 1875, on note dans l’hiver 67 très beaux joui><, 45 joiu’s moyennement beaux, 40 mauvais. En 1882, .sur 152 jours on en a noté 56 très beaux, 52 où la promenade a été po.ssible, 42 mauvais. Le calme de l’air permet donc au malade de jouir en plein air de la température élevée du soleil, tandis que l’air est froid à l’ombre. La neige ne fond pas, elle reste pulvérulente jusque vers la lin de la saison où elle se prend en croûte à la surface. Outre l’intluence de la chaleur, notons celle de la lumière intense, directe et réfléchie, influence qui, pour n’être pas connue et mesurée d’une fa«;on scientifi«iue, n en est pas moins très importante.
Il faut noter aussi que, grâce à l’absence des vents et au peu d’humidité de l’air penclant la journée médicale, les températures basses sont faciles à supporter quand il n’y a i>as de .soleil; dans ce cas encore, l’exercice est possible et inème recoinmandé. Le soir, par une nuit claire et tranquille, le lr<3i«l, très vif d’après le thermomètre, semble })resque nul si l’air est calme.
IJhamidilé reladve de l’air est assez notable aux heures du matin et du .soir, vai'iant entre 8:4 et 99«); ces hennis entrent d’ailleurs peu en ligne de compte [«our les malades. En revanche, elle est faible dans la journée, ainsi «pi’en témoignent les lectures de 1 h. et les minima. l^a dessication des obj«'ts dans les inaisotis est très remarquable ; les meubles se fendent soin «'iit avec bruit, même apnis avoir i>assé «piehini's anmVs «lans les maisons de la plaine. L’iinpre.ssion subjective est luen celh^ de la sécheresse ; on la per«;.oit aux mains, aux l«*vr«'s, au nez, la
soif est gnuule à Davos, quand on n’est gas acclimaté. Hciyiyi considère Davos comme assez sec, avec /o.5 de moyenne générale pour l’humidité relative. La sécheresse de l’air (et la rareté des germes septiques) est bien démontrée par la possibilité de sécher de la viande à l’air libre, pratique commune ici comme dans les hautes vallées du Valais. A en croireles Valaisans, il faut pour réussir une certaine altitude surtout (les villages situés trop bas sèchent leur viande dans des chalets plus élevés), et l’on doit choisir pour l’opéi'ation du séchage le moment qui suit une chute de neige (Suchard). A Davos, on sèche aussi en été.
(tiers a démontré, en 1870 déjà, que la viande sèche ainsi sans putréfaction. Il a établi aussi que, par des températures de — 7 à —10, un air contenant beaucoup moins de 80 «/o d’humidité relative, a une influence irritante sur les malades; qu’il semble encore très sec à 95, et qu’il paraît sec même à une saturation coinplète. La raison en est simple : L’air à 95o/o d’humidité à —.50 par exemple, va se réchauffer dans les poumons à 35, 370 peut-être, et en ce faisant, devient capable d’absorber beaucoup d’eau ; il soustrait donc aux voies aériennes toute la quantité d’eau qui lui manque pour être saturé à 37°. Ste^en, se basant sur ce fait, a calculé l’humidité relative de l’air de Davos, en supposant la même quantité d’humidité absolue et l’air porté à 37° ; il a trouvé ainsi une moyenne générale de 11 0/0 pour l’année (octobre 12, novembre 7, décembre (3, janvier 5, février 6, mars 7). L’air a pour ainsi dire très soif à Davos, et absorbe beaucoup de vapeur d’eau à la moindre élévation de température.
Durée de l’insolation journalière. Klle est enregisti’ée par un appareil automatique depuis 1884. Voici les moyennes obtenues; vu l’importance de ce point, nous les donnerons mois par mois, en heures et en dixième d’heures, et la moyenne approximative, en heures et minutes.
.^niiée
.lanvier
Février
.Mars
Avril
Octobre
Nov.
Déc.
-Moy. en li. ctm.
vyjiiinoo « Il Itaiiuuc &UUI mîlXllUcl tîl liillUlïlcl üef>
mois. On voit qu’il y a des fluctuations étendues ; s’il y a d’excellents mois, il y en a de détestables. Il estintéressantderapproclier ces heures de soleil de Davos des heures de soleil notées à la
Davos . .
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d’autres
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Déc.
On le voit, le mois de février a été l)eau pour toutes ces stations ; novembre et déceinl)re, eu revanclie, ont été mauvais à I)avos comme ailleurs. 11 faudrait d’ailleurs, pour que la comparaison fût exacte, que. pour chaque station, les heures de soleil fussent indiquées en o/o l’insolation possible dans le lieu en question.
Il se produit souvent des séries extraordinaires de beaux jours consécutifs. Ainsi, février 1890 a compté 2\ jours consécutifs où le minimum journalier d’insolation n’a pas été audessous de 4 V2 h- ; sont venus le 25, avec 1 Va 36.
7 Va h., le 27, 4 h., le 28, Va seulement. Pendant ce temps le thermomètre s’est tenu très bas; du 1^' au 15, il n’a pas dépassé -|-1 et a touché —19.7 ; du 15 au 28, ces chilTres ont été -^6 et —16. C’e.st ce que l’on peut ai>peler un temps typique à Davos. Voulons-nous voir l’autre côté delà médaille, nous examinerons avec Walers le mois de décembre 1870; dans ce mois, il y a eu peu de soleil, beaucoup de vent et de neige; on a pu s’asseoir en plein air tout le jour 3 fois, le matin 2 fois, et pendant
8 autres jours. 1 h., 4 fois, 2 h., 1 fois, 3h., 3 bus. Au milieu du
mois, après 11 jours de gel, est survenue une période de 6 jours de fonte avec de la [>luie ; ensuite, il y a eu 10 jours de neige pendant lesquels il n’a pas été possible de sortir. Ce sont des mois de ce genre (pu rendent certains médecins sceptiques au sujet (lu soqour des phtisiques à la montagne. Les hivers sont bons ou mauvais suivant la prédominance d’un type ou de l’autre. On comprend aussi la nécessité d’excellentes installations hvgiéuiques dans les maisons pour permettre au inalade d’y stationner sans nuire à sa santé. D’ailleurs, il ne faudrait pas croir(' fpie le séjour des altitudes conda'mne davantage le malad(‘ à la chambre cpie celui d'autres stations hivernales. C’est le contrains qui a lieu, et la preuve se trouve dans l’ouvrage de ^S’eber. 11 indique les chiffres suivants, basés sur 40 malades ayant séjourné 1800 semaines dans les stations d altitude, et i8 autres ayant séjourné 2620 semaines dans les stations basses, Kgypte, Rivi'era, Algérie, Palerme, Madère. Les premiers ont été' condamnés à la chambre pendant 7.3 V» du temps de leur séjour; les seconds pendant 19 o/o- ü attribue l’élévation de ce dernier chiff re non seulement au climat, mais aussi (( aux imprudences auxquelles les malades se laissent entraîner par suite des agréments du climat et des relations sociales. » ,,1,4.
Chute cl'ettu. Dans l’année, 140 jours avec chute d (:;au et 9;13 millim. d’eau. Davos est donc au-dessous de la moyenne de la plaine suisse, bien qu’il soit à une altitude très élevée. C'est là une (lualité de Davos qu’il sera difficile d’egaler dans une autre stati(>n d’altitude. Il existe un minimum de pluie au centre des (irisons comme en Lngadine. On trouverait sans doute cpielque chose d’analogue en Valais, et Leysin participe probaldement sur ce |>oint au climat de la \allee du Itliône. Davos a d’ailleurs, une répartition intéressante des
pluies: 4^30/0, pi’ès de la moitié, tombent de juin à septembrej Ponr la vallée du Rhône, l’été et le printemps ont moins de pluie que l’automne et l’hiver. La grande chute de neige a heu à Davos en novembre ; la neige atteint une épaisseur variable, 30, 00 cm., puis se montre à intervalles irréguliers pendant le reste de l’hiver. Quelquefois il pleut sons l’influence de courants d’air chauds (fœhn). La neige couvre le sol jusqu’à la fin de mars ou le mois d’avril; elle fond naturellement plus vite sur le flanc ouest que sur le flanc est de la vallée.
Le brouillard est rare, du moins i-épandu d’une façon générale sur la contrée. Quelquefois des nuages apparaissent pardessus le seuil de Wolfgang, et descendent dans la vallée, mais ils n’y restent pas longtemps en général. En revanche, il est fréquent de voir, au lever du soleil, un brouillard cantonné le long du cours du torrent, qui disparaît quelques heures plus tard. Schmid indique comme moyennes de 1877 à 1881, 2-3 jours de brouillard par mois. Voici d’ailleurs les caractères généraux du temps :
Mois
Jours
avec chute d’eau
avec neige
brouil.
clairs
couverts
Octobre
Novemlire. . . .
Décembre ....
Janvier
Février
Mars
Les 3 premiers mois de l’hiver ont donc plus de jours de pluie ou de neige et moins de jours de beau tehips que les 3 derniers mois. Ils leur sont aussi inférieurs, comme nous l’avons vu, ponr l’insolation. donne pour 1 )avos-l)œrtli
les chifïres suivants, pour les 4 saisons d’Iiivor de 1878 à 1882, j)ar saison : jours très bons 71.7, assez bons 68.7, mauvais 40.5. Schmid indique pour 4 hivers une moyenne <>/o de 63 jours clairs et 37 couverts.
Vents. Les vents ne sont pas fréquents en liiver, le calme règne dans 70 "/o des observations, le vent dans 30 Vo- Le calme de l’air est si)écial à l’hiver. La direction de la vallée ne permet qu’aux, courants du nord-est, de l’est et du sud-ouest d’y parvenir. Sur 100 vents, on compte en moyenne 42 fois celui du nord-est, 21 fois celui de l’est, 19 fois celui du sud-ouest. Le vent du nord-est supérieur est le vent favorable ; il amène le beau temps, il est d’ailleurs affaibli par les barrières montagneuses (pli existent au nord de la vallée du Prættigau. Le vent du nord-est inférieur est le vent de la vallée, (ini ici, jiar exception, comme en Engadine, souffle en descenilant la vallée, et non point en la remontant. Quand ces vents du nord-est se font sentir, on peut, point capital, se mettre à l’abri de leurs courants, tout en contimuint à être exposé aux rayons du soleil. 11 faut d’ailleurs constater que souvent, vu le calme.
de l’air de la vallée, on note les vents supérieurs d’après une girouette située sur la cime d’une montagne. Le vent de la vallée est surtout un vent d’été ; il se lève souvent quand l’air est tranquille dans les couches élevées de l’atmosphère, mais, comme il dépend de l’action du soleil et de réchaulïement du sol, il se lève tard en hiver et prend moins de force (lu’en été où le sol est échauffé davantage, n’étant pas couvert de neige. Le fœhn se fait sentir à Davos comme dans touh; la Suisse oi-ientale, mais jamais avec la force qu’il déploie dans certaines régions ; il a aussi une direction variable, tantôt c’est un vent du sud, tantôt du sud-est, même du sud-ouest, variations qui proviennent de ce cme sa direction normale, sud-est-nordouest, et celle de la vallée de Davos, nord-est-sud-ouest, font entre elles un angle. Le fœhn a l’inconvénient, quand il souflle par le soleil, de gêner les malades qui ne peuvents’en garantir sans cesser d’étre au soleil. D’après Riemer, il favoriserait la production des hémoptysies, fait que j’ai constaté pour la « vaudaire » de Montreux.
Le calme de l’air est un des grands bienfaits de Davos. Peu de vent, pas de poussière, voilà de grands avantages sur mainte station du Midi. La tranquillité de l’air se voit bien au rideau de fumée qui flotte le matin horizontalement au-dessus du village, rideau qui ne tarde pas à se déchirer une fois les couches d’air mises en mouvement pai- les rayons du soleil. L’air froid coule la nuit au fond des vallées, quand il n’est pas agité par les vents; c’est à ce fait, sans doute, qu’est due la stagnation du brouillard, qui se loge souvent au matin le long du Landwasser.
U absence de potissière dans l’air est due à la couche protectrice de neige qui reste sur le sol cinq longs mois à peu prés. Les trottoirs et la route étant entretenus en bon état de propreté, il n’y a pas de poussière qui puisse se répandre dans l’air. En été, il en est tout autrement; mais on lutte contre le développement et le transport de la poussière par l’arrosage méthodique de la route.
En résumé, l’hiver de Davos pré.sente les caractères suivants: Air froid ; petc de vent', intensité considérable des rayons solaires-, grand nombre d'heures d’insolation-, sécheresse de l’air ; absence de poussière ; soleil par le vent du nord-est, ce cpui permet l’insolation à l’abri du vent. Davos présente les qualités primordiales d’une station hivernale : pe/f de vent, beaitcoup de soleil.
Climat d’été. La température d’été est indiquée par les moyennes suivantes : mai 6.6, juin 9.8, juillet 12.1, août 11.5, septembre 8.4. Le maximum moyen en juillet ne (lépa.sse pas 25.8. L’humidité relative est encore plus faible <ju’eu hiver, 75 à!K) le matin et le .soir, 58 à (JO à 1 h. Comme nous l’avons vu, 48 Vo chute d’eau annuelle tombent dans les mois de juin à septembre. L’air est plus agité qu’en hiver ; le vent de la vallée se pro<luit chaque jour, de 9 h. à 1 h., allant du nord-est au sud-ouest, et rafraîchissant l’air. On ne sent pas à Davos l'air
des placiers, qui en sont trop éloignés pour pouvoir avoir une inüuence quelconque. I )avos a été, en réalité, bilti en vue de l’hiver, bien qu’au coiiiiiienceinent on ait surtout conseillé la cure d’été ; les hôtels sont donc en plein soleil, sur les pentes occidentales y la direction de la vallée fait conipi endie qu il n y a pas d’ombre des montagnes au milieu du jour ; les forêts dans i’ombre sur le flanc oriental sont plus éloignées que celles du flanc occidental, qui sont d’ailleurs peu épaisses; le fond de la vallée n’a pas d’arbres, fait assurément regrettable en été. 11 est vrai qu’à cette altitude les nuits, le matin et le soir, sont frais. La variabilité du climat est beaucoup plus grande en été, et contraste avec sa stabilité en hiver. Huggard résume en deux mots la différence des saisons : en été,^ Davos a un air chaud et agité, en hiver, un air froid et tranquille.
Enti'e ces deux saisons se place la période de la fonte des neiges, période i*edoutée des malades qui, pour l’éviter, font souvent de grands voyages, gagnant à la plus mauvaise époque de l’année des localités beaucoup plus basses que Davos, et ayant un régime de vents et de pluie absolument différent. C’est peut-être tomber de Charybde en Scylla. En effet, à Davos, l’humidité tant redoutée de la période^ de la tonte existe sur et dans le sol; les chemins sont mauvais assurément, mais l’air n’en est pas pour cela plus humide. Au contraire, les moyennes de l’humidité relative de mars et d’avril sont les mêmes que celles de l’hiver, et même inférieures (s’il y a plus d’humidité absolue dans l’air, celui-ci étant plus chaud, l’humidité relative peut diminue!’ en comparaison des cliiffres de l’hiver). La vraie raison du départ des malades à cette époque semble être l’ennui, la satiété, le besoin de changement après un hiver passé entre ces deux chaînes de montagnes, dans une société que l’on n’a pas choisie et dont il faut pourtant se rapprocher pour se distraire. N’oublions pas le besoin d’hoi’izons lointains qui se trouve cliez un grand nombre de personnes. D’ailleui’S, le nombre des personnes qui restent à IJavos toute l’année, tend sans cesse à s’accroître. L’expérience a fait voir que la période, de. la fonte des neiges était moins redoutable qu’on ne l’avait cru au début. 11 semble que les malades, s’ils désirent changer de station, devraient se garder des endroits plus bas, mais devraient attendre, à Davos que des stations voisines, aussi ou plus hautes que Davos, soient libres de neige pour y émigrer pendant l’été.
Davos est situé dans la zone d' immunilé phtisique ; non .seulement cette maladie est rare parmi les aborigènes, mais encore ceux d’entre eux qui l’ont acquise à l’étranger se guérissent eu revenant dans leur vallée. 11 en était ainsi, du moins, autrefois, ainsi ([u’en témoignent les observations de Spengler, qui furent le ])oint de départ de la vogue de Davos. Qu’est-il advenu de l’immunité aujourd’hui que tant de tuberculeux se sont rassemblés dans cette région, projetant leui’s crachats à terre pendant leurs ])roinenades? 11 est malheureusement diflicile de le
savoir. Dans un travail tout râcciit, /^e/ers dit cependunt que la tuberculose autochtone n’existe pour ainsi dire pas à Davos.
Il nous rest(‘, après cette longue étude topographhiue et climatologique, à examiner les conditions matérielles dans le.squelles se trouve le malade, les règles d’hygiène qu’il doit suivre, et enfin les indications et contre-indications de Davos. <Jette dernière partie s’appliquera aussi aux autres stations d’altitude que nous étudions dans ce manuel.
Le malade doit, à Davos comme ailleurs, [)asser la majeure partie des 2'i heures à la maison, et il est exi)Osé à y être parfois enfermé pendant quelques jours de mauvais teînps. 11 est donc de toute importance que sa chambre et les locaux qu’il doit fréquenter jîrésentent d’excellentes conditions de chaulïage et de ventilation. C’est ce que l’on a obtenu.en construisant des salles de réunions, des salles à manger vastes et bien aérées, en même temps que convenablement ventilées et chauü'ées. Dans la plupart des hôtels, les chambres sont chaulTées par des poêles alimentés avec du bois; dans d’autres établissements, il existe un chautiage à la vapeur, cha([ue chambre ayant un poêle traversé par un courant de vapeur. La partie siipérieure de la fenêtre a un panneau mobile permettant l'aération, ou, ce qui vaut mieux, l’air froid du dehors pénétre dans la chaml)re au travers ou autour du poêle ; l’air vicié s’échappe dans le corridor par un châssis mobile placé au-dessus de la porte. Une ventilation énergique assainit les locaux lie réunion, salles à manger, cafés, etc. Quand je visitai le Kiirhaus de Davos, il m’a paru que les installations destinées à la ventilation fonctionnaient réellement, à l’encontre de tant d’endroits à la plaine où il existe des appareils qui ne fonctionnent pas, quand, par bonheur, on ne les empêche pas de fonclionner! Ce dernier fait est dû malheureusement trop souvent à l’imiirévoyance des architectes qui disposent mai les appareils de ventilation, dont le fonctionnement gêne les personnes assemblées dans les salles de réunion. Inutile de dire que l’on trouve à Davos, comme partout, des cliambres [dus ou moins luxueuses, mais toujours confortables.
La façade des hôtels exposée au soleil et abritée contre le vent du nord-est a servi à l’érection d’abris, ou parois vitrées, qui offrent un asile favorable aux très malades, sans leur oter le grand air. La terrasse du Kurhaus, par exemple, est couverte d’un grand nombre de ces parois parallèlement disposées. Nombre de bancs sont placés le long d’abris disposés de taçon à arrêter le vent, sans gêner l’accès des rayons solaires.
La marche générale xle la thérapeutique est basée avant tout sur les principes d’une hj^giéne rationnelle. Longtemps avant ipie Davos eût pris rang [larmi les stations médicàles. ces principes avaient été mis en pratique par Brehmer, à Gmrliersdorf. On ne demande [tas à Davos un effet spécifique sur la maladie tulierculeuse, mais une action générale sur rorganisme qui lui permette de lutter contre la inala lie. .\ côté de rntilisation
l’titiomu'llt’ (lo l'iiir [>iU‘ Isi stutioii ou hi pi'OiiKiuudo, 1 iiliiiioritiitioii joiu' un rôle trt-'s iuiportiiut ; les l’epus sont trrijuents, la nourriture substîiutiello et azotee, 1 alcool est aduiiiiistié (et ceux qui le supportent) sous la forme de vin, surtout de vin de la Vaiteline, riclie en alcool et eu tannin. La thérapeutique s'établit, eu résuiiuq sur les bases suivante.s ; station ou exercice en plein air, « jïyinnastique pulmonaire » par h's inspirations méthodiques et profondes; bonne nourriture; sommeil prolonpfé dans une chambre bien aérée; soins des fonctions de fa peau (frictions, ilouches). Le malade doit le matin prendre une tasse «le lait, faire une promenade d’une demi-heure, déjeuner (matières grasses, œufs) et, après le déjeuner, se promener dans les chemins plus ou moins en pente des environs. Pendant la marche, il surveillera sans cesse sa respiration qui doit toujours être régulière et profonde ; au besoin, il passera une canne derrière les épaules, afin d’élargir et de redresser le thorax. Les fébricitants doivent éviter trop d’exercice. D’ailleui's, chose intéressante, la fièvre disparaît souvent au bout de quehjues jours de séjour à Davos. Le dîner a lieu à midi, ou, ce qui vaut mieux, le soir ; dans ce dernier cas, on prend a midi un lunch, qui, durant moins longtemps, enlève moins de tenq)S à la vie en plein air. Dans l’après-midi, repos en chambre avec la fenêtre ouverte ou sur un banc en plein air, jusqu’à 4 heures. A ce moment, le malade prend une tasse de lait, puis s’installe de nouveau en plein air. L’heure de rentrer est prescrite par le médecin. .\près dîner (ou souper), la soirée est consacrée aux distractions diverses, et à 10 heures, le malade doit se retirer dans sa chambi’e.
Au bout de la première semaine, il est examiné à nouveau par le médecin, qui lui prescrit, s’il y a lieu, les douclies ou les frictions au drap mouillé faites, le matin, par un employé expérimenté. Il ajoute aussi Y ascension méthodique au programme journalier ; le malade doit monter pendant 15 à 20 minutes jusqu’à certains points qui lui sont exactement indiqués; les inspirations profondes qu’amène ce travail musculaire constituent ce que l’on a nommé la « gymnastique pulmonaire ».
La douche se donne à certains malades, le matin, sous la surveillance personnelle du médecin. Le malade, bien frotté à sec, reçoit une douche froide de 5 secondes, puis est bien séché, et va faire sa réaction en se promenant. La douche est prolongée parfois, jusqu’à un maximum de 45 à 60 secondes ; elle est contre-indiquée chez les fébricitants. On emploie aussi, suivant les cas, certaines pratiiiues de l’hydriatrie, maillots, etc. Le poids du corps est soigneusement surveillé, chaque malade devant se faire peser i-èguliérement.
La douche n’est pas admise par tous les médecins de Davos. Volland y a complètement renoncé, et se borne à taire faire aux phtisiques des lavages et des frictions à l’eau plus ou moins froide, une longue expéiience lui ayant démonti’é (jue la douche était plus mauvaise qu’utile. Il a renoncé aussi à la
gymnastique pulmonaire », et ne conseille pas à ses malades de s’élever le long des pentes, ainsi que nous l’avons dit plus haut. D’après cet auteur, les elTorts auxquels .sont soumis les poumons pendant les inspirations profondes, conséquence de l’ascension, même lente, ne font qu’irriter les régions voisines des foyers tuberculeux, favoriser les progrès de l’infection et troubler le développement des processus de pneumonie interstitielle, véritable barrage que la nature établit autour de la zone dangereuse. L’exercice du patinage peut être permis à certains malades ; en revanche, le « toboganning » ou « figeage » (glissades sur des pentes de neige au moyen de petits traîneaux ou a luges », que l’on remonte ensuite au point de départ) est un exei’cice fâcheux, en ce sens qu’il amène beaucoup de fatigue et une excitation psychique qui cache cette fatigue elle-même. Il n’est admissible que pour les personnes peu malades, ou celles qui séjournent à Davos dans un but prophylactique.
Le plan de traitement déciût par Yollanô constitue en quelque sorte la manière douce en comparaison de ce que nous avons vu tout à l’heure. 11 indique au malade à peu près l’horaire suivant : 7 Va — 9 h., déjeuner, puis promenade à plat en s’asseyant souvent et repos en plein air. Dîner à 1 h. L’aprés midi, repos en plein air jusqu’au coucher du soleil ; Va h. après celui-ci, courte promenade; 5 — 7 h., repos à la maison; 7 h., souper. Après souper, si la nuit est calme et claire, nouvelle promenade; 10 h., retraite. Le régime est tout semblable à celui que nous avons décrit tout à l’heure, mais avec moins de lait. Lvideiïiment, ces deux types de cure représentent deux tendances différentes ; l’une, faire travailler le poumon par des efforts nullement exagérés ; l’autre, faire reposer cet organe pour lui permettre de se cicatriser. Cette dernière tendance est sans doute la conséquence des nouveaux modes de traitement de la tuberculose pulmonaire par le l’epo.s en plein air. Ceux-ci aussi ont leur représentant à Davos; il y existe un sanatorium modèle pour le traitement de la phtisie par le système de Dettweiler, de Falkenstein ; les malades passent leur journée étendus sur des chaises longues, sous une large véranda abritée contre le vent. Davos possède d’ailleurs toutes les ressources médicales modernes ; cures de lail, de koumys, de kéfir; massage, électricité, gymnastique, etc.
Il V a naturellement une période d’acclimatement à traverser, me disait à Davos le D*’ L. Spengler. Loin de s’engraisser tout de suite, les malades au contraire perdent du poids^aii début et doivent pendant ce temps rester tranquilles. Ce qu’après quelques jours d’acclimatement qu’ils sont autorisés à se promener beaucoup et à monter. La douche ne peut êtie donnée qu’aux malades les plus robustes ; on v a renoncé en général, et l’on préfère s’en tenir au drap mouillé. Au bout de quelques semaines, le poids des malades augmente, quelquetois d’une quantité étonnante; les respirations .sont moins nombreu-
ses (on les a vu tomber n 12 par minute), le pouls est plus lent et plus fort. C’est à un dépôt de graisse sous la peau que serait due l’augmentation du périmètre thoracique.
En résumé, fortifier le patient par une hygiène rationnelle et le mettre à même de surmonter finalement l’infection tuberculeuse, de façon que celle-ci s’arrête definitivement ou se ralentisse dans sa marche, telle est le but de la cure à Davos. Quel est le rôle que joue l’air raréfié, la sécheresse de cet air? Ces éléments ont-ils sur les processus pathologiques un effet direct ou indirect, par action sur la nutrition générale? Voilà des questions qui ne sont pas prés d’être résolues. Les résultats obtenus d’une façon générale sont résumés comme suit par Huguenin : Amélioration des échanges nutritifs, surtout dans le système musculaire ; action fortifiante sur le muscle cardiaque'; changements dans les conditions de la circulation, surtout de celle du système pulmonaire ; modifications profondes dans la calorification. L’action du climat sur les poumons se traduit souvent par une hypertrophie du tissu sain, avec production d’emphysème autour des zones malades. La guérison des régions malades se fait par cirrhose. L. Spengler me disait que le thorax, au niveau des l’égions malades, éprouve au fur et à mesure de la guéiison des rétractions étonnantes ; on voit des déformations permanentes se produire, des chevauchements de côtes chez des tuberculeux qui n’ont pas eu de pleurésie. Ces rétractions sont favorables, et l’expression d’une cirrhose curatrice.
Weber a résumé comme suit l’effet du climat des altitudes sur les symptômes de la phtisie : Les foyers caséeux sont modifiés favorablement et se desséchent, tendent à se calcifier; cependant, la tuberculose généralisée survient parfois à partir d’un foyer semblable. Les cavernes, si elles ne sont pas très grandes, et n’occasionnent pas de fièvre continue, peuvent se rétracter et se cica.triser en quelque mesure. Les sueurs nocturnes abondantes disparaissent promptement ; la fièvre, si elle est l’expression des phénomènes de résorption septique, cesse souvent; en revanche, si elle est l’expression d’un état d’éréthisme inflammatoire, elle ne subit pas d’amélioration ou s’aggrave. Les fébricitants ont beaucoup plus de chance d’êtresans fièvre dans les altitudes que dans les stations de la plaine. La diarrhée non tuberculeuse s’amende.
Il est vrai que souvent il faut quelques mois pour une amélioration sérieuse. Un malade intelligent ne devrait pas, s’il peut faire autrement, compromettre des résultats lentement acquis pendant l’hiver en rentrant chez lui, en voyageant pendant l’été, ou en séjournant dans une station de la plaine. Il seml>le rationnel de passer aussi l’été à Davos ou dans une station d’altitude des Grisons.
En résumé, il ne faut nas, à Davos, se laisser vivre et attendre ; il faut que le malade ait la force et la volonté de travailler liu-même à sa guéri.son par une hj'giène minutieusement réglée
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et suivie avec l)oniie volonté. Le's médi'cins iloivent, en tout cas, renoncer à envoyer à Davos les malades épuisés et très faibles, et ceci .s’adresse non seulement à ceux qui sont aux périodes ultimes de la tuberculose, mais aussi à ceux qui, encore au début de cette maladie, montrent une faiblesse hors de proportion avec la gravité des lésions. 11 faut enlin (pie le malade observe à Davos, avec exactitude, les régies de l’hygiène qui lui sont indiquées ; les divertissements du soir, la f)-équentation des cafés, les ti’op fortes ascensions font chaque année du mal à des malades indociles.
Indic.m’ions. A/fecliofis pulmonaires. .Nous ne saurions mieux faire que de transcrire ici, avant tout, les conclusions de M'illianis sur le traitement de la phtisie par les altitudes, conclusions basées sur l’observation d’uu grand nombre de malades envoyés par lui dans les Alpes, dans les Montagnes Rocheuses et celles du midi de l’Afrique. Nous y attachons d’autant plus d’importance que ce n’est point l’opinion d’un inédecin plaidant pro clomo sua, reproche que l’on adresse, souvent avec trop de raison, aux médecins des stations balnéaires ou climatériques.
lo Un séjour prolongé dans les stations climatériques d’altitude produit une amélioration dans la majorité des cas de plitisie pulmonaire : il peut arrêter la maladie temporairement ou détinitivemeut dans nombre de cas.
2° On ne peut guère espérer un résultat favorable que si le malade n’a ni lièvre, ni symptômes aigus, et si la surface pulmonaire saine est assez étendue pour que la respiration se fasse bien dans une atmosphère raréiiée.
3° 11 est rare que l’état des malades reste stationnaire pendant le séjour dans les régions élevées; on constate parfois une amélioration, quelquefois une aggravation.
4« Le périmètre thoracique augmente de 2 à 10 cm. pendant le traitement ; il se produit une hypertrophie du tissu pulmonaire sain, et de l’emphysème autour des lésions tuberculeuses; l’expansion de la poitrine est accompagnée d’une diminution dans la fréquence du pouls et de la respiration.^
5o L’arrêt de la maladie est probablement dû en partie à la compression exercée sur les lésions tuberculeuses par l’augmentation de volume des tissus environnants.
6o Au fur et à mesure de la disparition des symptômes locaux survient une amélioration de l’état général ; le malade augmente de poids et prend des couleurs.
7'o Les phtisiques des deux sexes se trouvent également bien du séjour dans les stations élevées ; au point de vue de l’âge, on constate que les résultats sont moins satisfaisants chez le.s femmes avant la vingtième année, et chez les hommes après la quarantième. , , ,
8° Les résultats sont spécialement favorables dans le cas ou il existe une prédisposition héréditaire.
9o I.es climats de montagnes sont utiles dans la phtisie hémorragique, et diminuent la tendance à l’hémoptysie.
IQo L’aiTèt (le lu maladie est d’autant plus probable que les lésions sont plus récentes, mais on observe souvent une amélioration dans les cas anciens.
Ile L’action spéciale du séjour dans les régions élevées s’observe à toutes les altitudes, à partir de 1500 mètres.
12o Dans la majorité des cas, la durée du séjour doit être de six mois au moins.
Spenoler père a établi comme suit les principales indications de Davos :
lo Tout d’abord, comme moyen prophylacliQ^ue pour des sujets menacés de phtisie, soit par hérédité, soit par la présence de la scrofule ou du défaut de développement du thorax. 2o Premiers débuts de la tuberculose pulmonaire, malades ayant eu une hémoptysie, n’offrant pas encore de signes pulmonaires objectifs, ou, au contraire, ayant une légère &onchite du sommet ou un début d’infiltration. Ils guérissent après un séjour relativement court. 3° Malades ayant une infiltration pulmonaire d’un sommet ou des deux sommets. C’est la forme qui profite le plus du climat de Davos, la guérison pouvant encore avoir lieu ; toutefois, si le poumon offre de nouveau une sonorité normale à la percussion, il se maintient dans la région une expiration soufflée, prolongée ou rude, que Spengler attribue à la cirrhose péribronchique, kulres indications : ^o%vlxq.onie chronique des lobes inférieurs du poumon ; formes ordinaires de la phtisie commune, qu’elle ait une tendance à la cirrhose ou, au contraire, à la formation de cavernes par fonte caséeuse. La condition du succès, c’est que la lésion ne soit pas trop étendue. 4° Bronchite chronique. 5o Restes à! épanchements pleurétiques, exsudats chroniques avec épaisissement de la plèvre, adhérences pleurales, déformations thoraciques consécutives. 6o Asthme bronchique, purement nerveux, sans bronchite ou emphysème. Est-il lié à ces états pathologiques, il ne se trouve pas bien du climat de Davos. 7'o Surmenage physique et intellectuel, avec dyspepsie, anorexie, hypocondrie, à condition que le sujet ne soit pas trop âgé.
Telles sont les indications établies, en 1878 déjà, par le Dr Spengler. Depuis lors, la découverte du bacille dé la tuberculose ayant fait répu ter tuberculeuses plusieurs affections qui ne rentraient pas autrefois dans ce cadre, on a étendu ces indications. Peters y ajoute la scrofule dans toutes ses manifestations, depuis l’eczéma jusqu’à la tumeur blanclie (il fait remarquer que la scrofule est inconnue à Davos parmi la population indigène), et le lupus.
Affections autres que les affections pulmonaires ou tuberculeuses. Affections paludéennes récentes ou invétérées. Affections du système vasculaire, quand il s’agit de fortifier le muscle cardiaque. D’abord, cmand sa faiblesse est une cause adjuvante du développement de la phtisie pulmonaire ; ensuite, quand cette faiblesse constitue la maladie elle-même chez des personnes non tuberculeuses. Davos peut servir au traitement
des allections vasculaires ou cardiaques par la inétliode d’(jertel; les chemins ont été classiliés et marqués de manière à permetti-e des exercices méthodiques. J. a marche est favorisée par l’air sec et l'absence de vents. Ce sera surtout une cui’e à faire depuis la fonte des neiges jusqu’à leur retour. Quels sont les cardiaques qui peuvent bénélicier d’un séjour dans les altitudes? C est un point sur lequel il est bon de s’orienter, car, d’une façon générale, l’expérience a montré que cette classe de malades s’accommode mal du séjour dans un air rarélié. Le lecteur trouvera à St-Moriiz un résumé des indications et des contreindications des altitudes pour cette catégorie de maladies.
Les nombreux individus atteints de faiblesse, de falif/ve. de surmenage physique ou intellectuel, bénéficient du climat des altitudes (été ou hiver), de l’hygiène rationnelle, de la station en plein air, du calme de la vie. Ce sont aussi des éléments favorables aux neurasthéniques. Certains malades nerveux sont trop excités par les altitudes; le point capital, c’est de voir si, après quelques jours d’acclimatement, ils dorment ou non à la montagne. Quelques-uns ont un sommeil agité ou ne dorment plus, et doivent gagner des stations plus basses. En revanche, d’autres retrouvent le sommeil; ainsi Neukomm a vu s’améliorer à Andermalt de nombreux cas de nervosisme avec agrypnie rebelle. La maladie de Basedow, Ya.ngine de poitrine s’améliorent parfois. Enfin, énumérons les états de faiblesse générale de l’organisme, anémie, chlorose (voir St-Moritz), dyspepsie. Tandis que le diabète s’améliore peu, V albuminurie chronique se trouve bien des altitudes, sans que l’albumine disparaisse d’ailleurs de l’urine.
Contre-Indications du séjour des altiticdes. Commençons par noter que la tendance aux hémoptysies, leur fréquence dans le passé du malade, ne sont pas des contre-indications de la cure par les altitudes. Ce point est acç^uis depuis longtemps, et je ne m’y arrêterais pas longuement si je n’ayais entendu des bouches autorisées, au Congrès de climatologie, de Paris, en 1889, présenter encore l’hémoptysie comme le grand danger des altitudes. Or, voyons ce que disent non pas les théoriciens, mais les résultats de Texpérience. D’après V^ebev, non seulement les hémorragies sont moins fréquentes, mais^ elles sont beaucoup plus rares dans les stations d altitude ou à la plaine. Sur 62 phtisiques ayant séjourné dans les altitudes, 11 ont eu des hémorragies, lesquels furent au nombre de 16; sur fr ayant passé un temps égal dans les régions basses, on en a vu -Ib avoir en tout 62 hémoptysies. Spengler,s,nv 828 phtisiques, a vu 94 °/o n’avoir pas d’hémoptysie à Davos, et, dans ce chiure, a y a 39 ®/ode malades ayant eu une ou plusieurs hémoptysies avant d’y venir ; 5 ®/o eurent des liéinoptysies chez eux et à l)avos ; 1 ®/n seulement eut pour la première, fois une hémoptysie à Davos Volland donne la statistique suivante : sur 199 phtisiques. 71 avaient eu des liéiiioptvsies avant de venir à Davos. I arnii ces 71 malades, li (ou 20®/o) eurent des hémoptysies a Davos,
les autres n’en eurent pas. Enlin Petevs, dans un travail tout récent, donne une statistique de 223 malades ; de ce nombre, 106 avaient eu des hémoptysies à la plaine et n’en ont pas eu à Davos ; 19 en ont eu à la plaine et à Davos, 3 seulement n’en avaient pas eu à la plaine et en ont eu à Davos. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : il faut rayer l’hémoptysie prise comme telle de la liste des contre-indications des altitudes. En revanche, si elle coïncide avec une constitution éréthique à tendance fébrile, elle constitue une contre-indication sérieuse.
Weber résume en 10 points les contre-indications des altitudes dans la phtisie; « 1« Etat d’éréthisme nerveux, n’importe le degré de l’affection ; 2° Maladie trop avancée ; 3*> Complication d’ emphysème; 4o d’albuminurie; 5<> Complications cardiaques; 6o Ulcérations du larynx ; 7« Maladie galopante et accompagnée de lièvre; 8« Grande perte de substance pulmonaire; 90 Foyer très étendu de pleurésie purulente ; lOo Malades ne pouvant ni manger ni dormir sur les hauteurs, et ayant constamment froid. »
La constitution éréthique nerveuse est considérée unanimement comme une contre-indication du séjour dans l’air excitant des altitudes, pour ceux qui ont déjà subi quelque atteinte de la phtisie, quand ce ne serait qu’une bronchite suspecte localisée aux sommets. On déconseillera donc Davos à ces malades qui ont facilement de la fièvre, à cœur excitable, au pouls rapide, à la peau délicate, parfois sensibles au froid, contre lequel ils ne réagissent pas. Huguenin déconseille les altitudes aux tuberculeux dont l’action cardiaque est faible. Le climat de Davos n’exerce dans tous ces cas aucune influence favorable sur des processus pathologiques qui ont une tendance naturelle à la suractivité. En revanche, les jeunes gens non malades, mais seulement menacés de tuberculose, retirent des altitudes les meilleurs avantages, bien qu’ils aient cette même constitution éréthique; le climat les fortifie et modifie leur nature.
Pour ce qui est de la période de la phtisie, il faut noter que l’étendue des lésions doit entrer en ligne de compte en même temps que leur degré. Il faut qu’il y ait encore une sm-face pulmonaire suffisante, qui fonctionne nox’malement. S’il y a des lésions avancées, formation de cavernes cantonnées, par exemple, au sommet, on peut encore espérer une amélioration et une guérison relatives ; tandis que, si les processus d’infiltration s’étendent à un ou plusieurs lobes, le malade doit éviter Davos. « 11 faut, dit Huggard, qu’il y ait assez de poumon sain pour que le malade puisse supporter la surcharge jetée par le climat sur les organes respiratoires. La réaction qui répond à cette surcharge d’activité est en réalité le premier pas dans le chemin de la guérison ; si elle manque, le malade ne fait que décliner plus vite encore qu’ailleurs. »
On a souvent déconseillé le séjour des altitudes à des malades qui avaient des affections non tuberculeuses du larynx, catarrhe avec enrouement, tuméfaction des cordes vocales ou
de rf'space interaryténoïciieri ; mais c’est bien à tort. Seules les ulcérations profondes, la tuberculose laryngée contre-indiquent Davos. Voici ce que m’écrivit à ce sujet le D'' de Budberg, (ju’rn long séjour à Davos avait familiarisé avec les indications de cette station : « L’opinion est encore très réjjandue que les affections du larynx sont toujours une contre-indication du séjour en hiver dans les hautes altitudes. L’expérience à Davos n’a pas justifié cependant cette opinion pour un genre de laryngite qui survient souvent pendant la phtisie pulmonaire, savoir pour cette affection chronique et légère qui consiste en hyperémie et catarrhe des muqueuses du larynx, avec ou sans épaississement d’une corde vocale, ou même de toutes les deux, et ulcérations superficielles. Ces patients supportent très bien l’air froid et vif de ces hauteurs, même en hiver ; un larynx ainsi atteint partage ordinairement le sort des poumons, s’améliorant et guérissant lorsque les poumons s’améliorent et guérissent. Chez moi-même, et dans plusieurs cas venus à ma connaissance, tous les symptômes de la laryngite disparurent à Davos bien avant la guérison des poumons. » Yolland, Neukomm insistent aussi sur ce point.
Quant aux affections cardiaques, les uns en font une contreindication absolue, les autres ne bannissent des altitudes que les cas d’affection valvulaire grave, avec compensation profondément troublée, anasarque permanent, etc. Un fait qui peut parfois obliger un cardiaque à quitter la montagne, ce sont les palpitations, la dyspnée, l’angoisse qui le saisissent souvent; tantôt il ne s’agit là que de phénomènes d’acclimatement après lesquels le malade peut continuer à séjourner dans les altitudes, tantôt la persistance des accidents oblige à renvoyer le patient dans une station plus basse.
Enfin, énumérons encore, parmi les contre-indications, le rhumatisme, la néphrite chronique, l’épilepsie, Vathérome, la sénilité (les vieillards au-dessus de 70 ans ne supportent parfois pas bien les altitudes), les troubles nerveux convulsifs, l’hystérie, certaines névralgies, etc. Huggard a cependant vu des personnes atteintes de rhumatisine sans localisation articulaire, de douleurs erratiques irrégulières, se guérir parfaite-
ment à Davos. . ,,
11 faut enfin ajouter une contre-indication importante, celle que Von peut puiser dans le caractère et la disposition d esprit du malade. Il ne faudrait pas diriger sur Davos une personne qui ne veuille pas chercher quelque distraction dans la société de ses semblables, ou qui craigne la monotonie d une vallee recouverte de neige et sans horizon. L’ennui et son intlu^ce déprimante auraient bientôt contre-balancé tous les bons effete du climat d’altitude. Il en est de même, pour la saison d été, pour certaines personnes qui ne peuvent supporter la proximité des montagnes, et éprouvent dans les valIees un peu resserrées un sentiment d’angoisse, qui les oblige à regagner la plaine.
Pour arriver à un résultat réel, il faut résider loii^rteinps à Davos cliose spécialement difticile aux jeunes gens qui doivent faire leurs études. Aussi Davos compte-t-il des pensionnants de ieunes aens et de jeunes filles, destinés surtout à ceux qui sont menacés par la tuberculose. Enumérons, vu l’utilité de ces institutions, les catégories de jeunes garçons que reçoit un de ces instituts le Fredericianum : Jeunes gens Jo menacés de phtisie soit par hérédité, soit par suite de défaut de dévelo{)pement; 2o Convalescents de maladies graves ; 3'^ Aux pre^miers débuts de la tuberculose; 4<> Scrofuleux de tout genre ; 5o Atteints d’asthme bronchique, fio de fièvre intermittente ou de cachexie, paludéenne. Sont exclus ceux dont la tuberculose est
déjà avancée. .
L’époque de l’année la plus favorable pour arriver a Davos, c’est l’été, depuis le mois de juin ; le malade a le temps de s acclimater avant l’arrivée de l’hiver.
Fin terminant cette trop longue étude, disons que, dans cette question des altitudes et de la phtisie, il faut se garder d’un exclusivisme aussi nuisible aux malades qu’aux stations d’altitude elles-mêmes. Davos n’est pas venu remplacer les stations existantes dans tous les cas, mais seulement se placer à côté d’elles pour un grand nombre de cas où la montagne vaut mieux que la plaine. Les altitudes sont tantôt préférables, tantôt inférieures aux stations basses : il semble qu’elles leur sont décidément supérieures dans la disposition à la phtisie et les débuts de cette maladie. Ce qui manque peut-être encore le plus, c’est une connaissance exacte des contre-indications des altitudes ; naturellement, les médecins qui pratiquent dans ces stations élevées sont portés à publier plutôt leurs succès que leurs insuccès.^ Et cependant, la confiance des médecins dans les altitudes croîtra dans la mesure où ils seront mis à même de séparer les malades qui se feraient du mal dans les hautes régions.
Je me suis longuement étendu sur Davos, l’ayant pris pour type des stations d’altitude, et désirant aussi le faire mieux connaître qu’il ne l’est aux médecins de langue française. Mais je ne puis terminer sans énumérer encore les efforts considérables et intéressants que la contrée a faits pour ajouter aux ressources naturelles du climat d’altitude les avantages d’une hygiène privée et publique bien entendue. Nous avons noté en commençant l’adduction d’une eau potable d’excellente qualité, par un réseau de conduites circulant partout. Le système d’évacuation du sevvage a été l’objet de soins spéciaux ; les waterclosets sont pourvus partout d’appareils perfectionnés ; un réseau d’égouts créé à grands frais débouche dans le Landwasser. Enfin, on a rectifié le cours de cette rivière sur une étendue de plus de 5 kilomètres, afin de parer à un inconvénient qui allait sans cesse en augmentant, l’ensablement de son lit rendant les rives marécageuses. Ces travaux ont été faits depuis la limite de Davos-Dôrfii jusqu’à celle de Frauenkirch. Ils ont eu un excellent résultat, les rives sont assainies, et le produit
des égouts ne risque plus de souiller la contrée. Notons encore d’autres travaux d’édilité publique ; trottoirs, chaussées, maison de diaconesses, etc. On a dépensé ainsi, en ü à 6 ans, une somme d’un million de francs environ, somme assurément importante pour une si petite localité, mais qui constitue un placement dont les intérêts sont l’augmentation sans cesse croissante du nombre des malades. Citons encore l’établissement de la lumière électrique; la création d’un établissement de désinfection pour purifier les tapis, couvertures, la literie des malades, et même leur linge avant le blanchissage. N’oublions pas l’installation, dans plusieurs hôtels, du chauffage par la vapeur à basse pression, assurant une température régulière combinée avec une ventilation rationnelle de chaque chambre et des locaux de réunion. Enfin, la lutte contre l’infection bacillaire a eu pour conséquence des modifications rationnelles dans les chambres à coucher : arrondissement des angles, tapis de linoléum, tapisseries pouvant être désinfectées jiar le lavage, proscription de tous tapis inutiles, etc. Voilà bien des perfectionnements dont il faut être reconnaissants; dans la mesure du possible, ils mettent à l’abri contre les risques d’infection les personnes non tuberculeuses qui viennent séjourner à Davos.
C’est hélas ! dans sa trop grande prospérité que Davos porte en lui-même un germe destructeur. L’entassement des malades dans des hôtels qui finissent par être d’immenses casernes, l’entassement des maisons les unes prés des autres sont des plus regrettables. A la longue, l’air sera fatalement vicié, le sous-sol souillé. Il faudrait que les maisons nouvelles fussent plus espacées les unes des autres, chose difficile à espérer quand le terrain prend de la valeur dans les endroits favorables à la construction. La présence de la voie ferrée va donner une impulsion encore plus grande à cette station. Aussi ne jjeut-on qu’applaudir à tous les efforts qu’on y fait pour lutter, par les mesures d’hygiène imblique, contre les inconvénients fâcheux de l’agglomération humaine.
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Davos-Dœrfli, 1558 m. (T.), est, nous l’avons dit, à 2 km. au nord de Davos-Platz. C'est un village beaucoup moins important et plus simple que celui-ci, avec un petit nombre de maisons et d’hôtels. 11 se trouve à peu de distance du lac de Davos. Séjour d’été agréable. Davos-Dôrlli est bien situé, adossé au liane ensoleillé de la vallée. Le soleil y vient idus tôt et s y cou-
ehe nlu'^ tard qn'à Davos-Platz, mais, revanche, il y a moins depf-otection contre les vents que dans ce dernier endroit. Dayos- Doïtli n’a pas toutes les ressources de la grande agglomération de Davos-Platz, mais il a l’avantage énorme de ne pas etre encombré; un service d’omnibus relie d’ailleurs ces deux villages.
Fi-mipiikircli 1540 111. Village à l^ni. iiu sucl (le Davos. Oii peut y séioiinicr dans des conditions plus modestes ([ue dans cette station.
^ BnOM de ClSei à l’entrée de la vallée de Sertig. C’est un but
de ~e1fade pour les h(Uc4 de Davos, .1 l li.. au sud de cet endroit (lans une situation pittorestiue, au soleil, a nroximile des forets. ■S'};oce froide à 9° L’établissement de Clavadei est ouvert aussi pendant ljii\ei.
^ SüiiM Frauenkircli et Claris, à 6 km. au sud.de Davos
à proximité’immédiate des forêts de sapins. Les bains sont places au btird de la route (lui mène de Davos à Wiesen par les Znjie U froitle jaillit beaucoup plus haut que les hains (a l/bK m.), sui orientai de la vallée. Elle contient, outre de l’hydropne sulfure, de * carbonique, une matière bitumineuse, etc. Position fort agréable. Hhnmalismea, eczenin el dermatoses.