‹ La Suisse balneaire et climateriqueChapitre 61 sur 88 · RÉGION DU CENTRE · texte numérisé non relu

RÉGION DU CENTRE

Coire, 590 m. (T.), capitale du canton des Grisons, a une grande importance comme porte d’entrée dans ce pays depuis le nord. Terminus de la ligne de chemin de fer, Coire est le

point de départ de nombreuses diligences qui rayonnent vers

le sud, l’est et l’ouest. La ville, d’environ 9000 habitants, est au bord de la Plessur, torrent rapide q^ui va se jeter dans le Rhin ; elle s’étend en partie sur une colline, en partie sur une plaine au nord de ce torrent. De hautes montagnes l’entourent de tous côtés : à l’est, le Millenberg (1733 m.) ; au sud, le Pizo- (1342 m.) ; à l’ouest et au nprd-ouest, la grande masse du CaZrtrtda (2803 m.). Coire a un climat doux et exceptionnellement favorable, grâce à la protection que lui ménagent ces montagnes contre les courants atmosphériques froids, et grâce au fœlin qui souflle dans cette région, mais (lui peut cependant amener en hiver de brusques variations de température, \oici, d’après Christ, les moyennes de la température : année 9.1, printemps 9.5, été 17.4, automne 9.3, hiver 0.3 ; miniinufti —14.4, maximum 31.1. Les mois d’été ont comme moyennes : mai 14.8, juin 16.3, juillet 18.9, août 16.9, septembre 15.5. L’air est très sec; voici l'humidité relative moyenne de ces même mois: 60.2, 64.7, 64.9. 69.5, 69.6. La pluie a un total annuel de 840 millim. Les brouillards sont rares. Le ciel est en été généralement clair (nébulosité moyenne, 4.9). Ces données météorologiques sont donc favorables; l’automne surtout, moins chaud que l’été, est une saison agrièable. 11 y a de nombreuses promemenades autour de la ville. La topographie de ses environs permet de choisir cette ville pour le traitement des affections vasculaires par la méthode cl’Oerlel. Cure de raisins.

Sassal. Eau bicarbonatée calcique, ferrugineuse, acidulé. Simple établissement de bains aux portes de Coire, sur la rive droite de la Plessur, à la môme altitude que cette ville. Les sources jaillissent à 7(X) m. d’altitude environ, elles sont au nombre (le 7; température 6 à 8o. Deux des sources surtout

sont utilisées; leui- débit est faible, pour l’une l.ô litre, pour l’autre 0.6 litre à la minute. L’eau est gazeuse, fraîche et piquante. Analyse de H^isemann, pour un litre ;

, . Source A Source II

Chlorure de sodium O.üOâ 0

Sulfate de potasse 0 00'. o.ikw

Sulfate de soude 0.012 o.o:i8

Sulfate de magnésie 0.019 —

Bicarbonate de magnésie 0.225 0.231

Bicarlionate de chaux 1.412 0.962

Bicarbonate de soude — 0.007

Bicarbonate de fer 0.008 0.013

Bicarbonate de manganèse 0.006 0.001

Lithium, baryum, alumine, acide phosphorique, mat. organiques traces traces

Total 1.7Ô1 1.271

Aciae carbonique libre, cent, cubes . . 971.4 615. 1

Une troisième source a été analysée par Meyer et trouvée analogue aux deux premières ; elle contient 39 mgr. de bicarbonate de soude par litre. En résumé, ce sont des eaux minéralisées surtout par des sels calcaires et contenant beaucoup à’ acide carbonique.

L’établissement de bains est situé dans la gorge de la Plessur. Il y a juste place pour le torrent, la route qui forme quai, et les bâtiments des bains adossés à la montagne. La pente des montagnes étant douce, il y a d’ailleurs de la lumière et du soleil en abondance. En face, se trouvent des forêts où l’on peut faire de charmantes promenades, notamment s’élever vers Passugg par un sentier à travers bois. Les indications de ces eaux sont, pour l’usage interne, celles d’une eau faiblement minéralisée par le fer, la magnésie, la soude : anémie, dyspepsie. A l’extérieur, l’eau est utilisée, comme celle de St-Moritz et de Tarasp, pour des bains d’eau chargée d’acide carbonicjue (pour leurs indications, voir Tarasp).

PASSUGG, 829 m. Eau bicarbonatée sodique, ferrugineuse. Saison ; 20 mai à 30 septembre.

L’établissement de Passugg est situé au sud-est de Coire. sur une terrasse, premier gradin d’une montagne qui sépare comme un coin la vallée de laRabiusa de celle de la Plessur, deux torrents sauvages qui se dirigent à angle droit l’un sur l’autre pour s’unir au-dessous de Passugg. L’établissement regarde le nord-ouest et se trouve à proximité immédiate des forêts. On y parvient depuis Coire en 1 h. environ, soit par une route carrossable qui se détache de celle de Churwalden, soit par un sentier plus direct qui monte sous bois depuis la route des bains de Sassal. Les sources se trouvent à 20 minutes de. l’établissement, dans la gorge de la Rabiusa, à quehiues mètres au-dessus du torrent. Des deux côtés de celm-ci s’élèvent d’énormes parois de rochers presque verticales qui soutiennent sur leur tête des pâturages ou des forêts de sapins. On parvient aux sources pur un petit .sentier capricieusement jeté, tantôt sur une rive, tantôt sur l’autre. Les malades viennent chaque jour

boire Tt'iiu à lu source iiièino ; par le mauvais temps, l’eau est apportée à l’établissement. Les sources Théophile, Fortunatus, Ulricus se trouvent sur la rive gauche du torrent, échelonnées à peu (le distance les unes des autres ; elles sont captées dans de petits bassins creu.sés dans la roche ou entourés d’un simple cuvelage en bois. Sur la rive gauche du torrent se trouvent les sources au nombre de 3, c^ui représen-

tent sans doute le même filet d’eau capté à des niveaux différents. L’eau en est fraîche, très gazeuse, délicieuse à boire; elle est conduite, par des tuyaux de fer étamés à l’intérieur, àl’éta- Idissement, pour servir aux bains d’eau gazeuse. Les eaux sont exportées aussi. Voici l’analyse des 3 premières sources

{de Planta) pour un litre d’eau,

avec leur température :

Ulricus

Fortunatus

Theoi)liile

Teni|jérature

Chlorure de sodium

Sulfate de soude

Nitiate de soude

Borate de soude

Clilorure de lithium

Bromure de sodium

lodure de sodium

Bicarbonate de soude

Bicarbonate d’ammoniaciue . .

Bicarbonate de chaux

Bicarbonate de strontiane . . .

Bicarbonate de magnésie . . .

Bicarbonate de fer

Bicarbonate de manganèse . .

Silice

Phosphate d’alunnne

Total

Acide carboiii<|ue libre, c. c. . . 954.5 924.5 H17.9

Les sources Ulricus et Fortunatus ont beaucoup de ressemblance entre elles; elles contiennent surtout du hicarhonale de soude (5 à 6 gr. environ), du bicarbonate de chaux (1.0 et 0.70), de magnésie (0.6 et 0.5), et du chlorure de sodium (0.83 et 0.54) ; enfin, environ 1 litre dii acide carbonique libre. La seconde de ces eaux est moins minéralisée que la première. La source Théophile est notablement plus faible; elle n’atteint pas 2 gr. de bicarbonate de soude et compte 25 cgr. de chlorure de sodium environ. En revanche, elle a près de 1200 cent, cubes d’acide carboni(|ue. Les 3 sources contiennent du fer en quantité presque égale, 10, 18, 13 mgr. La source Foi’tunatus passe pour très lodurée (1 mgr. d’iodure de sodium).

Indications. Les sources Ulricus et Fortunatus sont avant tout neutralisantes, en leur qualité d’eaux bicarbonatées et chlorurées sodiques; elles dissolvent les mucus et ont une action résolutive. Le bicarbonate de soude diminue l’acidité des sécrétions gastricjues, et le chlorure de sodium excite les glandes intestinales. Ij’eau est purgative à haute dose. Principales indications : dyspepsie, catarrhe chronique de l’estomac et de l intestin, état hemorroïdaire et ses suites, hyperémie du toie\ obésité, goutte. Goitre, gonflement des glandes lympha-

liquen. Bronchite chronique, affeclionK calan-hales chroniques des voies urinaires. I^’eau de la source Thcopliile, considérée comme plus tonique que colle des autres, est une eau alcalino-ferruqineuse-, elle est conseillée contre la dyspepsie, le pyj’osis, la cardialyie, surtout celle des sujets anémiques, les diarrhées ou la constipation chroniques, enün dans tous les cas d'anémie et d’affections dérivées de cette dystrophie ou greff’ées sur elle. On prend l’eau dans ce dernier cas 1-2 h. après le repas. . . . ,

La source Belvedra se trouve, nous l’avons vu, vis-u-vis des sources précédentes, sur la rive gauche du torrent. C est une eau bicarbonatée sodique, ferrugineuse, acidulé. Elle est limpide, légèrement styptique, délicieusement fraîche et piquante. Débit : 1.5 litre à la minute. Température, 0.2'. .\na-

Ivse de Husemann, pour un litre ; . . ,

Bicarbonate (le magnésie . 0.223o

Bicarbonate de fer 0.0301

Bicarbonate de inangani-se ü.(Xi22

Silice ".02^

.\cide phosplioriiiue .... 0.00007

.\luinine o.OOOl

Strontiane, liaryte, mat. organiq., acide nitrique • • traces

(ihlorure de sodium .... 0.0292

lodurc de sodium 0.00003

Chlorure de lithium .... 0.0028

Sulfate de potasse 0.02.38

Sulfate de soude 0.03W

Bicarbonate de soude . . . 0..3022 Bicarlionatc d’ammoniaiiue 0.0139 Bicarbonate de chaux . . . 2.0865

Total . . 2.7722 .\cide carbonique libre . . . 1041.3 cent, cubes

Cotte eau contient donc surtout des bicarbonates de chaux, de magnésie, de soude (30 cgr. seulement), une notable quantité dè sel de fer (30 ingr.) et surtout d’acide carbonique (plus de 1 litre). Indications: anémie, anorexie, faiblesse, convalescence. C’est aussi une eau de table. Enlin, elle sert aux bains d'eau gazeuse (acide carbonique), imiiropreinent appelés bains ferrugineux. Dans ce but, elle est chauliée dans les baignoires par une circulation de vapeur. Pour les détails et indications de ces bains, voir Tarasp. Il est bon denotei qu aux portes de Coire, dans un endroit aussi facilement accessible, on trouve des bains analogues à ceux que l’on va chercher dans

1100 m est un village de la vallée de Sc/wui/îÿÿ (voir plus loin i rosa) cmi sbùw 1 l’est de Coire. .\u-dessous du village existe une source d'eau bicarboiialèe sodiqm (ermgmeme ; analyse 0 0%'

chlorure de sodium 0.160, sulfate de soude 0

(le soude 1.126, carbonate de chaux 0.ol3, cai honatt de maç,ntsic 0 235 carbm fer 0.015, silice 0.009, total 2..302; acide (larbomque toÇa

0.84 grammes. L’eau est exportée seulement, .inei/ue, «tfecUons cluoniqties

^^ AROSA*^ 1^892 in. (église). (T.) Station d’altitude d’été et d’hiver.

- ne L ?are (le Coire, on atteint .Vrosa en 6 In (4 fr. 75), par une viaiture postale passant par Langtoies, village a 4 b. (Je (.oirc.

Arosa est une station encore peu connue, mais .pii meritij de l’être davantage, car elle présente d’uiie faiion toute spéciale les grands caractères des très hautes Alpes. et cela aux portes de Coire, pour ainsi dire (le trajet est de moitié plus court que celui (le n'ingadine). Je résumerai rapidement les notes que j’ai prises à Arosa sur la situation et les caractéristniues de cette station.

— Slô —

Pour se rendre à Arosu, on remonte la vallée de Schanfigg, ou vallée de la Plessur, torrent qui passe à Coire avant tle se jeter dans le Rhin. Cette vallée s’étend à l’est de Coire, dans la direction de Davos, sur une longueur de 14 km., jusqu’à icies (de ce village on arrive à Davos par le col de Strela, 2377 m., en 4 V» h.) Il existe une route bonne, mais un peu étroite, qui passe par Maladers, Casiiel, St-Peter. Les üancs de la vallée sont traversés par un grand nombre de ravins secondaires creusés par les eaux (dits « Tobeln »), perpendiculaires à l’axe de la vallée, de sorte que la route .serpente sans cesse et offre à chaque instant des échappées imprévues. Audessus de Coire, on a une charmante vue sur les bains de Passugg, la route de Churwalden, Malix et sa blanche église. Plus loin, on embrasse d’un coup d’œil tout le val de Schanfigg jusqu’au col de Strela. Après St-Peter, on arrive à Langwies, 1377 m., village agréablement situé prés des forêts et pouvant servir de simple station d'été. Ira Plessur s’infléchit là très brusquement au sud et prend une direction parallèle à celle de la vallée de Davos, dont elle n’est séparée que par une chaîne de montagnes à l’est. Un charmant sentier à mulets, qui monte capricieusement dans les forêts et le long du torrent, et une belle route carrossable, inaugurée à la fln de juin 1890, conduisent de Langwies à Arosa. A 5 km. environ de Langwies, la vallée est divisée en deux moitiés parallèles par une arête montagneuse, le Schafrücken (2378 m.), qui s’avance du sud au nord; la moitié orientale, courte, elliptique, où se trouve Arosa, et la moitié occidentale, plus longue que l’autre, ap^jelée Welschtobel, et contenant les sources de la Plessur. L’église d’Arosa est à environ 7 km. de Langwies, et à 515 m. plus haut que ce village. En résumé, le voyage de Coire à Arosa est si facile et si court que l’on peut à peine croire que l’on ait atteint en quelques heures une altitude plus considérable que celle de l’Engadine.

.\rosa est une réunion de chalets et d’hôtels placés dans un vaste entonnoir elliptique dont les flancs, .s’écartant et se redressant de plus en plus, se terminent au loin par une crête de rochers sauvages. Ces maisons sont éparpillées çà et là sur les flancs sud et ouest de la vallée, perdues au milieu des sapins qui pénétrent un peu partout. 11 y a une forte différence de niveau entre la partie inférieure et la partie supérieure du village. Les premières maisons étant à 1700 m. environ, la région supérieure est au-dessusde 1900m. (elle n’aplus d’arbres). .\ucun des hôtels ou pensions ne dépasse l’altitude de l’église. Arosa est entouré de hautes montagnes : à l’ouest le Hœrnli, au sud-est les Rothhœrner, au sud le Schafriicken, au nord le H eisshorn, à l’est le Furkahorn. Au nord-est seulement, la vallée est ouverte aux vents; mais cette ouverture est masquée au loin par une chaîne de montagnes au nord-est de Langwies, notamment par la^Weiss/luh, sommité de 2848 m., au nord du col de Strela. I.a vue d’Arosa est sévère; de grands pics arrondis et nus dominent le pays, .surtout du côté de l’est

et du sud-est; au sud, les prairies qui succèdent aux. sapins, lesquels s’arrèttuit avant l’altitude de l’église, s’élèvent graduâleiuent jusqu’aux cimes rocheuses; à l’ouest on ne voit guère (jue des croupes vertes ou boisées. Partout, dans la rémon inféi-ieure de cette vaste cuvette, il y a d’épais bois de sapins ; deux petits lacs, l’Obersee et l’Untersee, ajoutent encore, dans cette région, au charme du spectacle. La ceinture montacrneuse, d’une altitude de 2300 à 2600 m., qui entoure de toutes parts, sauf au nord-est, la vallée d’Arosa, lui assure une protection efficace contre les vents. Un rendement conique du flanc occidental de la montagne, appelé Tschuggen, sépare la région inférieure, avec ses lacs et ses sapins, de la région supérieure où se trouve l’église. Cette dernière région est la mieux i)artagée en hiver au point de vue de l’insolation, et c est sur e flanc sud du Tschuggen que se trouvent les pensions le plus à l’abri du vent et le mieux exposées. En revanche, la région inférieure, moins bien ensoleillée, a moins de vent de la vallée à cause des forêts qui la couvrent. On peut difficilement trouver (luelque chose de plus alpestre et de plus tranquille que cette petite vallée. En se plaçant au bord du lac inférieur, on voit au premier plan,. au delà de ses eaux vert loncé, les sapins qui s’étagent sur les pentes et, perdus au milieu d eux, des hôtels et quelques villas gracieusement bâties.

\j& terrain est donc tout autrement disposé qu’à Davos ; les chemins sont presque tous inclinés et souvent la pente en est forte ; il en est cependant un qui se dirige au nord, depuis le sanatorium, vers Maran, et qui est plat pendant min. environ. En hiver, les chemins sont en général ouverts par les montagnards qui vont chercher du bois dans les forêts. ailleurs, on utilise les raquettes canadiennes pour faire des courses sur la neige. . , ^ i. j u ..f., a

Arosa n’est pas station d’été depuis longtemps, et débute a

peine comme station d’hiver. 11 y a 13 à 14 ans que commencé à voir quelques étrangers prendre en été le chemin de cette vallée. Depuis 1877, on a bâti plusieurs hotels-pensio^^^^^^ Comme station hivernale, ^.rosa a été recommandé d abo^^ par le Dr Eerwig (1883), puis par le D>- Egger (188o). Ln 1887, h maïades y ont pa4é‘ l'hiver ; en im malades ont séjourné dans le sanatorium que venait de constiuiie le I) Her wig. Ces chiffres s’élèveront sans doute a mesure que la station serl mieux connue et que les hôtels ouverts en hivea- seront plus nombreux. La possibilité d arriver jusqu a Ai osa en \oi ture contribuera aussi à son développement.

Climat d'été. A l’altitude d’Arosa, près de 1900 J®,

s’attendre à un climat d’été plutôt rude

tionsde la température peuvent être rapides «t ^fendi es , uu bou d’un jour ou deux de pluie, on peut avoir de ^

en Engadine. La pression moyenne est de blO en général fort sec. La proximité des sapins, de.-> petitb lacs, fait d’Arosa un séjour très agréable en cette saison.

Le climat d'hiver n’est encore qu’impai-raitement connu. Eqqer a fait des observations pendant l’hiver 1885 à 1886. Depuis octobre 1889, Arosa est station météorologique du réseau suisse. Voici les moyennes de l’hiver 1889 à 1890 ;

Mois

Température

Hum. rel.

moy.

Nébulos.

Jours

1 il.

moy.

avec pluie ou neige

clairs

couv.

Novembre . .

Décembre . .

fO

Janvier. . . .

Février. . . .

Mars

On notera

a faib:

e nébu

Losité n

noyenn

e, le

gran

d nombre de

jours clairs, et la faiblesse de l’humidité relative; les minima absolus de celle-ci sont pour chacun de ces 5 mois : 22, 35, 34, 35, 31. Egger a noté comme moyennes de la température, pour 1885 et 1^6, novembi’e -fO.67, décembre — 4.56, janvier — 6.4, février — 6.35. Les excursions journalières de la température sont en hiver moins étendues qu’on ne le croirait à pareille altitude.

L’insolation possiô^e est longue; au l®*’ novembre 7 h. 40 m., 1er décembre 6 h. 20 m., 1er janvier 5 h. 35 m., 1er février 7 h. 15 m. Les 3 premiers mois dé 1890 ont donné comme moyenne, à l’héliautographe, pour janvier 3 h. 25 m., février 6 h. 40 m., mars 6 h. 10 m.

Egger a noté en 1885, comme état général du temps ;

Nov. Déc. .lanv. Fév.

Jours clairs ... 12 18 9 16

Jours couverts. . 7 6 10 4

Février se fait donc remarquer par un grand nombre de jours clairs.

Vents. On distingue les vents supérieurs et les vents inférieurs. Les premiers sont rares; ils sont représentés par des ouragans de fœhn ou par le vent d’est, 5 fois en 4 mois, dit Egger. Le vent inférieur, vent de la vallée, souffle chaque jour. Il porte nom de Heiterluft, et se dirige de l’ouest à l’est, descendant d’une sommité, le Hœrnli, qui s’élève à l’ouest d’Arosa. 11 souffle très régulièrement quand le temps est beau, et peut êti’e parfois assez violent. C’est donc par exception un vent de vallée descendant (voir Davos, Engadine). On peut se mettre à l’abri de ce vent sans cesser d’être au soleil, mais cependant moins bien que quand il souffle du nord-est. Le Tschuggen, ce promontoire montagneux cité plus haut, exerce une influence notable sur le régime des vents, de telle sorte que la région inférieure d’Arosa (à l’est et au nord de ce promontoire) n’a pas les mêmes vents que la région au sud de cette montagne. C’est dans cette dernière région q^ue se trouve la maison où se font les observations météorologiques. D’après leur relevé pour l’hiver 1889 à 1890, novembre à mars, il y a eu sur 100 obseï'-

vations, 18 calmes, 82 fois le vent. Ceux-ci se répartissent comme suit pour 100 vents observés; nord 1, nord-est 11, est 2.1, sud-est 2, sud 6.5, sud-ouest 11, ouest 20, nord-ouest 4;j. Ce dernier indique sans doute, par sa grande fréquence, la direction du vent local, Heiterluft, mentionné précédemment. Le nombre des calmes paraîtra très faible, ce qui provient du fait que Téchelie anénométrique employée à Arosa n’est pas la même que celle des autres stations suisses. Ces résultats ne sont donc pas exactement comparables à ceux des autres stations d’hiver que nous étudions en ce manuel. Cependant, d une façon générale, il semble que l’air est plus agité à Arosa que dans d’autres stations. .

Les brouillards sont fort rares, 5 à 6 jours par laver ; li n’en existe pas s’élevant du sol sur place ; ceux qui se produisent sont en réalité des nuages qui s engouifrent parfois dans la

vallée depuis Langwies. ■ tr a ^

En résumé, Egger caractérise Arosa comme suit au he vue météorologique en hiver ; l’altitude dépasse celle de toutes les autres stations, la température moyenne est cependant un peu plus élevée. Les variations de la teinpérature ne sont pas trop étendues, les vents (supérieurs) rares, l’insolation est longue, la nébulosité faible. La neige reste plus longtemps sur la terre que dans les stations d’hiver dont 1 altitude est plus faible. Ewart a trouvé l’air d’ Arosa plus excitant que celui de Davos, moins excitant que celui de l’Engadine.

Un grand avantage d’ Arosa en été, c’est la pureté de 1 au et l’absence de poussière, grâce aux sapins et aux prairies qui couvrent le sol. Il n’y a pas non plus d’agglomération humaine importante, les hôtels et maisons étant disséminés dans la contSÏÏ une certaine distance les uns de^^^res. Mais aussi o^^^ ne trouve pas à Arosa les distractions de la vie de .soc été que l’on rencontre ailleurs. Un défaut auquel il sera difhcile de porter remède, c’est le manque de fes courses sur la neige avec des F^quettes me sem^^ nées plutôt aux jeunes gens qui viennent

qu’aux malades. L’avenir amènera sans doute des amélioiations de ce côté là, si Arosa continue à se développer comme station hivernale. Jusqu’à présent, le nombre des hôtes d hivei a

Oe sont celles de Davos en général, time qu’Arosa est excellent, en hiver comme ®

nemlsthénie, certains cas à^insomnie

rations de Sl-Morilz). Arosa recevra en été les convalescents, les personnes faibles ou ayant besoin de repos, et ne craignan nae laïïmOicïé et la solitude. Ceux qui aïinent la yaie monlacne vierge encore du contact de la civilisation ^dternatio nalê. trouveront Arosa de leur goût; vogue ne tardera pas a venir pour ce ‘^hai niant coin ^ semble disposé exprès pour oir en été ^

Davos, qui est à fort peu de distance (lo km. a vol rt oiseau).

Mais le voyage (par Coire) est long pour ceux qui ne peuvent pas traverser le col de Strela ; peut-être une route sera-t-elle faite un jour entre Davos et Langwies. Comme station d’hiver, on recommandera Arosa comme moyen prophylactique aux sujets menacés par la tuberculose, aux jeunes gens aux débuts de la phtisie. Le Dr Egger est lui-même un témoin de l’efücacitédu séjour à Arosa. Il est important de noter, comme pour l’Engadine, que l’altitude de cette station est très considérable, et que son air très excitant pourra ne pas convenir à certains malades nerveux et impressionnables. On trouvera à Arosa une vie plus simple, plus naturelle et meilleur marché que dans les stations très connues. Enlin, relevons encore en terminant, la facilité d’accès d’ Arosa ; quelques heures suffisent pour y arriver depuis Coire.

Bibliographie. — Egger, Corr. Bl. f. Schw. Aerzte, 1885. Reimèr, Deutsch. medic. Woclienschr., 1886. Ewart, Lancet, 1889. Arosa, ein Fülirer, etc. Coire,

CHÜRWALDEN, 1270 m. (T.) Station climatérique. Saison : 1er juin au 30 septembre.

Itinéraire. - Station de Coire\ de lü, en diligence (2 h., 2 fr. 65). .

Churwalden est un village situé dans la vallée de la Rabiosa, torrent qui coule du sud au nord pour se jeter dans la Plessur, non loin de Coire. La route postale de l’Albula, qui s’élève rapidement au sortir de Coire, laissant d’abord les eaux mugir au fond d’une gorge sauvage (voir Passugg), se rapproche plus tard du torrent, à Churwalden. Le village, échelonné le long de la route, a une direction du nord-ouest au sud-est ; il est entouré de vertes prairies. La vallée est formée à l’ouest par une chaîne de montagnes, allant du nord au sud, qui a son point culminant dans le Stœtzerhorn, 2576 m., appelé Rigi des Grisons à cause de sa belle vue. Du côté de l’est, les montagnes atteignent leur maximum de hauteur au sud de Churwalden, au Rothhorn (2985 m.), qui sépare la vallée de celle d’ Arosa. La vallée s’élargit vers le midi, laissant libre passage aux rayons du soleil, mais les montagnes sont assez hautes pour arrêter ou atténuer les vents.

Le climat de Churwalden est doux. D’api’ésSrwgrpe?’, la température de l’été est modérément élevée, sans grandes Iluctuations, sans, froids vifs comme sans chaleurs excessives ; l’humidité est moyenne ; il y a peu de pluie, beaucoup de rosée, peu d’orages. Churwalden a un hiver plus chaud qu’il ne devrait avoir d’après le calcul théorique. Son climat est à peu prés celui de Trogen et d’Engelberg, à 300 et 200 m. plus bas. Voici, d’après Bnigger, les moyennes météorologiques des mois dété (basées sur 10 ans d’observations) :

■Mois

Tempér.

Huiniflité relative

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