L’ENGADINE
r,r,.ti vallée dirigée du sud-ouest au
noid-est, du col du Maloja jusqu’à la frontière austro-suisse à sur ime longueur totale de 81 km. Le Maloja a 811 in. d altitude, Martinsbnick 1037 m. seulement. L’Kngadine se divise en Basse-Engadine, de Martinsbnick à Brail, et en Haule-hngadme, de ce lieu au Maloja. Elle est ]iarcourue
Chlorure de sodium 0.005
Sulfate de (lotasse 0.005
Sulfate de soude 0.025
Sulfate d’ammoniaque . . . 0.0008
Sulfate de magnésie .... 0.295
Sulfate de chaux 1.226
Biearlionate de chaux. . . . 0.452
dans toute sa longueur par l’Iim, et par une route postale qui, se souciant aux routes italiennes à Castasegna, rejoint les routes de l’Autriche à Martinsbrück.
Basse-Engadine
La Basse-Engadine est une vallée resserrée dont le fond est souvent nul; en plusieurs endroits, l’inn mugit entre des parois à pic et la route et les villages en sont bien éloignés, sur la hauteur. La plupart de ces localités, au nombre d’une quinzaine, sont placées sur le liane septentrional de la vallée. La Basse-Engadine est très intéressante pour le touriste par ses ruines pittoresques, ses vieux châteaux, ses villages aux antir ques maisons couvertes d’armoiries. L’inn anime le paysage par ses eaux torrentueuses, d’une couleur bleu blanchâtre. La vallée présente une série de défilés et d’élargissements successifs. Elle a, en général, un coté boisé, celui de l’ombre, et un côté couvert de pâturages, celui du soleil, sur lequel sont bâtis les villages. Le climat de la Basse-Engadine est rigoureux dans sa région supérieure ; en hiver, la température est très basse ; par exemple, les moyennes de janvier à Zey'nelz sont les mêmes que celles de Sils, 140 m. plus haut, dans la Haute-Enga^dine, et que celles du St-Gothard (2093 m.) et clu St-Bernard (2478 m.) ; en revanche, dès le mois d’avril et de mai jusqu en octobre, la température est bien plus élevée (Christ). Les cultures montent très haut dans la Basse-Engadine, les arbres fruitiers s’avancent jusqu’à 8'c/iw^s, 1210 m., les céréales mûrissent encore à 1500 m. C’est une région où il pleut fort peu : Zernetz a 590 millim. d’eau, Remüs et Landecko/0, annuellement. La Basse-Engadine renferme plusieurs stations climatériques et de nombreuses eaux minérales, réunies sur un espace fort restreint à son extrémité nord-est ; Tarasp, Schuls, binesti*&. otc
dn pénètre dans la Basse-Engadine ; 1» depuis Davos, en passant par le col de Flüela et arrivant à Sus; 2« depuis i«ndech, en remontant la vallée de l’Inn; 3» depuis la Haute-EneadiAe, par la route Samaden-Siis ; 4» depuis Meran, par Glurns-Mttnster-col de l’Ofen-Zernetz, ou par Nauders.
Nous décrirons la Basse-Engadine en la remontant depuis son
extrémité septentrionale. ,
Sins (ou Sent en romanche) est un village situé sui teur, au-dessus de l’inn et sur sa rive gauche, a 14:13 m. d altitude et 4 km. au nord-est de Schuls (voiture postale depuis Schuls, 45 min., 1 fr.). C’est sur le territoire de bins que se trouvent les sources de Sinestra, eau fen-uginease nrsemcate acidulé. Ces sources jaillissent dans l’étroit vallon du meme nom, qui se détache de la vallée de l lnn en se ihrigeant du côté dî nord-ouest. Elles sont à peu près a la aue Sins et à plus d’une heure de marche de ce\illage. Gn en compte douze, situées non loin l’une de 1 autre, sur la rive
dîolï^l'un torrent. Kilo» ont res soÛïes
l’abri des ravages des eaux. Comme toutes les auties.soun.es
du pays, elles sortent du schiste noir des Grisons. Elles ne servent, pour le moment, qu’à l’exportation, mais la création d’un établissement balnéaire est à l’étude. Les deux principales sources sont la source:^ Ulrich et la source Conradin ; la première fournit à la minute 20 litres d’eau à 12.2°, la seconde 23 litres à 9.1». L’eau de ces deux fontaines est claire, effervescente, d’un goût agréable; l’eau de la source Conradin est inodore, celle de la source Ulrich a une légère odeur d’hydrogène sulfuré. Analyse de Heinemann, pour un litre d’eau :
Ulrich Conradin
Chlorure de sodium 0.3625 0.6016
Bromure de sodium 0.0020 0.0036
lodure de sodium O.OOOl O.OOOl
Chlorure de lithium O.OOiO n.ooei
Borate de soude 0.0785 0.1094
.\rséniate de soude 0.0017 0.0019
Phosphate de soude 0.0004 0.0005
Silicate de soude 0.0188 0.0245
Bicarbonate de soude 0.1321 0.3140
Bicarbonate d’ammoniaque 0.0103 0.0115
Bicarbonate de chaux 1.4586 1.5057
Bicarbonate de magnésie 0.3123 0.3538
Bicarbonate de fer 0.0309 0.0321
Bicarbonate de manganèse 0.0005 0.0005
.■Uumine 0.0002 0.0002
Stront., bar., rub„ ca;s., mat. org. . . traces traces
Total "T58» 3.2371
Acide carbonique libre, c. c 988.3 1060.1
Ces eaux se font donc remarquer avant tout par la présence de Varséniate de soude en quantité à peu prés égale pour les deux sources, environ 2 milligr. ; en outre, par une grande quantité de fer (30 et 32 milligr.) ; enfin, par la présence du borate de soude (7.8 et 10 centigr.). L’acide carbonique s’y trouve en forte quantité, un litre environ. Il est étrange que l’on n’utilise pas ces eaux pour des bains d’eau gazeuse, pour lesquels elles semblent très qualifiées, aussi bien par leur composition que par leur abondance.
Les indications de l’eau de Sinestra sont celles des eaux ferrugineuses en général : anémie, chloro-anémie; faiblesse nerveuse et musculaire; catarrhe de V estomac et des intestins, des bronches; maladies des femmes. En second lieu, celles de l’arsenic : formes graves ou récidivantes de V anémie, des fièvres paludéennes; cachexie paludéenne ; scrofule; névroses; affections chroniques delapeatt; rhumatisme chronique et goutteux; asthme.
TARASP-SCHÜLS, comprenant 3 stations, savoir : 1» Kurhaus Tarasp, 1185 m. (T.) ; 2o Schuls, 1210-1243 m. (T.) ; 3o Vulpera, 1275 m. (1.). haux bicarbonatées chlorurées sulfatées sadiques et eaux ferrugineuses acidulés. Station climatérique. Saison : 1er juin au 15 septembre.
iTixè.HAiHE. — l».Slation-t,crirdnus de Dnvox; de lé fi Tarasp par le col de w (diligence 4 h. 1/2, 12 fr.85). C’est le ehendn le plus court imur
IP fie Landerk (Tyrol), sur le chemin
«e rcr ne I Aplbcrg, tle I.'i ù larasp-bclmls on remontant la vallée, sans col
il iniverser, en 9 li. de diliKenee U5 fr. ao). De üiiidcck, on peut aller cou- (dicr à IUmI, ee qui eoune agréaldement le iiareours et permet de mieux voir le pays, a» ne \’Ilnlie, a) par l’Engadlne ; une diligence va de Cldavenna à Tarasp en 15 li. environ (27 fr. 25). h) i)ar Mcran, station deeliemin de fer, et de là par Nauders, en diligence ou voiture, en un jour.
Kn arrivant à Tarasp-Scliuls depuis Davos ou la Ilaute-En-
Uintl X<X1 <V. A1*V>***'> *•
minutes plus loin, le gros village de Schuls, à 00 ni. environ plus haut que le Kurhaus Tarasp. Vi.s-à-vis de ce dernier, sur la rive droite de ITnn et à 85 m. au-dessus de cette rivière, se trouve Vulpera, agglomération d’hôtels et de quelques niaisons. Les sources jaillissent les unes (sources Lucius, E mérita, Carola, Bonifacius) sur le territoire de la commune de Tarasp, c’est-à-dire sur la rive droite de l’inn; les autres (sources Uvsus, neue Bade(iuelle, ü t/, Suotsass) sur le territoire de Schuls (rive gauche).
Le Kurhaus Tarasp est situé, nous l’avons vu, entre la route ijostale et l’Inn ; un pont couvert conduit en quelques pas à la buvette, sur l’autre lûvede la rivière ; de là, on monte à Vulpera par une route à voiture ou par de charmants sentiers. La nve gauche, au-dessus du Kurhaus, est en pente rapide et couverte de prairies ou de bois ; du coté droit, les üancs de la vallée, plus raides encore, sont couverts de forêts charinantes, sillonnées de sentiers. Un petit chemin au bord de 1 Inn peiunet de gagner Schuls sans passer par la grande route. Le Kurhaus est constitué par un vaste bâtiment regardant le sud. Dans son aile orientale se trouvent les installations balnéaires, ob cabines avec baignoires de bois ou de métal, dont plusieuis munies d’une douche. Le chauffage de l’eau se tait par la vapeur, qui circule dans un serpentin mobile placé au moment voulu au fond de la baignoire, et constitué par un tube sans ouvertures. Il n’v a donc pas d’échappement de vapeur dans beau, pas d agitation de celle-ci et pas de dégagement inutile d acide carbonique. On perd ainsi seulement 10 à 11 ®/o ^ froide.
11 existe aussi des installations pour les douches. Une excellente chose, qu’on ne saurait trop approuver, c est une iiiaisou d’isolement destinée aux cas de maladies intectieuses qui pourraient se présenter; elle est située à 1.5 km. en amont du Kmhaus. C’est une mesure de précaution que Ion aimerait poiuoir constater dans toutes les stations importantes de la buisse.
La buvette, (jue l’on gagne par le pont trouve sur un large quai au borddellnn. idleaUWm d. lommeur et ^ u’.,.. n.-finmooir ferme, borde de ma-
-- se compose d’un promenoir fermé, ,
gasTns, aboutissant par quelques degrés à une rotond<; fissent les deux sources de Lucius et d Lmerita, 1 une a cote de
^ rn-.-i. -1.^ sources^
réchaulîer
l’autre, dans dos bassins en marbre, lout l»’'” .
des récipients renq)lis d’eau chaude permettent de kUm l’eau minérale en y plongeant le verre. ^ ^ ,,,4,.,,
Le Kurhaus Tai-asp est très encaisse, il n a pas d autn
vue.
— S'il —
au nord et au sud, que celle des lianes des montagnes, et l’Inn ayant un cours sinueux en cet endroit, la vue ne s’étend guère non plus à l’est et à l’ouest. En revanche, il est à proximité immédiate des .sources, des forêts; il est plus à l’abri du vent, et le voisinage <le l’Inn entretient un courant d'air frais très apprécié par les fortes chaleurs de l’été ; un fort beau jardin s’étend entre le Kurhans et l’Inn.
’ifulpera, au sud du Kurhaus et sur l’autre rive de l'inn, sur la hauteur, est une agglomération charmante de quelques hôtels, sur un petit plateau couvert de prairies, à deux pas des forêts; on y a une belle vue. On distingue Inner-Vulpera et Auaser-V ùlpera ; le premier possède une petite chapelle catholique. Yulpera est placé sur le tlanc sud de la vallée, exposé au nord ; les forêts descendent 23lns bas, il y a moins de cultures que de l’autre côté. Nombreuses excursions et promenades. On arrive à Yulpera en 10 minutes depuis la buvette de Tarasp ; c’est donc une distance qui permet de descendre facilement chaque jour jîour boire l’eau minérale. Yulpera est un séjour plus simple que le Kurhaus.
Schuls s’étage sur le liane nord de la vallée, à une i^etite demi-heure à pied du Kurhaus Tarasp. Le village est divisé en deux ; en haut de la pente, Oberschuls, avec les hôtels et la grande l’oute; en bas, près de l’inn, Unterschuls, avec une église pittoresquement assise sur un rocher. Les sources d’eau minérales jaillissent, l’une (Wy) à 10 minutes au-dessus d’Oberschuls, l’autre (Suotsass) au nord-est du village, sur la route qui mène à Sins. A Oberschuls se trouve l’établissement d»^ bains, qui contient 18 baignoires et 2 douches. Le chauffage de l’eau a lieu à la vapeur, comme à Tarasp. Schuls a une position ouverte, beaucoup d’air et de soleil, de la vue sur la vallée et sur les belles montagnes du côté du sud ; les villages de Pradella, de Yulpera avec le plateau de Tarasp, les forêts, le cours de l’inn. les hautes cimes telles que le Piz Sl-Jon, le Piz Pizog, tout cela forme un ensemble des plus remarquables. Il ne manque à Schuls que des ombrages; bâti sur des pentes bien ensoleillées et cultivées, entouré de prairies, le village ne possède pas de forêt à proximité et même pas beaucoup d’arbres. Pour compenser la distance qui sépare Schuls des sources de Taras]), il existe des omnibus i(ui chaque matin transportent les malades de Schuls à la buvette du Kurhaus (20 et 10 c.).
Ces trois localités ; Schuls, Yulpera et Tarasp, ont, comme on le voit, une topographie et une ex])Osition très variées ; surtout Schuls et \ ulpera, bien (ju’à la même hauteur, différent beaucoup entre cu.x et ne sont pas destinés aux mômes malades. Il y a là, pour les médecins de ces stations, des ressources thérapeutiques fort précieuses.
La première mention écrite des sources de Tarasp date de 1561. C’est à cette époque que le célèbre naturaliste zuricois Gessner lit une cure à Schuls pour une sciatique rebelle ; on peut en conclure que la renommée des sources était déjà grande.
— :Jtô —
Depuis lors, les eaux salées ou acidulés de Schuls-Tarasp sont citées à plusieurs reprises par les savants des siècles passés. En 1841, premières installations de captage des sources salines de Tarasp et premiers hôtels établis à Vulpera. Vers 1850, le chiffre des malades s’élève à 600 par saison. Vers 1860, construction du Kurhaus, en 1876, de la buvette de Tarasp, en 1879, de l’établissement de Bains de Schuls.
Malgré les longueurs d’un trajet de plusieurs heures en diligence, le nombre des malades qui se dirigent vers Tarasp- Schuls va sans cesse en augmentant. De 1871 à 1885, on en a compté environ 14000. Ce sont pour la plupart des Allemands (40 o/o), des Suisses (31) et des Autrichiens (11); les Anglais représentent 7, et les Français, Italiens et Espagnols ensemble 5 o/o. L’ouverture du railway Landquart-Davos augmentera sans doute le nombre des clients de Tarasp. 11 est vivement à désirer que le railway pénètre bientôt dans la Basse-Engadine, et qu’un plus grand nombre de malades puissent arriver jusque dans ces régions; on y trouve, en effet, une combinaison^ heureuse, unique peut-être, d’un climat de montagne et d’eaux alcalines et purgatives efücaces.
Climat. Le climat de Tarasp-Schuls a des qualités toniques qui expliquent pour une bonne part l’action favorable de cette station sur un grand nombre de malades. Pernisch place l action du climat avant celle des sources même. Le climat de Tarasp-Schuls, dit-il, constitue un caractère de premier ordre, qui différencie profondément cette station d’avec toutes les eaux alcalines de l’Europe. Le climat subalpin doit être porté en ligne de compte quand il s’agit de diriger un malade vers Tarasp ou vers une autre station analogue. L’altitude de cette station la classe dans la seconde zone, région subalpine. Le baromètre y indique en moyenne 660. La température moyenne est, pour une altitude égale, plus haute dans cette région que dans la Haute-Engadine. Preuve en soient les cultures qui arrivent jusqu’à 1600 m. sur le flanc nord de la vallée ; les fruits mûrissent à Schuls, l’orge à Scarl, à 1813 m. (à quelques kilomètres au sud de Schuls), tandis que Silvaplana, à la même altitude, dans la Haute-Engadine, n’a que des prairies. Gua,rda, dans la Basse-Engadine, a une moyenne annuelle de 4.06o, et Scmifs, dans la Haute-Engadine, de 1.700, et tous deux sont a 16o0 m. d’altitude. Pour les 4 mois d’été, ces chiffres sont 12.03 et 10.6. On voit que la différence est considérable. IHle est due, d’après Killias, d’une part au grand dévelopi>ement de la chaîne des montagnes du côté du nord, (|ui protège la vallée contre les vents froids; 2« au vent du sud-est, qui souffle souvent sur la région et la réchauffe ; 3» au fait que les glaciers sont éloignés de la vallée principale et que l’air, refroidi à leur contact, ne peut pas couler facilement et directement
dans la vallée. ,
Voici les températures moyennes du Kurhaus larasp (onservations de Killias, 1864 à 1886) et de Schuls (4 années) :
Mois Tarasp Scliuls
Juin
Juillet IS'J Ifil
Août U.i !4-'J
Septembre 12.0 10.6
Les niinima et maxiina moyens ont été pour Tarasp, pendant les mois ci-dessus, 6.0 et 26.8, pour Schuls 1.9 et 27.3. Il y a donc des variations assez considérables. L’étendue des yariations iournaliéres du thermomètre est à Tarasp, d’après Killias, de 8 à 9°. Voici VhumidUé moyenne de Schuls, pour ces \ mois d’été :
7 11. 1 h. 9 11. Moy. -Mm.
Elle est donc très faible au milieu du jour, et faible encore le soir. La pluie est peu abondante, comme nous l’avons déjà vu. Hennis, à quelques kilomètres au nord de d’arasp-Schuls, n’a que 570 millim. d’eau par an. Pour Yèlal de V atmosphère, Q années d’observation à Schuls ont donné les moyennes suivantes ;
Jours
Mois avec pluie" clairs couverts
Juin 8.8 S.e 7.6
Juillet 7.6 8.2 4.2
Août 8.8 8.8 4.8
Septembre ... 9.6 6.4 8.6
Les vents sont faibles; les vents du nord et nord-ouest rares, étant brisés par la chaîne du Silvretta. Par le beau temps, on note un léger vent de la vallée venant du sud-est, mais la forme sinueuse de la vallée l’empêche de prendre de la force. Les vents de l’ouest et du sud-ouest soufflent souvent. Le calme est fréquent, spécialement le soir. Ces détails concernent Schuls, et les différences de topographie qui existent entre ce village et Tarasp feront comprendre que chacun de ces endroits a une anémologie spéciale. Le Kurhaus Tarasp a le plus de protection contre les vents, vu sa position basse et encaissée.
Tarasp-Schuls se distingue en résumé de la plaine par un climat de montagne, un sol facilement sec, la proximité des forêts, le peu de fréquenc.e des vents, la sécheresse de l’air. 11 se distingue aussi de la très haute montagne par un climat plus doux, moins variable, par la proximité des forêts, la protection contre les vents. « C’est un climat alpestre, dit Killias, avec tous ses éléments toniques, mais adouci; on n’y voit qu’exceptionnellement de très fortes variations de la température, des gelées ou des chutes de neige en été, autant d’accidents fâcheux pour des sujets délicats ou affaiblis. 11 est bon de noter que son air doux, pas trop sec, convient aux convalescents, aux anémiques et aii.x .sujets très nerveux, qui ne supportent pas toujours le climat très excitant des grandes altitudes. » 11 y a aussi une graduation de température qu’il sera facile d’utiliser suivant les années, l’éprajiie de la saison, etc., entre Schuls, le plus chaud, et Vulpera, le plus frais des trois endroits. (Vulpera a une température inférieure en moyenne de 0.5 à à celle du Kurhaus 'l’arasp).
Eaux minérales. Il existe un «nmd nomiu-e d’eaux luinéi-ales dans cette région; on utilise 4 sources sulfatées et alcalines, Lucius, Emerila, Ursus et noue Baclequelle, et k ferrugineuses acidulés, Bonifacius, Carola, Wy, Suotsass. Leur situation est la suivante ; 20 minutes en amont du Kurhaus Tarasp, et sur la rive droite de l’Inn, se trouve la source Bonifacius. Près du Kurhaus, sur la rive droite, sources Lucius et Emerila, dans la buvette, et Carola, vis-à-vis de celle-ci; sur la rive gauche, sources Ursus et neue Badeqicelle (ces trois dernières servent uniquement aux bains). A Schuls, jaillissent les sources Wy, à 10 minutes au nord-ouest, et Suotsass, à V4 heure au nord-est du village. Toutes ces sources sortent de hi roche appelée schiste noir des Grisons, qui est parsemée de poches remplies de quartz, de gypse. On voit aussi dans les environs de Tarasp des surfaces rocheuses à l’air libre couvertes d’efflorescences de sels magnésiens, ferrugineux, etc.
I. Sources salines. Elles sont froides ; voici leur température et leur débit ; Lucius, 6./0, 871 cent, cubes à la minute; Emerita, 6.70, 1180 cent, cubes; Ursus, 9.3°, 1 litre; Badequelle, 9.7“, 8 à 10 litres. La source Lucius, type de ces eaux, est donc très froide; son eau est sans cesse en mouvement par suite de l’échappement des gaz ; elle a un goût agréable et piquant qui déguise absolument celui de ses sels. I^a source Emerita, qui jaillit tout prés, est plus abondante, mais moins gazeuse. Analyse de ces eaux par de Planta et Huseniann, pour un litre ;
Chlorure de sodium
Chlorure de lithium
Bromure de sodium
lodure de sodium
Borate de soude
Nitrate de soude
Bicarbonate de soude ....
Bicarbonate d’ammoniaque .
Bicarbonate de chaux ....
Bicarbonate de stroutiane . .
Bicarbonate de magnésie • .
Bicarbonate d’oxyde de fer. .
Bicarbonate de manganèse .
Siiice
Acide phosphori(iuc
Alumine
Bar., rubid., ca^s., thaï., mat.
organiques
Total
Acide carboni(iuc libre, c. c. 40(50.02
La .source Emerila ne se distingue de la source laicius que par sa moins grande richesse en acide Ciirbonique, 5'i2 cent.
cubes. . .
En l'ésumé, la source Lucius contient une notable quantité de chlorure de sodium (plus de 3.5 gr.), de sulfate de soude (2 gr.), de bicarbonate de S(mde (o gr. environ), de bica rbonates de chaux (près de 2.5 gr.), de maynésie (près d’un gr.). En
bucius
Ursus
Neue Badequelle
traces
traces
traces
outre, plus d'im litre d’rtcj'de c<7r6on«çwe libre. La minéralisation totale est plus considérable que celle des eaux analogues les plus connues :
Sources
Total
(les
solides
Acide
carb.
libre
Sulfate
de
soude
Bicarl).
de
soude
Clilor.
de
sodium
Tar.isp (source Lucius)
Garlsbart (Sprudel)
Marienbart (source Kerdiuanfl) . .
Vicliy (Ci'ande Grille)
Kissiiigen (Uakoczy)
La source Lucius est donc sance pour le bicarbonate de
un
SOUf
Jarlsl ,e et ;
lad au e chloi
jmen ure d
é en e . sod
puisium ;
elle lui est de bien peu inférieure pour le sulfate de soude. Malheureusement, c’est un Caiisbad froid. On boit l’eau le matin seulement, à la dose de 3 à 4, plus rarement de 5 à 6 verrées de 180 gr., espacées de 10 à 20 min. et séparées par la promenade classique. L’eau semble-t-elle trop froide, on la réchaulTe au moyen des appareils déjà mentionnés, ou bien on la coupe de lait chaud. 11 va sans dire qu’une partie de l’acide cai’bouique disparaît par l’élévation de la température (voir ci-dessus combien (Jarlsbad, très chaud, a peu d’acide carbonique). La plupart des baigneurs réchaulTent leur eau ; chez les uns, en effet, le froid de l’eau semble affaiblir la faculté de résor[)tion, chez les autres, il se produit avec l’eau trop froide une sensation de constriction autour de la tête, ou même de vertige, due sans doute à un réflexe vasomoteur partant de l’estomac, plutôt qu’à la soi-disant « ivresse d’acide carbonique ». Peu de temps après l’ingestion de l’eau, ou a sans douleur une ou deux selles demi-liquides ; l’effet purgatif s’arrête là pour le reste de la journée, tandis que l’action diurétique se prolonge plus longtemps. Ceci se rapporte aux doses moyennes, 3à5 verrées; avec 1 à 2 verrées, on a de la constipation au début. Avec G à 8 verrées, on obtient un effet purgatif plus intense, et à la longue il se produit de l’amaigrissement, phénomène (pie l’on recherche .spécialement dans la cure de l’obésité, quand il s’agit d’obèses pléthoriques et robustes. Chez les obèses anérniques, comme chez les anémiques en général et chez les débilités, on ne dépasse guère 3 verres ; de plus fortes doses amènent chez ces malades la faiblesse et l’anorexie. La durée de la cure est de 2'i à25jours environ. Elleexige, outre l’ingestion de l’eau, un régime spécial, l’interdiction de certains aliments. A Tarasp, contrairement aux stations analogues de l’Autriche, on a conservé a tort le sj'stéme de la table d’hôte, qui n’est pas toujours ce qu U faut aux divers malades assis ensemble et ayant chacun des indications spéciales à suivre. Le régime ayant souvent autant d importance que l’absorption d’une eau, quelque excellente rpi elle soit, il est à désirer que le système de manger (l apres une carte soigneusement composée se développe et s implante de plus eu plus à 'l’arasp.
L’eau de Tarasp, dit Killias, a d’une part une action purgative qui délaie les masses muqueuses ou fécales accumulées dans le tube intestinal, et les expulse ; en outre, elle neutralise l’excès d’acide, excite la sécrétion de la muqueuse gastrique et intestinale et celle des glandes hépatiques et pancréati- (lue; elle peut amener la résorption de produits pathologiques. Il se fait une augmentation parallèle de la diurèse; l’urine devient alcaline pendant quelques heures après l’ingestion de l’eau minérale. 13’autre part, l’eau a une action altérante, elle agit sur les échanges organiques et les processus de régénération du corps; mais, dans ce domaine, l’intluence des facteurs climatériques a une importance qui n’échappera à personne.
Indications (d’après Killias). Ce sont avant tout les affections des voies digestives et deZewrsanneaies, dans leurs variétés les plus diverses; on voit autour du bassin de la source Lucius aussi bien le bon vivant pléthorique, àlaface ronge et à l’air jovial, que le théologien à lamine ascétique et austère, l’ictérique bouffi, à la figure jaunâtre, ou la jeune femme prématurément affligée d’un nez rouge. Catarrhe chro7iique de l’estomac, avec ses suites, dyspepsie, acidité, flatulence ; les eaux de Tarasp ont la réputation d’être très utiles dans cette dernière complication. Vo7nissements matinaux, pituite. Dans la cardialgie, l’eau, même chauffée, ne convient pas toujours. Ulcère de l’eslomac ; régime sévère, eau chauffée pour en chasser 1 acide carbonique; c’est une indication à recevoir sous bénéfice d’inventaire. Catarrhe chronique de l’ intestin. La diarrhée chronique est améliorée par de petites doses d’eau chauffée; au besoin, on prendra l’eau de Bonifacius (voir jilus loin). Le typa le plus fréquent à ’i’arasp, c est au contraire le catairhe chronique avec constipation habituelle, héinorroides, stase veineuse abdominale , état si souvent allie a 1 obésité. Dans ces cas, l’eau de Tarasp est efficace et ses effets sont durables. Affectio7is du foie, hyperémie, ictère catarrhal, foie gras; cholélithiase (résultats souvent bons); premiers stades de la cirrhose. Tuméfaction chronique de la l'ate, suite d affections paludéennes, cachexie paludéenne. Sans doute, le climat agit en pareil cas autant que les eaux. Calculs rénaux, en particulier ceux d’acide urique. Cystite chronique. Latairhe chronique des muqueuses laryngienne, bronchique (tels qu’on les voit chez des sujets corpulents, avec faible action cardiaque). Parmi les affections cardiaques, la principale est le cœur gras, souvent joint à une obésité generale, ] dus ou moins prononcée; les résultats sont favorables s’il s agit d un dépôt o-raisseux sur le cœur et non d’une- dégénérescence du musclet Chaque année le nombre des cas dece genre auginente. On pt^ut ioindrB à Ift. cur6 saline les bains d eau chaigee <1 aeide carbonique et l’exercice méthodique sur les peu tes voisines. Parmi les affections du sexe féminin, notons les troubles de la ménopause, qui sont si souvent sous la dépendance <1 un défaut de circulation dans l’abdomen. On soigne aussi a la-
rasp un certain nombre de névralgies, celles qui dépendent de la stase abtlominale, des troubles digestifs on de la diathèse goutteuse. Dans la névralgie pure, ces eaux, sont en revanche contre-indiquées.
1/obésité est, on le voit, une des raisons qui amènent nombre de malades à Tarasp; avec un régime raisonnable, on obtient de bons résultats qui maintiendront sans doute le traitement par ces eaux purgatives en face du traitement moderne parle régime seul. Dans la goulle chronique, l’eau de Tarasp agit en neutralisant les acides, en régularisant les fonctions abdominales, en augmentant la diurèse. Les résultats sont moins bons dans le rhumatisme chronique. Les diabétiques ont pris depuis quelques années le chemin de Tarasp; ce sont les diabétiques goutteux, corpulents, pléthoriques, tandis que ces eaux sont interdites à ceux dont la nutrition laisse à désirer, qui ont de l'autophagie. Une très ancienne indication de Tara.sp, c’est la scrofule, spécialement les indui’ations glandulaires si fréquentes dans cette maladie; ici, sans doute, l’altitude agit autant que l’eau.
Killias a donné une statistique de 4892 cas observés de 1864 à 1885 ; nous y voyons, sur 100 malades, environ 49 atteints d’alTections du tube digestif, 8 du foie et de la rate, 9 d’obésité, 10 d’anémie et de chlorose, 9 de faiblesse nerveuse et névroses.
Contre-indications. A^ections cardiaques avec artériosclérose considérable et tendance à l’apoplexie; bronchites chroniques avec bronchiectasie ou emphysème très considérable ; disposition aux récidives du rhumatisme articulaire aigu ; épilepsie, névralgie.
II. Eaux ferrugineuses acidulés. Les sources sont au nombre de 4 ; Bonifacius, Carola, ^ y et Suotsass. Leur position topographique nous est déjà connue; voici leur température et leur débit à la minute : Bonifacius 7.5<>, quantité indéterminée; Carola 6.5 à 7.o<>, :10 litres ; Wy 8.7'o, 11 litres ; Suotsass 9.3o, 6-7 litres. Analyse (de Planta et Husemannj, pour un litre :
Chlorure de sodium
Sulfate de potasse
Sulfate de soude
Sulfate de chaux
Sulfate de magnésie
Bicarhoriate de chaux
Bicarbonate de magnésie . . . .
Bicarbonate de soude
Bicarbonate de fer
Bicarbonate de manganèse. . . .
.Silice
-\clde i)hosphori<iue
Alumine
Manganèse, mat. organ
Total . TT
Aride carbonique libre, c. c.
ionifaeiu
s Carola
Wy
Suotsass
O.Olâl
traces
traces
.5.UW I.o.'iâl 1.9908 1.6967
La source Bunifacius se fait donc remarquer par une très forte quantité de sel de fer (■'i5 uigr., d’autres analyses en indiquent seulement 2'i), par 1.5 gr. de bicarbonnle de sonde, et 2.75 gr. de bicarbonate de chaux. On la boit à la buvette de Tarasp où on l’apporte régulièrement. La source Caroln, qui jaillit tout près du Kurhaus, est en revanche faiblement minéralisée, mais sa teneur eu acide carbonique la rend excellente pour les bains.
Des deux sources de Schuls, M'y a plus de 116 mgr. de sel de fer et plus d’un litre à! acide carbonique, tandis que Suolsass a moins de fer (17 mgr.) et plus de gaz encore. La pi’emière, captée avec soin, alimente l’établissement de bains de Scliuls. On la boit aussi. Suolsass, malgré sa richesse en acide carbonique, coule à l’air libre et sert d’eau de table dans le pays ; elle est d'une fraîcheur et d’un goût délicieux, et, en la buvant à son origine, on a le plaisir de contempler le magnihque panomma de la contrée de Schnls.
Ces eaux se prennent à la dose de 8 à 5 verrées. Bonifacius, vu sa teneur en soude et en chaux, a des qualités spéciales qui la font recommander contre la dyspepsie, le catandie chronique de l’eslomac, V albuminurie. On voit quelles heureu.ses combinaisons les médecins de cette station peuvent faire entre ces eaux ferrugineuses et les eaux sulfatées salines.
Enumérons les principales indications de ces sources ferrugineuses : anémie, chlorose ; anomaîies de la menslrnalion, leucorrhée', neii'vosisme', impuissance, spermalom'hée dyspepsie, catarrhe chronique de l’estomac et des bronches, du larynx; albuminurie chronique. Contre-indications: grossesse, disposition aux congestions cérébrales, a.u:c épisla.rÀs.
Bains. Comme nous l’avons vu, on donne à Tarasp des bains alcalins ou d’eau gazeuse (acide carbonii[ue); à Schuls. d’eau gazeuse seulement. Les bains alcalins de Tarasp sont alimentés par la source Ui’sus, par la ueue Badequelle et par le trop plein de Lucius et d’Emerita. On les prend de température et de durée ordinaire (30-a5o). D’après ce que l’on sait de l’absorption dans le bain en général, il ne faut pas demander à ces bains une autre intluence que celle d’un bain d’eau salée. On les prescrit dans, les névralgies, Yen rhumatismes, la goutte, les ulcérés variqueux, etc.
Les bains d’eau chargée d'acide carbonique, improprement appelés ferrugineux, puisque le fer ne joue aucun rule dans leur action, constituent une méthode de balnéation bien plus importante et qui doit nous arrêter plus longtenq)S. 11 sont alimentés, comme nous l’avons vu, au Kurhaus Tarasp par la source Carola, et à- Schuls par la source Wy. Ils sont tlonnés a une température plus basse que les autres, entre W»,
mais aussi sont-ils plus courts, de quelques minutes à 20 au plus ; l’eau est remplie de gaz acide carbonuiue (jui dégage en bulles nombreuses lY chaque mouvement et vient tormer lY la surface de l’eau une couche plus dense ipie 1 air. four
prévenirson inhalation par le baigneur, la baignoire est, dans certains Bains, recouverte d’un drap ou d’un couvercle laissant passer la tête. La température paraît basse au début; bientôt, cette sensation est remplacée par une chaleur agréable, puis par une sensation de brûlure qui se produit en même temps que la rougeur de la peau. Celle-ci est couverte d’un nombre inlini de petites bulles de gaz, dont chacune pique le tégument (spécialement celui de la région génitale, scrotum, etc.) Ce manteau gazeux a pour conséquence que l’eau du bain a jDeu d’action sur le corps, qu’elle touche à peine; en outre, il constitue un revêtement protecteur contre la déperdition de chaleur dans l’eau froide du bain. On peut varier suivant les cas la teneur en acide carbonique, soit en diluant l’eau minérale avec de l’eau ordinaire, soit en l’agitant avant le bain. La sensation de chaleur persiste un certain temps après le bain ; en même temps, le malade perçoit un sentiment de bien-être phy.sique et moral; il semble que le corps est plus apte au travail. Les expériences de Flechsig ont établi que ces bains augmentent la résorption de la nourriture ingérée, la transpiration et la per.spiration cutanée, la production de l’acide carbonique et l’expulsion de ce gaz, la quantité d’acide urique, sulfurique, phosphorique, excrétés par l’urine. Tous ces phénomènes indiquent une suractivité des échanges nutritifs dans les tissus. Veraguth résume comme suit les effets des bains d’eau chargée d’acide carbonique ; 1» Excitation du système nerveux, ])artant des extrémités nerveuses contenues dans la peau. 2» La température basse du bain enlève beaucoup de chaleur au corps, et il s’en suit plus tard une plus vive production de chaleui’, avec augmentation des échanges nutritifs, dans les tissus. 3° La peau en rougissant se remplit de sang, et il se produit .ainsi un dégorgement des organes internes au bénéfice de la surface. Schotl considère que, tandis que le sel qui imbibe la peau (dans les bains chlorui'és sodiques) y reste et irrite les terminaisons nerveuses pendant longtemps, l’acide carbonique (|ui a pénétré dans le tégument, le quitte plus rapidement; 1 excitation est donc moins jicrsistante dans ce dernier cas, ce (|ui peut avoir souvent de grands avantages. 11 faut d’ailleurs noter que certains malades nerveux et excitables ne supportent pas ces bains; ils perdent le sommeil, l’appétit, ont de la céphalalgie, etc. Une autre contre-indication, d’après Killias, c prurigo. D’après Scholz,\ÿi scrofule, la tuberculose, Va syphilis et la proscrivent, (juan(l elles ont un caractère
<1 erétliisrne, les bains d’eau gazeuse.
Les principales indications de ce genre de bains sont la faiblesse, la faiblesse nerveuse, la faiblesse nerveuse irritable, certaines névrosés fonctionnelles ou paralysies périphériques,
\ aneaue, la scrofule torpide. Leur action est excellente dans la.nemie de la peau, ch«'z ces sujets anémiques en général, mais parfois an sang normal, qui ont um> circulation lentiq une ])eau tilanche, pi’odnisent peu de chaleur et sont s('nsibles
aux variations de la température. Une catégorie fort importante de malades auxquels les bains d’eau chargée d’acide carbonique peuvent être utiles, ce sont les cardiaques. Il faut en pareil cas procéder avec prudence et bien doser la durée et la température des bains. Voici, d’après Schois, les principales alfections cardiaques qui sont appelées à profiter de cette balnéation : Kii pi’emier lieu, les cardiaques qui souffrent de troubles de l’inney'vation du cœur ou de faiblesse du cœur : palpitations nerveuses provenant de faiblesse générale, d’anémie, de neurasthénie, états de faiblesse cardiaque réflexes (hystérie) ou produits par intoxication (nicotine); angine de poitrine; maladie de Basedow. En second lieu, affections cardiaques avec de plus sérieuses modifications organiques, dilatations passives par dégénérescence musculaire. Enfin, les hypertrophies actives et les affections des valvules cardiaques viennent en dernière ligne. Il s’agit surtout dans ce dernier cas de rupture de la compensation due à l’excitabilité ou la faiblesse du cœur (quand il y a atrophie ou dégénérescence graisseuse de ce muscle), et des cas où l’hypertrophie compensatrice qui doit avoir lieu, ne s’est pas développée comme il faut, à la suite d’anémie ou de débilité générale. Les bains d’eau gazeuse sont utiles aux cardiaques, dans ces circonstances, en leur qualité d’agent tonique. L excitation partant de la peau ralentit et renforce les battements du cœur ; la dilatation vasculaire de la périphérie prévient l’augmentation de la pression sanguine dans les gros vaisseaux. L’état du muscle cardiaque s’améliore, et ce fait se traduit par des contractions plus énergiques. L’addition de chlorure de sodium à l’eau gazeuse pourra augmenter encore au besoin ses qualités
toniques.
Arrivés au terme de notre étude sur Tarasp-Schuls, nous dirons en résumé que cette station a de nombreuses ressources ; eaux alcalines et purgatives, eaux ferrugineuses acidulés, climat de montagne, terrain accidenté permettant d’y suivre la méthode d’Oertel. Elle peut aussi servir de station intermédiaire entre la plaine et la haute montagne. Assurément Tarasp-Schuls n’est pas encore aussi fréquenté qu’il le devrait, vu la composition et la variété de ses eaux. Les cominunications sont encore trop difficiles, quelques heures de diligence effraient plus qu’une journée en chemin de fer. Aussi liAtonsnous de nos vœux le jour où cette région sera reliée par un
chemin de fer au grand réseau de la Suisse.
UiBUoenAPHiE.- Killias, Tarasp, 1886. Pernisch, Kurort T. 1887. i>cUolt. Berl. Klin. Wocliens. 1880. 1884. Neurastli. u. Hcrzkrankli. 1890.
La contrée de Tarasp-Scliuls contient un grand nombre d autres sources
iVhydrogènc snlfaré. ^ ,
Fettan, ou Vetan, 1617 m. (1 .). Station d altitude.
iTisFiiviRE — Diligence de Davos ou de Landcck jusqu’à de là, voi-
ture (’l h.' 1 2); ou jusqu’à Ardetz, et de là, voiture postale (1 h., 95 c.).
Fettan est un gros village situé à peu près à mi-chemin entre Ardet: et Schiils, à l’ouest du Kurhaus Tarasp, et à 462 m. au-dessus de cet établissement. 11 est placé sur une terrasse gazonuée. sur le tlanc sud du Piz Minschttn (8071 m.). Les prairies se prolongent plus ou moins régulièrement du côté de l’est jusqu’au village de Schuls ; à l’ouest, la montagne est couverte de forêts et se creuse profondément vers le nord, pour former le val Tasna; au sucl, les pentes rapides du terrain, coupées de rochers abrupts, descendent jusqu’à l’Inn. Une bonne route relie Fettan soit avec Schuls, soit avec Ardetz en traversant le pittoresque val Tasna. La vue est fort belle depuis Fettan; elle s’étend sur une .série de pics qui se dressent au sud de Tarasp; au premier plan, on voit Tarasp-village (ou Fontana, à proprement parler) et son château, Vulpera, etc. Ce i)anorama compte parmi les plus beaux de la Basse-Engadine. Tout autour du village, on peut faire de charmantes promenades et excursions; à l’est et à l’ouest se trouvent des chemins à peu prés horizontaux. Fettan possède, outre une eau potable excellente, plusieurs sources d’eau minérale inutilisées. Dix années d’observations faites par le pasteur Aporta ont bien fait connaître le climat de Fettan. Température moyenne ; juin 10.6, juillet 12.5, août 12.0, septembre 9.8. La température absolue a des extrêmes assez éloignés; on a noté en juin 0.0 et 25.0, en juillet 2.5 et 26.0, en août 0.0 et 26.9, en septembre — 8.1 et 23.7. On peut d’ailleurs le prédire àpriorf, vu la forte altitude de ce lieu. Ce qui nous paraît plus intéressant, ce sont les forts maxima de juin, août et septembre. Les vents régnants sont surtout ceux de l’ouest et du nord-ouest. Le fœhn n’a pas ici la force caractéristique ([u’il offre dans les vallées du nord ou du centre des Grisons. La pluie, comme nous l’avons dit à propos de Tarasp, est réduite à un minimum dans cette région ; il y a par an à Fettan 111 jours avec chute d'eau ; elle tombe surtout pendant les mois d’été. Pendant les 4 mois de juin à septembre, on compte pour lüü jours, 15 tout à fait claii’s, 72 demi-couverts, 18 tout à fait couverts. Fettan a un climat plus chaud que certaines localités placées à la même altitude, dans d’autres régions de l’Engadine, Scanfs, par exemple, dans la Haute-Engadine. Il a même une température moyenne plus élevée que Davos, qui est pourtant à prés de 100 m. plus bas. Cette élévation de la moyenne est due aux mois d’été, (lui sont plus chauds qu’ailleurs; elle permet de cultiver encore le seigle à cette altitude considérable. L’hiver paraît avoir un grand nombre de jours clairs, pas de brouillards (4 jours par hiver, d’octobre en mars); la neige couvre le sol de novembre en mars on avril. Ces conditions climatériques .sont CfU’tainement très favoi’ables. Killias conseille le séjour de Fettan en hiver; la température du milieu du jour y est en moyenne ; octobre 9.6, novembre 2.4, décembre. — 1.8, janvier
— 1.9, février 0.8, murs 2.8, avril 8.0. Kettun est situé dans la zone d’immunité phtisique. Placé prés de /l'arasp (d de SchuLs, ce village est leur slalion de haute tnonlagne.
Bibliographie. — KilUwt, Vetaii. 187.").
Guarda, Ui.TO m. (T.). Village situé sur les pentes de la inonlagne, à i/i 11. (le marche au nord de Giarsan (hameau sur la route |)Ostalc Sils-Schuls, cotre Lavin et Ardetz). Séjour d'élê agréable, hclle vue. Nous avons vu a propos de Tarasp que sa température moyenne dépasse de plus de 2» celle de Scnnfs, dans la Haute-Engadine, à la mi'me altitude.
Lavin, 1439 m. (T.) et SiU, 1429 m. (T.), sur la route postale de la Bassc- Engadine, peuvent être utilisés comme séjour d’été. Le pays est beau, il y a de nomhrcu.x Imts de promenade dans des environs iioisés et pittoresijucs. Sus est au débouché de la route venant de Davos par le col de Fblela et i‘ccoit par cette ouverture le vent du nord-ouest et de l’ouest. Depuis ce village, on compte jusiiu’à Lavin 4 km., Giarsun 7, Ardetz 11/I'arasp 18, Scbuls 20. Toutes ces localités sont desservies par des diligences (deux courses : Davos-Scbuls et Samaden-Schuls). Du côté du sud. on compte fi km. de Sils à Zernelz (1497 m. ï.), par le sauvage délilé de la Glus. (,e beau village, récemment reconstruit, dans une lai^c plaine, au pied de hautes montagnes boisées, est le dernier de la Basse-Erigadine. Il est situé au point où l’inn reçoit un ainueiit de droite, le Spœl, et où la route venant de .Munster, par le col de TOfen, se soude à celle de TEngadine. Stntion intermédiaire entre la demi-montagne et les altitudes de TEngadine.
Haute-Engadine
Itinéraires. — La station de chemin de fer la plus voisine du cMé du nord est Coire \ de là, on gagne TEngadine par 2 voies principales, celle du col de l’Albula et celle du col du Juher. Les courses de diligence sont les suivantes: l» Coire-Cburvvalden-Bergiln-AIhula-Ponte, en il b. 1 2(16 Ir. 70). 2“ Coire-Thusis-ïiefenkasten-Julier-Silvaplana, en 12 b. 1/2 (19 fr. 70). 3» Ckiire- Gburwalden-Tiefenkasten-Julier-Silvaplana en 11 b. 1/4(17 fr. 80). Tne route traverse la Haute-Engadine dans toute sa longueur et relie les villages les uns aux autres: de Ponte on compte en diligence jusqu’à Samaden 4.ï min., Ponlresina 1 b. 3/4, Sl-.Morilz-oillaye, 1 b. 40 m. Süvaplana, 2 b. 1.1 m.: deSiiraplana à Sl-Morilz-cillnije, on compte 30 min., de diligence, a Samaden 1 b. i/2, à Sils 1/2 b., au Kurliaus Mnloja 1 li. 03 m.
U’A ulriche, on peut arriver en Engadine en s’arrêtant à la station dcLnndeck (Chemin de fer de TArlberg), et en remontant toute la vallée de Tlnn nar Schuls-Sds-Zernetz; total, environ 13 b. de diligence de Landcck a Samaden
^^D’Hatlè, on arrive par 2 voies; la première, la plus impoi-tante, part de Chiavennn, gare de chemin de fer, et gagne Samaden par le col du Maloja et St-Moritz (diligence en 9 b., lO fr. 63). 2» De Sondrio, station de cbemm (le fer dans la Valteline, à Tirano en diligence (3 h.) ; de là a Samaden, par le col du Bernina, diligence en 9 h. 40 m. (14 fr. 10).
La Haute-Engadine est une des vallées les plus élevées de l’Europe. Dirigée du sud-ouest au nord-est, elle est traversije dans toute sa longueur par l’inn. Elle a, du col du Maloja a Scanfs, 87 à 38 km. de longueur, sur .3 à 4 de largeur ; son fond est plat, et occupé en plusieurs emtroits par des lacs .séparés par de courtes surfaces de prairies. Les montagnes qui la constituent la dépassent au nord de 1200 à 1400 m., au sud de 1000 m. environ. Elles n’ont pas de lianes abrupts; au contraire, leurs pentes sont douces et le soleil peut aisément en toute saison venir éclairer la vallée.
La majesté des montagnes et des glaciers (ju’elh’s encadrent, le bleu profond du ciel, l’intensité de la lumière, les aspects variés des lacs, les jiaysages idylliiiues de leurs rives jnttores(jues, les villages. égrenés (;,i\ et là sur les verts pâturages.
tout cet ensemble, joint à un air léger, vivifiant, d’une pureté incomparable, devait nécessairement faire de la Haute-Engadine un lieu favori du touriste et du malade.
La Haute-Eugadine a été étudiée sous toutes ses faces par le I.)'’ Ludwig, médecin de Pontresina, trop tôt enlevé à la science. Dans les lignes qui suivent, nous prendrons pour guide son intéressante brochure, dan Oberengadin.
La Haute-Engadine se divise en deux régions : la première, du Maloja à l’extrémité inférieure du lac de St-Moritz, 17 à 18 km. de longueur, avec une pente totale de 44 m. seulement, est presque entièrement occupée par deux lacs, le long des- (Riels la route a juste trouvé passage, et quelques prairies. Une vallée latérale, celle de Fex, renferme le hameau le plus élevée (les Grisons et sans doute de l’Europe, qui soit habité toute l’année, 1976 m. La seconde région de la Haute-Engadine s’étend du lac de St-Moritz à Scanfs; elle est plus large encore (jue la première; de 14 à 15 km. de longueur, elle a une chute totale de 80 m. Elle possède deux vallées latérales, celle de Pontresina au sud, celle de Bevers au nord. Süs-Maria et Camogask exceptés, tous les villages de la Haute-Engadine sont .situés du coté ensoleillé de la vallée. Le sol se compose dans ses couches profondes de roches primitives, granit, gneiss ; la surface est composée soit de détritus amenés par les torrents latéraux, soit d’alluvions, de dépôts tourbeux et argileux, témoins de 1 ancienne étendue qu’avaient les lacs. La neige éternelle ne se trouve nulle part dans la Haute-Engadine ellemême; en revanche le val Eex, la vallée de Pontresina conduisent à d’énormes glaciers. La végétation n’offre plus ici les caractères de la zone moyenne ; les forêts sont rares, bien que les arbres montent jusqu’à 500 ou 600 m. au-dessus de la vallée,, c est-à-dire jusqu’à 2300 m. d’altitude, beaucoup plus haut qu ils ne le font généralement à cette latitude, et même dans les 1 yiénees et le Caucase. On ne voit de vraies forêts que dans la région supérieure de la Haute-Engadine et dans la vallée de Pontresina. Sils-Maria, Gampfér, St-Moritz (bains et village) et Pontresina sont près des forêts. Silvaplana, Celerina, Samaden et Revers en sont plus éloignés ; enfin Madulein, Zuz et Séants n en ont pas. On a abandonné la culture des céréales qui se pratiquait autrefois jusqu’à Samaden, Pontresina et st-,Moritz; mais encore aujourd’hui on cultive le seigle et 1 orge à Zuz et à Scanfs. La pomme de terre et les légumes réussissentjiisqidà 1900 m.; à Sils-Maria, il existe un cirisier dont les fruits mûrissent en certaines années favorables.
En lésumé, la Haute-Engadine est une vallée bien ensoleil-
r f à l’Italie par un col
peu élevé ; son soi est en général perméable, son sous-sol rocheux ; elle réunit les spectacles Je la grande nature alpine rllf U . Papages plu.s simples, mais non moins pittoresques,
:fnJ ^ thérapeutique, elle con-
tient une source ferrugineuse célébré, colle de St-Moritz, et une
autre, sulfatée calcique, à .S'MWej(Silvaplana), et de nombreuses
stations climatériques. ^ , ,• ^ i i
Climat de la Haute-Engadine. C est le climat de la haute montagne dans toute sa pureté. Nous résumerons ici ses caractères, d’après Lvdwig, pour éviter plus loin des répétitions inutiles. ^ cuo ^*10 û
La nression barométrique est faible : moyenne de bas bl.,.0, de Revers 621.4, de Pontresina 610.9. Les oscillations du baromètre sont peu étendues.
viennent ue l’Atlantique, « 1 Engadine, --- - -
larges massifs, est la première contrée qui cherche pour ainsi dire à se créer son propre climat et oppose a cette intluence maritime une influence locale. Ce vaste plateau jouit en été, arâce à l’influence du soleil plus ardent qui orille sm les hauteurs, d’une chaleur beaucoup plus intense que sui le.s c mes étroites et isolées ; et en hiver, le refroidissement de atmosphère est d’autant plus sensible que le rayonnement a heu S un ciel plus pur.^>> Autrement dit l’V,^4%^«V,^Suïe (à l’ombre) en Engadine, les journées de ^ l’amplitude de l’excursion thermoinétrique est gr^de. CompaZs^^^^^^ Sils-Maria, 1810 m., avec le Rigi-Kulm,
sommet isolé de 1800 m. ;
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Eté
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^^-Maria . 1-93 -- 5 3 ^
Kfte g«„de exour.io„
Lns en Siven, au Jour le plujj^court ■
Po^e 7 W)'’zuzS La nfoyenne d’heures de soleil est pour Kemhfe' de ces divers^ "S’oÏo.^l;
’fS »r„t^e œ aj |d|l’Euga|„e Les u^s .s
lacs, de Sils à St-Moritz ; en hiver cette région n’en a pas, tandis qu’entre Celerina et Scanfs, on en voit une couche mince suivre le cours de la rivière. Il y a à Bevers environ 138 jours par an avec chute d’eau. Celle-ci représente 790 millim., 950 à Sils. La quantité de neige en hiver varie beaucoup ; elle couvre la terre en moyenne pendant 57» mois. Dans ces hautes altitudes, les changements brusques de température ne sont pas rares en été ; aussi voit-on souvent la neige en août, parlois en juillet, blanchir, pour quelques heures ou pour un jour, le sol de la vallée.
Uhiimidité relative est faible au milieu du jour, assez élevée, en revanche, le soir et le matin ; par exemple, Sils-Maria a les moyennes suivantes : 7 h. 81, 1 h. 61, 9 h. 81. Les minima du milieu du jour sont fort importants, car à ce moment les malades sortent, tandis que, pendant les heures plus humides de la nuit, ils sont enfermés dans leur chambre. Ces minima atteignent souvent 25 à 21. En été les stations de l’Engadine ont à peu près la même moyenne d’humidité relative; ainsi en 1876, Samaden a noté 79, Zuz 77, Sils 74, St-Moritz 73, Pontresina et Bevers 72. Malgré cette sécheresse de l’air, il y a des moustiques près de St-Moritz et dans les bois de Pontresina.
Il nous reste à parler des vents. La chaîne du Julier brise les vents du nord-ouest, celle du Bernina ceux du sud-est. La direction même de la vallée fait comprendre que les vents dominants sont ceux du nord-est et du sud-ouest. Le premier peut souftlei- avec une grande intensité. Celui du sud-ouest est représenté par ce singulier vent de la vallée, qui descend ici la vallée au lieu de la remonter, soufflant du Maloja chaque jour avec une violence d’autant plus grande que le temps est plus clair. Il se lève vers 9 ou 10 h. pour cesser vers 4 ou 5 h. du soir, faisant place au calme ou à un faible vent du nord-est. Au Maloja, ce vent souffle quelquefois si fort que l’on a de la peine à marcher. La couche d’air en mouvement est d’ailleurs de peu d’épaisseur et l’on en sort promptement en s’élevant sur les tlancs de la vallée. Ce vent, qui augmente encore, en remuant un air très sec, l’influence desséchante et excitante que celui-ci a sur le corps humain, est souvent désagréable, surtout pendant la période d’acclimatement. Au début de leur séjour, les malades en souffrent pendant quelques jours; il favorise ou provoque des insomnies, donne de la céphalalgie, etc symptômes qui ne tardent pas à disparaître. En hivei-r il a un inconvénient majeur, c’est de venir à peu prés dans la même direction que les rayons solaires, ce qui fait que l’on ne peut se mettre à 1 abri de son souffle sans cesser aussi d’être au soleif. Il est d ailleurs beaucoup plus faible en cette saison qu’en lo ne se fait pas sentir avec toute sa violence dans
fa Haute-Engadine, soit que les chaînes de montagne du côté du sud le brisent ou le dévient, soit plutôt qu’il n’acquière de la force qu en tombant dans les vallées situées au nord de
l’Engadine tion des
ne. Le pays n’est pas égaloinont soumis partout à l’a vents ; les villages les plus expo.sés sont Bevers, Boni
ac-
Liuii uBs vcuto . loo V xc.-> Ponte,
Camogask et Scanfs; les plus abrités, Sils-Maria, Campfèr, St-Moritz-village, Zuz. Les vents ont leur maximum de fréquence au printemps et en été, leur minimum en hiver. Un inconvénient qui découle fatalement du vent et de la présence de larges routes sur lesquelles se fait une énorme circulation de voitures, c’est Iq. poussière, qui est souvent une véritable plaie en été.
L’été est très agréable, l’air n’est jamais lourd, les nuits sont fraîches; en revanche, le soleil est brûlant et parfois le froid se fait sentir d’une façon temporaire. La flore est magnifique en juin. L’automne a encore au mois de septembre et d’octobre des jours splendides, mais la température est déjà plus basse. L’hiver s’annonce par la chute de neige, qui se fixe sur le sol pour près d’une demi-année. La lumière solaire réfléchie sur ce blanc tapis est d’une intensité extraordinaire. Le printemps est désagréablement caractérisé par la fonte des neiges ; avant le mois de mai, les routes sont imprati- CâljlôS
Le lecteur trouvera les indications médicales de l’Engadine exposées à pi*opos de St-lVloritz. terminons cette qntioduction par quelques conseils aux malades, d’après Ludwig.
Uepoque de l’année à choisir pour un séjour en Engadme varie suivant les cas : les gens robustes, les malades les moins atteints peuvent arriver au commencement ou au nnheu de juin ; les personnes délicates attendront le mois de juillet. Le printemps n’est pas agréable à cause de la fonte des neiges , en revanche, l’automne a de grands avantages; en septembre le flot bruyant des touristes a disparu, le soleil se leye plus tard ses rayons sont moins brûlants, les personnes délicates, fortifiées par l’été, peuvent entreprendre des courses sans avoir à se lever trop tôt. Cette saison convient spécialement aux malades du système nerveux, aux convalescents et aux personnes affaiblies. Nombre de malades affirment que lair plus frais de l’automne est beaucoup plus tonique pour leurs nerfs que cmui de l’été Quant à l’hiver, on trouvera à 1 article consacré a Davos quelles sont les affections qui peuvent avec avmitage profiter de cette saison à la montagne. L Engadme étant moins protégée contre les vents, comme nous 1 avons vu, convient moins en hiver que d’autres stations aux malades atteints d’affections des poumons, de tuberculose. On la conseille surtout en cette saison aux sujets menaces par cette maladie, aux névropathes, aux anémiques, aux chlorotiques et aux
fatigués de toute sorte. . • 3
Les stations intermédiaires sont-elles-neces^saiies les conseille aux sujets disposés au
en cas d’anémie et de chloro-anemie gi’aves . aux cmwa es cents, aux individus à système nerveux éréthique, aux alheromàleux, enfin, en cas d’infUlraiion pulmonaire. Elles
sont inutiles aux scrofuleux, aux jeunes gens, aux formes légères de l’anémie et des maladies nerveuses. Enfin, Ludwig estime que dans certains cas, par exemple la cachexie paludéenne et certaines affections nerveuses, le changement rapide de climat, est favorable, et la station intermédiaire n’a pas de raison d’être. Veraguth conseille les stations intermédiaires aux femmes neneuses, aux enfants, aux neurasthéniques, aux cardiaques, aux malades disposés aux hémorragies, aux emphysémateux et aux asthmatiques.
Les personnes qui vont en Engadine en été doivent prendre des habits chauds aussi bien que des vêtements légers, car on peut avoir des jours froids au milieu de l’été. Un pardessus chaud, des sous-vêtements en tricot seront précieux en pareil cas. En été, choisir des vêtements de couleur claire, en hiver, de couleur foncée. On cherchera avant tout une chambre tranquille dans les hôtels des stations où il y a beaucoup de touristes, comme Samaden, Pontresina, etc. ; mieux vaut la tranquillité que la vue. Ludioig blâme avec raison la table d’hôte compliquée des hôtels modernes; il recommande de prendre, si possible, en hiver son principal repas le soir, pour ne pas diminuer les heures de sortie , et d’insolation de la journée.
Au début du séjour, éviter les ascensions de montagnes, les courses de glaciers; l’oubli de cette règle a déjà nui à plus d’un malade, surtout à plus d’un poitrinaire. Le malade excité par le climat, attiré par les beautés de la nature et surestimant ses propres forces, se fatigue jusqu’au moment où une lassitude subite l’arrête et compromet les résultats de la cure qu’il vient de commencer. Plus le malade se tient tranquille pendant la première semaine de son séjour, dit Yeraguth, plus il évite au début toutes les fatigues, plus il s’acclimate facilement et moins il a de chances de voir sa cux’e interrompue par quelque désagréable contre-temps. La lumière étant très vive, on se trouvera bien de porter des lunettes à verres fumés, chose indispensable aux personnes qui ont les yeux délicats.
Scanfs (1650 m. T.), est le premier village de la Haute-Engadine en remontant le cours de l’inn. 11 est très exposé au vent du nord-est. Eau sulfureuse.
Zuz, ou Zuoz, 1748 m. (1712 m., carte Dufour) (T.). Station climatérique d’été et d'hiver.
iTiNKRAinE. — De Coire à Ponte, par le col de l’Albula (voir page .')52) ; de Ponte à Zuz, 4 km. (diligence).
Le riche village de Zuz, aux curieuses et antiques maisons, n’est pas loin de Scanfs; il est situé sur des prairies élevées au-dessus de l’inn, prairies au sous-sol poreux, formé par d’anciennes moraines. Au nord-est, le Piz Kesch (3422 m.) élève sa tête chargée de glaciers. Ce massif, ainsi que celui du Piz liriatschouls, arrêtent les vents du nord ; le Piz Mezzaun, qui se dresse de l’autre côté de la vallée, au sud de Zuz, brise ceux du sud. Une légère proéminence de la montagne, vers le sud-ouest, tempère un peu le vent de la vallée venant de ce côté. Zuz est donc plus abrité que Scanfs. On estime que
sa température est de 2.5o plus élevée en hiver que celle de ce dernier endroit. Zuz a en cette saison au minimum 6 V» h- de soleil (de 9 V4 3 Va h-) ; c’est donc une situation très heureuse au point de vue de l’insolation. Les observations météorologiques sont incomplètes ; en 1876, on a noté les moyennes suivantes {Ludwig) : mai 5.8, juin 10.9, juillet 14.1, août 12.6, septembre 8.0. Zuz, comme toute la vallée depuis Scanfs à St-Moritz, est assez éloigné des forêts, en raison de son altitude et des déboisements qui ont eu lieu surtout sur le versant exposé au soleil. Le versant nord n’a pas d’arbres, le versant sud, en revanche, est couvert de belles forêts de mélèzes, à 20 minutes de Zuz, dans lesquelles serpentent de bons sentiers, et où l’on peut se promener pendant une heure. La vue de Zuz est belle, soit sur les montagnes, soit sur la vallée de l’Inn et ses nombreux villages.
Zuz est une des communes les plus salubres de la Haute-Engadine; la phtisie pulmonaire y est rare, et les décès de cette nature sont le plus souvent ceux de personnes venues malades de l’étranger. On peut conseiller Zuz en première ligne aux anémiques, SiMyi neurasthéniques. « Toutefois, m’écrit le Dr Perregaux, dans les affections nerveuses, je déconseille fortement la cure à Zuz pour tous les cas où l’irritabilité du système nerveux est très grande et surtout où l’agrypnie joue un rôle principal. » Pour plus de détails sur les indications, voir St-Moritz. Il est bon de noter que le terrain en pente se prête bien aux exercices gradués de la méthode d’Oertel. On trouve à Zuz les ressources de V hydrothérapie, bains, douches et maillots, et de V électrothérapie : massage, gymnastique, cure de lait. Zuz a le grand avantage d’être plus tranquille que certaines stations de l’Engadine fréquentées en été chaque jour par des centaines de touristes, ce qui fatigue les malades, surtout les névropathes. L’établissement reçoit aussi en hiver des personnes faibles, convalescentes ou atteintes de maladies nerveuses; on n’accepte pas les cas graves de phtisie pulmonaire. Dans cette saison, il y a peu de vent et beaucoup de soleil.
Bevers, 1710 m., a un intérêt spécial au point de vue climatologique, car des observations météorologiques y ont été faites regulmrement depuis 184. par Krœllli. Bevers a un climat exceptionnellement rude, étant expose aux vents du nord-est et du nord-ouest.
Samaden, 1728 m. (T.) Grand et beau village situé sur une plaine, au débouché de la vallée de Pontresina- L est le de départ de nombreuses diligences, soit pour Coire, par 1 •'^4bula (voir page 352), soit pour la Yalteline par le col du Bernina^ soit enfin pour le Maloja ou la Basse-Engadine. En été, c’est un rendez-vous de touristes de tous pays. Samaden est a peu de distance de rinn, sur la rive gauche. La plaine est large, sans arbres; à l’ouest, elle s’élève graduellement sur les premiers contre-forts du Piz OU (3249 m.). Samaden est assez éloigné des forêts. C’est aussi une station d hiver. Eglise anglaise. Pour les indications, voir St-Moritz.
PONTRESINA, 1803 m. (T.) Station climatérique d'altitude. Saison ; juin à septembre.
I • «r, Dnntpf^ttiïvi h fi km environ de Samaden (voiture pos-
talc'\Tmin.!^ln ^ ^ >0 an de diligence (1-2 fr. 75) de Tirana, par
le col du Beriuna.
l'ontresina est situé dans une vallée qui s etend, parcourue nar le torrent Berninabach, de Samaden au col du Beimina, avec une direction générale du nord-ouest au sud-est. Pontresina se trouve sur son tlanc oriental, c est-à-dire ensoleillé , c’est une lonmie rangée de maisons et d hôtels, disposés de.s deux côtés de la grande route. Les installations sont fort bonnes ; éclairage électrique. On distingue trois agglomérations de maisons plus ou moins séparées les unes des autres : Laret,ln idus basse, Spiert (entre les deux l’église anglaise), et enfin Gmi'sww. Ce tlanc oriental de la vallée n’est autre chose que les premières assises du Piz Languard (3266 m.), qui s’élève a l'est de Pontresina. La protection contre les vents du nord et du nord-est est ilonc excellente. De l’autre côté de la vallée s’ouvre, en face du village, le val Roseg, qui se dirige vers le sud-ouest et au fond duquel apparaît, dans toute sa splendeur, le glacier du même nom. Au-dessus du village, du côté de l’e.st, s’élèvent une ancienne et pittoresque église et les ruines d un château ; plus haut, on arrive sans peine dans une forêt de mélèzes et d’arolles; il existe aussi des forêts sur l’autre rive du torrent, à quelques minutes de marche. La proximité de ces bois est un des grands avantages de Pontresina. On en trouve aussi de Ibrts beaux à une petite heure au sud du village, sur la route du Bernina. Pontre.sina est la perle de l’Engadine; il a tous Tes caractères des hautes Alpes ; les mélèzes, dont beaucoup .sont mutilés par la tempête, les eaux si fraîches, la vue magnilique du glacier de Roseg, les prairies constellées de fleurs aux couleurs vives, tout contribue, avec le ciel d’un bleu intense et les rochers sauvages, à créer un tableau des plus pittoresques. Ajoutons que l’insolation y est prolongée; le soleil s’y lève de bonne heure, à 8 h. 30 m. on janvier, 8 h. 10 m. en décembre et en février; le minimum de l’insolation en hiver est de 6 h. 40 m. Le vent de la vallée, si fatigant dans l’Engadiue, ne s’y fait pas sentir. On voit que Pontresina, s’il est agréable aux touristes, convient aus.si à ceux qui cherchent la guérison. C’est le trop grand flot des premiers qui empêchera la station d’être vraiment un séjour de malades. Aux mois de juillet et (l’aoôt, le village est rempli d’étrangers, les moindres chambres sont occupées.
Climat. Il est doux, grâce à la protection que donne la chaîne du Piz Languard contre les vents du nord et â la position du village sur une pente, au soleil. En liiver, dit Ludwig, il semble, en venant delà vallée de l’Inn à Pontresina, que l’on entre de l’extérieur dans une chambre. Voici les températures moyennes des 4 mois d’été, d’après les observations de la station météorologique (5 années) ;
Mois
Température iiioyeime
Jours
mois
iiiinlm.
moy.
max.
moy.
pl'ule ! ‘‘"'J''-
Juin
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Les mois
wiçi : octobre 2.3, novembre — 3.0, décembre , j
— 8.6, février — 6.9, mars — 5.1, avril 1.0, mai 5.5. Les températures de l’été à l’ombre ne sont point élevées; voici les minima et maxima absolus de ces 5 années : juin — 1.8 et 21.6, juillet 0.8 et 23.6, août —2.2 et 21.8, septembre —4.6 et 20.4. I.e .soleil a d’ailleurs à Pontresina, comme dans la Haute-Lngadine en général, une ardeur extrême; une courte pi'omenade par le beau temps suf lit pour brûler le visage. Il nous manque malheureusement des indications hygrométriques. Cependant, on sait que Pontresina compte parmi les stations sèches de la Hatite-Kngadine ^ Ludwig indique comme moyenne mensuelle de 1876 : juin 72, juillet 66, août 77. Il a noté des chutes considérables et fort intéressantes de l’humidité relative de 7 à 11 h., par exemple de 8o à 29, de 100 à 33. Pontre.sina est plus sec que Sils- Maria, dont nous avons vu les moyennes dans l’introduction à la Haute-Engadine. pression barométrique movenne est de 610.9 millirn.
En résumé, Pontresina a un climat tonique et excitant; on y est à l’abri du vent et à proximité des forêts. Pour les indications, voir St-Morilz. Pontresina est surtout une station d’été, mais quelques malades y ont passé l’hiver.
Celerina, 1724 in. (T.) Station climatérique d’aMilude, au sud de Saniaden, sur la route de St-Moritz, à peu près à égale distance de ces deu.x localités auxquelles il est relié par les diligences. C’est un beau village au milieu des prairies. Il sert de «ÿo/o- frêle aux personnes qui reclierclient un endroit plus simple et moins bruyant (|ue St-Moritz ou Pontresina.
SAINT- MORITZ. Station climatérique d’altitude, d’été et d’hiver. Eau ferrugineuse acidulé.
St-Moritz comprend deux stations peu éloignées rune de l’autre : St-Moritz-Village, 1856 m. (T.), et St-Moritz-les-Bains, 1769 m. (T.) Saison d’été du 15 juin au 15 septembre. Du 10 juillet à la fin d’août, il est difficile de trouver des chambres sans les retenir d’avance. Saison d’hiver à St-Moritz-Yillage.
iTiNÈEtAiHE. — Voir los itinéraires de la Haute-Engadine, page .‘l.’î2. par le Julier, V.Mbula ou le Maloja. A peu près 13 h. de diligence deiiuis Coire. 11 existe une diligence de nuit qui fait le trajet en 12 b. L itinéraire Lucerne- St-Gotliard-Lugaiio-lac de Côme-Cbiavenna-Maloja est pour les voyageurs de certaines régions aussi court que le voyage |iar Coire; il est recommandable par la variété de ses iiaysagcs (environ H b. 1/2 de ililigence deimis Cbiavenna).
Nombreux mayasins. Deux pharmacies. Casiun à St-Moritz-Hains. Eglise anglaise; église réformée trnnçaise; église catholique. (,'mireWs cliaque jour, soft aux IJains, soit au village. Voilures de louage; omnihu.s du village aux Itains; omnibus |)Our Sils- .Maria, le Maloja, Saniaden. Pontresina. Excelletile eau polable, distribuée [lartout iiar un réseau en pression, avec bmicbes à eau pour l’arrosage des roules. Uéseau d’égouts, système Waring, pour l’écoulement
— yoi —
(lu scwagc rlaris le lac ou dans l’Inn. Eclairage électrique. Un compte par saison environ 4 à 3 mille étrangers, surtout des Allemands, des Suisses, des Anglais, des Italiens; puis viennent les Frarn:ais et les Américains.
Le village de St-Moritz (500 habitants), la plus haute station de l’Hngadine, est placé sur la rive nord du lac du même nom, sur des pentes tournées vers le sud-est, qui s’élèvent graduellement jusqu’au Piz Nair (3000 ni.). La route qui traverse le village monte fortement; les maisons et de nombreux hôtels sont pittoresquement étagés le long de cette artère. Le village a 85 m. d’altitude de plus que St-Moritz-les-Bains ; il leur est relié par une excellente route (20 minutes). La vue est fort belle: au premier plan le lac, [mis sa rive orientale couverte de forêts, les collines entre le lac et Pontresina ; enfin, au-dessus, la tète rocheuse des liantes sommités tels que les Piz Languard, Rosatsch, etc. Les environs ofi'rent de nombreux buts de promenade. St-Moritz lui-même est absolument dépourvu d’arbres, mais les forêts de mélèzes sont à peu de distance, soit en allant du côté du Campfér (10 minutes), soit en descendant à Celerina. La situation de St-Moritz lui assure une insolation complét»;. En hiver, le soleil chaulTe avec intensité les pentes exposées sans défense à ses rayons.
Les Bains de Sl-Moritz, à 2 km. à peu prés au sud-ouest du village, sont situés sur un terrain plat, conquis peu à peu suite lac par les alluvions modernes. Ils se composent du Kurhaus avec. les bains, de plusieurs grands hôtels, de magasins, du Casino, etc. Le Kurhaus, sur la rive droite de l’Inn, prés du lac, est un grand bâtiment faisant face au sud-ouest, avec une longue aile à angle droit sur le centre, se dirigeant vers le lac. Des jardins, avec une fontaine et un pavillon pour l’orchestre, occupent l’espace .situé entre ces deux bâtiments. St-Moritz-les- Bains se trouve dans la proximité immédiate de forêts de mélèzes et d arolles. Il existe de très agréables promenades à plat, tant dans la direction de l’est, au bord du lac, que dans celle de Campfér. La vue est charmante du côté du noi’d sur le lac de St-Moritz ; au-dessus, à gauche, sur le village, qui s’allonge sur la croupe de la colline; plus loin, à droite, s’ouvre la vallée de Pontresina, avec les premiers contre-forts du massif du Piz Languard; dans le fond, au-dessus du lac, on voit les montagnes de la Basse-Engadine. De l’autre côté, au sud-ouest, on apei-(;oit au-dessus des mélèzes la pyramide du Piz Julier (3385 m.) Les bois de mélèzes sur la rive gauche de l’Inn, vis-à-vis (lu Kurhaus, font place plus haut aux prairies, tandis qu’à l’est du Kurhaus la pente est plus raide, et les forêts s’élèvent jusqu aux premières assises rocheuses du Piz Rosatsch. Le fond (le la vallee, étroite en cet endroit, sorte d’isthme entre les lacs de Campfér et de St-Moritz, est plat et déboisé.
Climat. Ayant déjà étudié d’une façon générale le climat de 1 Kngadine, nous nous bcjrnerons à noter brièvement les moyennes de St-Moritz-les-Bains d’après les chilfres indiqués par Ifraçfvth Moyenne du baromètre, 616.2 millim. (l’eau bout à »b ou 8/ degrés).
Mois
Température ihoyeilne
Hum. rel.
mois
min.
moy.
max.
moy.
.Juin
Juillet
Août
Septcinlire ....
(L’humidité relative est mesurée avec rhy>froiuêlre à cheveu.) On voit que la température est basse, le maximum noté, en juillet 1872, a été de 25.5. L’amplitude de l’excursion journalière de la température est en moyenne ‘.juin 6.4, juillet 7.3, août 8.0, septembre 6.8. Le mois le plus sec de la saison est celui de juillet: moyenne d’humidité relative au milieu du jour 46.5 ; nombre d’observations avec moins de 50 o/o d'humidité, relative 21.6, avec 100 <>/o. 3.4 (en faisant trois observations par jour). Puis vient juin, où ces chiffres sont 47, 19.7 et 3.2; août 48.5, 18.8 et 3.4; septembre enfin, 57.2, 10.3 et 16; c’est donc le moins sec des mois de la saison d’été. Cette faible quantité de vapeur d’eau contenue dans l’air fait comprendre pourquoi l’atmosphère de l’Engadine est d'une pureté, d’une transparence rares : les détails des montagnes semblent nets et rapprochés, la perspective des lointains est moins accusée.
Vents. D’après les observations de 1882 à 1886, les bains de St-Moritz ont un air agité : sur 100 observations, il y en a 19 de calme et 81 de vents. L’air est le plus calme vers le soir, et pour ainsi dire toujours en mouvement au milieu du jour. Les vents se répartissent comme suit ; est 8.3, sud-est 0, sud 5.2, sud-ouest 44.5, ouest 4.5, nord-ouest 0, nord 1.0, nord-est 36.5 o/o', c’est bien le régime que nous avons exposé plus haut, vent de la vallée (sud-ouest) et vent du nord-est, faisant à eux deux les 81 o/o de tous les vents.
Caractère dic temps en général. On compte en moyenne,^ pendant ces 4 mois d’été, 62 jours clairs, 36.9 couverts, 6.3 avec brouillard, 17.9 avec pluie, 1.6 avec neige, 4.4 avec orage Le brouillard se montre surtout en septemb i-e, le matin, et disparaît dans la matinée ; la nébulosité est 5.6. p une façon générale, le nombre des beaux jours augmente de juin à aouL et diminue notablement en septembre : juin 11.5, juillet l/.o, août 18.1, septembre 13.0. Pour ce qui concerne les chutes de neige, on a noté, pendant 5 étés, un total général de 0 joui en août, 1 jour en juillet, 7 en juin, 12 en septembre.
En résumé, St-Moritz nous présente l’expression bien complète du climat de la haute montagne ayant, comme, paiticularité la plus saillante, un fort vent de la vallée venant du
Climat d’hiver. St-Moritz est station d hiver de|)uis 1.^ à 15 ans. En 1886, on y a compté environ :200 à 300 etrangers pendant cette saison, surtout des Anglais et des Italiens De climat d’hiver est connu par îles observations faites au village
(le St-Moritz. D’une façon générale, il y a moins de vent en liiver qu’en été, notamment beaucoup moins de vent de la vaD lée, ce qui est la règle à la montagne en cette saison. Cependant, St-Moritz ne peut être comparé avec d’autres stations au point de vue du calme de l’air en hiver; on y sent le vent du nord-est. En revanche, il n’y a pas de brouillard. St-Moritz, étant placé sur la hauteur, est moins froid que le fond de la vallée ; il a une température de 2 à 3» plus élevée que celle de Celerina par exemple. Voici les températures moyennes des 3 années, 1877 à 1879, d’après les chiffres indiqués par Gsell- Fels :
•Mois
Température moye'nhé
1 max. moy.
min. moy.
Octobre
Novembre
Décembre