‹ La Suisse illustreeChapitre 12 sur 296 · I.A [ONTAINF · texte numérisé non relu

I.A [ONTAINF

postales illustrées, au bras de jolies Bernoises.

La vieille ville. Les fontaines. La tour de l'horloge. — Rentrons dans la vieille ville par le pont de la Nydeck, en face duquel s'élevait jadis une forteresse médiévale, aujourd'hui rasée.

La longue rue qui prolonge le pont et qui forme I artère centrale de la vieille ville, nous jette en pleine Renaissance avec sa file de fontaines monumentales en gothique fleuri, qui se dressent tout le long d'un petit cours d'eau, le i( ruisseau de la ville »

(Siadthach). La rue fut élargie au XVIir siècle, époque à laquelle furent construits un grand nombre des immeubles qui la bordent, en style « rococo 1) bsrnois, — maisons dî patriciens, hôtels des corporations. Elle porte successivement les noms de Gerechtigk,eitsgasse (rue de la Justice), Kramgasse (Grande Rue), Mar/{/gû5se (rue du Marché), Spitalgasse (rue de l'Hôpital). Avec une longue perspective point trop rectiligne, et coupée de distance en distance par les tours des anciennes portes, elle offre un aspect des plus pittoresques et qui ne rappelle aucune autre ville de Suisse, ni d'Europe. La principale curiosité, ce sont les fontaines, qui datent presque toutes de la Renaissance, époque à laquelle Berne a atteint un haut degré de prospérité et de puissance.

Treize fontaines monumentales, dont le sujet couronne une haute colonne au milieu d'une vasque, s'échelonnent dans la traversée de la ville. Celle de la Justice, dans la rue du même nom, est ornée d une statue symbolique de femme, au mouvement gracieux, entre quatre têtes personnifiant les quatre formes de gouvernement alors connues, le pape, le roi, le sultan et 1 avoyer (le premier magistrat du canton). Dans la Grande Rue, voici la fontaine de Samson, élevée par les bouchers, avec un curieux groupe du guerrier barbu et chevelu terrassant un lion, et la fontaine de Zaehringen, que domine un ours debout, armé, cuirassé, casque en tête, tenant au poing la bannière des Za?hringen. Plus bizarre encore, près de l'Horloge, la fontaine de l'Ogre, coiffé d un chapeau pointu, qui croque un petit enfant à moitié entré dans sa bouche énorme, tandis qu il tient d autres marmots en réserve de sa main gauche. Nous revenons aux sujets guerriers avec la fontaine des Arquebusiers, surmontée d'un fier lansquenet avec la bannière déployée; entre ses jambes, un ourson tire de l'arquebuse. Très gracieuse au contraire, sur la fontaine voisine, la statue d'Anna Seiler, fondatrice de l'hôpital, ainsi que, un peu plus loin, celle du Joueur de cornemuse entre son singe et son oie, élevée par la confrérie des musiciens. L'art de la Renaissance, si souple et si varié, déployé tour à tour dans ces figures sa grâce, sa vigueur et sa fantaisie.

DE i.A JUSTICE. Après les fontaines, les tours. La

BERNE

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