VUE GENERALE DE BIENNE
Les habitants sont en grande majorité de langue allemande, mais il y a une importante colonie de Suisses français, comptant plusieurs milliers de membres, et qui a réussi à obtenir ses écoles particulières et ses représentants spéciaux dans les corps élus. Il y a des classes françaises et allemandes dans les écoles secondaires et techniques.
L élément français est en accroissement constant, par suite de l'immigration qui vient surtout du Jura bernois : il constitue aujourdhui plus du tiers de la population totale.
Les protestants sont dans la proportion des cinq sixièmes.
Après I horlogerie, qui a sa Bourse, et I orfèvrerie, les principales industries de Biennesont la clouterie, les fonderies, la fabrication des machines, les ciments, la briqueterie, les pâtes de bois, les brasseries.
Le climat de Sienne, à l'abri des vents froids, est plus doux que celui du Jura voisin ; le printemps y est assez précoce. Les brouillards, provoqués par le lac. sont assez fréquents en automne et en hiver.
De Bienne deux funiculaires montent sur le dernier rebord du Jura qui domine le lac et la plaine, toujours avec le fond alpestre, parfois dérobé par les vapeurs de I horizon. L'un conduit à Macolin, sur le chemin du Chasserai : c'est une station d'été fréquentée et élégante, dans un site très découvert et à proximité des sapinières. L autre, plus à 1 est, aboutit à Lvilard, localité plus simple, joli village de montagne entouré de forets, d où I on peut descendre dans le val d Orvin et au Taubenloch.
JURA ET NEUCHATEL
Le lac de Bienne.
bordé de coquettes petites villes, offre de jolis coups d'oeil sur ses rives mamelonnées et verdoyantes ; les couchers de soleil y sont particulièrement appréciés des peintres, par les reflets délicats qu'ils donnent aux eaux paisibles. Toutes les rives du lac parlent aujourd'hui l'allemand, à l'exception de Neuveviile, à l'ouest.
Chaque localité a un double nom, français et allemand : Bienne (Biel), Macolin ( Magglingen) , Evilard (Leubringen), Douanne (Twann), Gléresse (Ligerz), Neuveviile ( Neuenstadt ) , Cerlier (Ërlach). C'est seulement au WIII" siècle que Gléresse s'est germanisé. La poussée de la population allemande a été très forte dans cette région.
Douanne est à proximité de belles excursions de montagne sur les flancs méridionaux du Chasserai : la gorge pittoresque de Douanne, le Twann-
berg avec son établissement de cure d'air, la station estivale de Prêles. Les coteaux produisent un vin renommé, très lin, vendu comme vin de Neuchâtel. La culture de la vigne diminue peu à peu dans la région. On ne conserve guère les vignobles que sur les pentes placées au-dessus d un lac : on a observé, en effet, que le voisinage immédiat du lac rend la température plus régulière, écarte la grêle et atténue surtout les refroidissements brusques au printemps. Toutefois, depuis que le cours de 1 Aar a été détourné, voici une quarantaine d'années, pour être déversé dans le lac de Bienne, la température ambiante moyenne a baissé d'un degré et demi.
Neuveviile est surtout intéressante par ses antiquités : son château médiéval , en partie ruiné, appartenait aux évêques de Bâle, et renferme aujourd hui une collection de vieilles armes, parmi lesquelles on remarque surtout d'authentiques canons bourguignons abandonnés par Charles le Téméraire en déroute; quelques belles fontaines de la Renaissance ont été restaurées avec goût. La ville compte de nombreux pensionnats, où de jeunes Suisses allemands des deux sexes viennent apprendre le français.
Cerlier est dominé par l'ancien château de la famille bernoise d Erlach.
au pied du Jolimont qui se dresse entre les lacs de Bienne et de Neuchâtel, et qui est séparé du Jura par la Thièle canalisée.
Les environs sont parsemés de blocs erratiques que les indigènes ont surnommés (( pierres des païens » ou « pierres du
VUES PRISES DANS LANCIENNK V I L L t. ,
diable ». Des habitations lacustres ont été retrouvées près de la rive méridionale du lac de Bienne.
Au milieu du lac s'étend l'île de Saint-Pierre, couverte de forêts, dominée au nord par un petit monticule, et qui, s'allongeant de plus en plus au sud, a rejoint la rive près de Cerlier à la suite de la correction des eaux : celle-ci a fait baisser le niveau du lac de plus de deux mètres. La langue de terre qui rattache désormais I île au rivage est coupée par un canal qui permet le passage des bateaux. C'est là que se retira Jean-Jacques-Rousseau après avoir quitté Môtiers : mais il ne tarda pas à être expulsé par un
LE KUNSTLERHEIM.
FONTAINE A NEUVEVILLE.