LA VILLE DE SOLEURE ET LA \' ALLEE DE LAAR
et OÙ on rebâtit la cathédrale. En 1838 le Conseil fit démolir les murs d enceinte, dont seules quelques parties, comme la tour oblique et le bastion de Saint-Ours, furent préservées.
Soleure, qui n'a que dix mille habitants, compte néanmoins parmi les villes les plus curieuses de la Suisse, par ses monuments et plus encore peut-être par ses collections d antiquités. Elle mériterait d'être mieux connue des touristes. La fierté et la bonne humeur caractérisent le tempérament soleurois. Du pont de l'Aar, le coup d œil est très pittoresque sur la ville, avec ses hauts toits bruns entre lesquels émergent les tours et les clochers. Au bord de l'Aar, le regard est ,, attiré d'abord par la curieuse tour oblique, du XV^ siècle, dont le fût quadrangulaire est coiffé d un toit pyramidal extrêmement pointu , planté de guingois, comme un chapeau sur I oreille. En suivant la promenade des anciens remparts qui englobaient les deux rives de lAar, on se rend compte des vieilles fortifications qui avaient été complètement remaniées à partir de 1667 d'après le système de Vauban. On voit près de l'Aar, en amont, les restes de 1 ancienne redoute (Schaenzli). Sur l'autre rive, la massive « porte de Bâle », dominée par la cathédrale voisine, lourde et romantique comme une armure féodale, fut construite au début du WI*^^ siècle pour remplacer I antique « porte de chêne ». Plus loin le bastion de Saint- Ours, fort bien conservé avec ses fossés, est un échantillon précieux des fortifications du XVII" siècle : la tour ronde du Riedholz, qui le domine avec son toit conique, est à peu près contemporaine de la porte de Bâle. A l'ouest la porte de Bienne, mince et restaurée, et la tour Buri , toute voisine, rêche et sombre, datent de la même époque.
L intérieur de la ville est curieux, car la cité s est cristallisée pendant près de deux siècles, et, à l'époque moderne, les maisons neuves ont été construites presque toutes à I extérieur. On voit encore beaucoup d anciennes maisons, aux toits en saillie, aux pignons sur rue à
pans coupés, aux grandes arcades de la Renaissance, aux vastes portes cochères de l'époque classique : le XVII" siècle a marqué profondément son empreinte.
Il y a cependant des monuments plus anciens. La vénérable tour de I Horloge encastrée entre des bâtiments modernes, avec sa façade sans crépissage, et sa toiture en forme de clocher frêle et effilé, date du XII" siècle : I horloge, à figures mobiles, est de la Renaissance. Comme à Berne, à Neuchâtel, à Neuveville, la Renaissance a laissé
OLtLRE ; LA TOUR OBLIQUE ET LA TOUR DE L HORLOGE.
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