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VUE PANORAMIQUE DE FRIBOURC

FRIBOURG

HISTOIRE DE FRIBOURG. — LA SARINE ET LES PONTS SUSPENDUS. — FRIBOURG VILLE RELIGIEUSE. LA CATHE- DRALE. — MONUMENTS ET SOUVENIRS HISTORIQUES. LE PÈRE GIRARD. — SUR LES LIMITES DU FRANÇAIS ET DE l'allemand. LES LANGUES EN SUISSE. — LA BANLIEUE DE FRIBOURG. VALLÉE DE LA SINGINE. — UNE VILLE MÉDIÉVALE : MORAT. LE LAC ET LA BROYE. — UNE CITÉ ROMAINE : AVENCHES. — LA VALLÉE DE LA GLANE. ROMONT. — LA GRUYÈRE. LES u ARMAILLIS ». LES FROMAGES. — LES PATOIS ET LE FRANÇAIS EN SUISSE.

Histoire de Fribourg. — Le canton de Fribourg est en Suisse le type du canton mixte, en partie catholique, en partie protestant, de langue allemande au nord, française au sud. Le cheflieu lui-même — fait peut-être unique en Europe — est à cheval sur la frontière linguistique qui jadis le coupait en deux parties. N est-ce pas le symbole de la Suisse elle-même?

Au cours de son histoire, Fribourg fut constamment disputé entre les deux influences, germanique et romane. La ville a été créée par les Suisses allemands, comme son nom germanique Freiburg (bourg libre) suffirait à l'indiquer : elle fut fondée en 1 1 78 par le duc Berthold IV de Zaehringen, prince allemand, et au siècle suivant, lorsque cette famille s'éteignit, elle devint le chef-lieu d'un comté, ayant à sa tête une aristocratie surtout germanique, et qui passa sous la suzeraineté de l'Autriche. Le duc de Savoie s'en empara en 1452, mais il ne put s'y maintenir longtemps : à la suite de la grande secousse provoquée par la guerre de Charles le Téméraire, qui contribua à réveiller le patriotisme helvétique dans l'ouest de la Suisse, Fribourg conquit son indépendance en 1478, et entra trois ans plus tard, comme canton autonome, dans la Confédération.

Au moment de la Réforme, le canton, en grande majorité, resta catholique. La Constitution , comme dans la plupart des états

suisses confédérés de cette époque, était devenue aristocratique dès la tin du XVI" siècle, et la petite république, oïi I élément français prédominait, était gouvernée par des familles patriciennes allemandes, qui cherchaient à faire prévaloir leur langue : au XVII' siècle, un édit interdisait aux vendeurs des rues de crier en français. La Révolution française rendit conscience de sa force à I élément romand, qui l'emporta définitivement, en raison de sa prépondérance numérique, à la suite de I établissement du régime démocratique en 1831. On s'aperçut alors que la majorité des habitants de la ville — ceux de toute la ville haute — parlaient français. Toutefois c'est une université de langue allemande, en principe, mais avec certains cours en français, qui y fut fondée en 1889.

Aspect généraL La Sarine et les ponts suspendus. —

Peu de villes ont, en Suisse, une situation aussi pittoresque que Fribourg. Campé comme Berne sur le rebord d'un plateau que découpe la boucle d une rivière, mais plus étroite, plus encaissée, Fribourg rappelle aussi le vieux Lausanne par le groupement de ses maisons autour de la cathédrale, mais l'ensemble a plus de relief, lorsque la cité, face au pont suspendu, détache sa silhouette romantique, dressée sur un soubassement de rochers.

Le plateau sur lequel repose Fribourg est plus irrégulier et plus inégal que celui de Berne. Entre les contreforts et la rivière, il laisse deux petites plaines basses, l'une tout à 1 extrémité de la boucle, où se tasse la ville basse, très ancienne, d'aspect villageois, et curieuse par ses vieilles maisons du moyen âge, conservées en assez grand nombre : l'autre occupée par un faubourg un peu plus récent, comme I indique son nom, la Neuveville, mais qui remonte

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