PLACES
PLAN DE LA \1LLE nE FRIBOURC.
cependant au X\ I'' siècle. La ville haute, dans sa partie primitive, groupée autour de la cathédrale, n occupait que la première terrasse, la plus abrupte du plateau : les quartiers neufs se sont étendus plus récemment sur les gradins supérieurs jusqu'aux alentours de la gare, où sont tracées de belles voies modernes, où s ouvrent des places avec des jardins. Des Grand Places, la vue embrasse un vaste coup d œil : la ville étagée au-dessus de la rivière, les méandres profonds de la Sarine avec son barrage et sa chute, et, sur les hauteurs boisées qui font face, la chapelle de Lorette et la tour de Bourguillon.
Une des principales curiosités de Fribourg. comme de Berne, ce sont ses ponts. Le célèbre pont suspendu, lancé très haut sur la vallée de la Sarine, avait été construit par un ingénieur français, Chaley, de 1832 à 1834, et renforcé en 1830 : il a été remplacé, en novembre 1924, par un pont de pierre à arches. De la rive droite, lecoupd'œil est des plus agréables, sur la ville, dont le fouillis de maisons, piquetées de nombreuses fenêtres, émerge d un massif de verdureau-dessus du lacis deseaux limoneuses. Un
CATHEDRALE DE FRIBOURC
autre pont suspendu, non moins hardi et presque contemporain du précédent, moins long, mais plus élevé encore, est jeté à quelque distance sur la gorge du Gotteron, près de son embouchure dans la Sarine, à plus de quatre-vingts mètres au-dessus du torrent. D autres ponts, plus anciens et desservant les divers points de la basse ville, coupent la Sarine au rasde l'eau.
Pendant le XIX' siècle, Fribourg s est cristallisé derrière son corselet de remparts et de tours féodales qui ont été en majeure partie rasés, pour le plus grand regret des artistes, voici près d un demi-siècle.
Bien qu elle se fût donné de I air, l'accroissement de la ville a été encore lent, et c'est seulement au début du X\'' siècle qu elle s est réveillée. Fribourg, qui comptait dix mille habitants en 1860, n en avait que douze mille, quarante ans plus tard ; il y a aujourd hui plus de vingt mille âmes. Mais la ville parait beaucoup plus grande que ne 1 indique son chiffre de population : illusion que donnent presque toutes les villes suisses, si aérées, si vastes par rapport au chiffre de leurs habitants. Aujourd hui. Fribourg est très animé, surtout dans le voisinage
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de la gare où convergent les tramways et le funiculaire de la ville basse.
Débouché naturel d un riche canton agricole, la cité fait un commerce actif de céréales, de fromages, de bétail, de bois et de ses propres produits : chapeaux de paille, draps, tannerie.
Fribourg ville religieuse. La cathédrale. — Fribourg a une importance particulière comme ville religieuse. Elle est la principale métropole du catholicisme en Suisse, le siège de 1 ancien évêché de Genève, qui rayonne sur trois can tons ( Fribourg. Vaud, Genève). C est un des rares cantons helvétiques oîi le parti catholique occupe le pouvoir depuis de longues années, et où les ordres monastiques sont nombreux. Les Jésuites y possédaient un collège célèbre qui fut fermé en 1847. à la suite de la guerre du Sonderbund ; ils furent officiellement expulsés de la Confédération. L université, fondée en 1889. avec un enseignement presque exclusivement allemand, a surtout de 1 importance par la Faculté de théologie catholique, qui est la seule de Suisse. La congrégation des ursulines possède un grand couvent avec un pensionnat.
La cathédrale ou Collégiale de Saint-Nicolas est un édifice gothique fort remarquable, de la période rayonnante et flamboyante, qui a été récemment restauré. Seul le choeur, construit en 1640. est de style classique. La haute tour, couronnée de pinacles barbelés, date du XV" siècle : il n'en est guère d aussi belle en Suisse. Le grand portail a de remarquables bas-reliefs représentant le Jugement dernier.
L intérieur renferme des stalles très intéressantes du XV' siècle, une chaire et un baptistère de la Renaissance, et, dans le chœur, de précieux vitraux du XIV siècle, provenant de l'abbaye d Hauterive. La nef est ornée de nombreux vitraux modernes, dont beaucoup, offerts par 1 Etat, portent la dédicace :
Virgini Mariœ Respublica friburgensis (1). Les célèbres orgues, achevées en 1834 et dues à Aloys Moser, comptent parmi les plus réputées : elles ont 7 800 tuyaux et 76 registres ; les concerts d orgue, donnés tous les soirs en été. sont très courus. Un buste d'Aloys Moser figure dans la cathédrale, ainsi qu une plaque commémorative du père jésuite Canisius (né à Nimègue et fondateur du Collègede Fribourg. au xvr siècle). La croix de procession aurait été prise à Charles le Téméraire à la bataille de Morat.
Fribourg a deux autres églises intéressantes : Notre-Dame, avec un antique clocher roman, et, dans la ville basse. Saint-
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(1) A la vierge Marie, la République de Fribourg.