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ÉGLISE DE SAINT-BEATENBERG ET LA JUNC

en commodité ce qu elles ont perdu en pittoresque sauvage. C est le Beatushœh len (grotte de Saint- Béat).

Le Beatenberg s'avance dans le lac en un long promontoire, appelé le (( nez »

( N ase), et que contourne la superbe corniche de la route, suivie par un tramway.

A l'est, le rivage s incurve, avant de rejoindre la plaine d Interlaken où débouche lAar, encombré d'herbes et de sable, au milieu de champs de roseaux, à côté d'un canal latéral creusé pour la navigation, et perpétuellement drainé et endigué : car

les rives tendent sans cesse à s'effondrer, tandis qu'il surgit à chaque instant des bancs mouvants au milieu du courant.

Zweisimmen et Saanen. — Avant de nous engager au cœur de l'Oberland, revenons à Spiez pour remonter tour à tour les deux vallées qui convergent autour du Niesen.

La plus occidentale, particulièrement verdoyante et accidentée, est arrosée par la Simme qui prend sa source sur les confins du Valais, dans les glaciers du Wildstrubel, près du col de Rawyl, et se dirige vers le nord pour décrire un vaste arc de cercle vers 1 est, avant de joindre ses eaux à celles de la Kander.

La voie ferrée la remonte jusqu à Zweisimmen. Elle passe par le coquet village de Wimmis, accrochée à 1 orée d un défilé boisé, au flanc d une butte pittoresque que couronne, près d une vieille église, une antique tour féodale. Un peu plus haut, Erlenbach, où 1 on voit des ruines médiévales intéressantes, est le centre du commerce du bétail de la vallée. Le Simmental est, en effet, renommé dans toute la Suisse pour ses boeufs, qui appartiennent à la pure race tachetée des Alpes.

Plus en amont, Boltigen, bourg prospère, renferme de curieux vitraux dans son église ; le col de Bruchberg (ou de Jaun), suivi par une route de voitures à travers de belles forêts, le relie à l'ouest avec Bulle, dans le canton de Fribourg.

Zweisimmen, à la sortie d une belle gorge, est la localité la plus populeuse de la vallée, avec des marchés agricoles très importants. Située à près de mille mètres, c'est déjà un séjour d altitude assez recherché, dans un cadre frais et tranquille. Comme curiosités, il faut citer la vieille église et les ruines voisines du Mannburg et du Mannried.

Là le chemin de fer à voie normale fait place aux lignes de montagne, dont l'une remonte

OBERLAND BERNOIS

Z \ï E I s 1 \1 \1 E N ET L\ \- A L L E E DE LA S I M M E .

la vallée de la Grande Simme vers les bains sulfureux de Lenk, tandis que l'autre gravit le col des Saanenmœser pour redescendre à Saanen, dans la vallée de la Sarine.

Cette petite région est la seule de l'Oberland bernois qui ne fasse pas partie du bassin supérieur de l'Aar; mais si la géographie physique 1 en sépare, la communauté de langue la rattache par contre au canton de Berne, car la haute vallée de la Sarine parle allemand comme le reste de 1 Oberland. La rivière sort du massif du Sanetsch et arrose Gsteig. où débouche le col du Pillon (du canton de \'aud), puis Saanen, que les Suisses romands appellent Gessenay.

Cette curieuse petite ville est assez industrielle et commerçante, située quelle est au centre d un réseau de cols importants, et au point de jonction des cantons de Berne, du Valais, de \ aud et de Fribourg. De vieilles maisons avec des inscriptions et une église historique attestent son ancienneté. Ce fut le bastion des Bernois contre le haut pays de Vaud qu ils commandaient par cette place forte. Sa position d'otage stratégique explique la germanisation de la haute vallée de la Sarine, qui toutefois n'eut lieu qu'assez tard

UNE RUE A SAANEN.

dans le moyen âge. Saanen est la dernière localité où l'on parle allemand. Au delà la voie ferrée pénètre avec la rivière dans le pays de Vaud et la région de langue française : la limite linguistique suit exactement, au sud-ouest de l'Oberland, la frontière du canton de Berne.

La vallée de la Kander. Adelboden. — A l'est du Niesen, la grande ligne du Lœtschberg, qui met Berne en relations directes avec le Simplon et Milan, remonte la vallée de la Kander. Plus proche des glaciers, celle-ci a des perspectives plus grandioses et plus sauvages que sa voisine. Après les bains de Heustrich, s ouvre à 1 est la vallée latérale du Kiental, qui est fréquentée depuis qu elle est desservie par une route carrossable, et qui offre des sites fort beaux de

haute monta- 1

gne, surtout dans sa partie supérieure, fermée par le prestigieu x cirque glaciaire de Bliimlisalp.

Frut igen est une coquette petite ville, à la jonction de deux vallées, avec une trè.s ancienne église romane, etqui est devenue depuis peu un lieu de villégiature appréciédesamisde la forêt et de la nature paisible. Là débouche l'Eng- LE VILLAGE DE CSTEIC.

stligenbach, dont îé cours torrentueux et encaissé est remonté par une route jusqu'à Adelboden, et par une récente voie ferrée.

Adelboden, chétif village alpestre que les guidesne mentionnaient même pas voici trente ans à peine, s'est transformé en quelques années en une station d'étrangers très à la mode. Les sports d hiver ont accompli cette métamorphose. L altitude delà localité (I 400 mètres), la plus élevée du canton de Berne, et surtout sa situation exceptionnellement favorable à l'abri des vents, en plein soleil, au centre des pentes que couronne au loin le fronton toujours neigeux du Wild-

strubel, prédestinaient Adelboden à devenir une des premières places hivernales de Suisse pour la luge, le patinage et le ski. En même temps, le site est de plus en plus recherché 1 été comme séjour d'altitude et centre d ascensions.

L'église date du \V" siècle, et, ce qui est assez rare à cette altitude, on voit beaucoup d anciens chalets avec des inscriptions curieuses. Mais ce sont surtout les environs qui attirent le touriste : immenses alpages aux ondulations molles, coupés de forêts de sapins; large horizon des montagnes déchiquetées, gorges romantiques où bouillonnent les torrents, sauvage cascade rocheuse de l'Engstligen, solitudes farouches et désolées des hautes altitudes vers le massif glaciaire du Wildstrubel. L'hiver présente un charme non moins puissant quand, sous un ciel cru, la lumière aveuglante du soleil fait resplendir ou ombre d étranges lueurs violettes la neige qui feutre tous les replis et les reliefs du sol, et d'où émergent seuls les cônes noirs, parfois givrés, des sapins.

Revenons à Frutigen pour remonter la vallée de la Kander. près des ruines de Tellenburg, et du coquet et minuscule lac Bleu, emprisonné dans les sapinières, les rochers et les mousses. La gorge de la rivière s'étrangle et la ligne du Lœtschberg prend en écharpe la paroi abrupte du Felsenburg au flanc de laquelle

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