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VUE CÉNÉKALL DE E U C E R N E ET EK l'IEAIE {I\il M.).
LES QUATRE-CANTONS
LA DESCENTE DU BRUNIG; l'OBWALD. — LE LAC DES QUATRE-CANTONS. — LUCERNE. — LE CANTON DE LUCERNE : L'ENTLEBUCH, SEMPACH. — LE PILATE ET LE RIGL — LES CHEMINS DE FER DE MONTAGNE. — LE BURGENSTOCK ET LE STANSERHORN. — LE NIDWALD : STANS ET ENGELBERG. — LA CROIX DU LAC : DALP- NACHSTADT A KUSSNACHT ET A VITZNAU. — LA FÊTE FÉDÉRALE EN SUISSE. — LE BASSIN CENTRAL DU LAC; BRUNNEN. — LE GOLFE D'uRI. — ALTDORF. — SCHWYZ. — L'ABBAYE D'EINSIEDELN. — ZUG ET SON LAC.
La descente du Brûnig; l'Obwald. — Pour pénétrer dans les Quatre-Cantons, ce berceau de la Suisse primitive, une des voies d accès les pluspittoresques est certainement celle du Briinig.
La descente du Brùnigvers Lucerne diffère complètement de la montée par le versant de l'Oberland bernois. La vallée que l'on suit, parcourue par une petite rivière, 1 Aa, est le type de la vallée à terrasses qui tombe par étages successifs jusqu à son niveau le plus bas. Au-dessous du col, après une descente rapide à travers des sapins clairsemés dans des herbages rocailleux, deux cuvettes supérieures superposées se succèdent à courte distance, puis une troisième, plus vaste, au creux de laquelle dorment les eaux vert sombre du lac de Lungern. Nouvel escarpement, et tout au fond le lac de Sarnen s étale dans une vallée large qui descend désormais en pente douce jusqu'au lac des Quatre-Cantons.
Le petit lac de Lungern, qui se découpe près d'un village au fond de pentes gazonnées, est intéressant à plus d'un titre. Il est arrêté en aval par un bourrelet de terrain, véritable barrage naturel qui fait obstacle à I écoulement des eaux. Ln général, dans des cas analogues, le niveau du lac s'élève jusc|u'au moment où il déborde 1 obstacle. Mais cette fois les eaux ont trouvé un passage souterrain, et la rivière ressort beaucoup plus bas pour continuer sa course dans la vallée. On a l'impression que le lac s'enfonce
dans sa cuvette, bu peu à peu au fond de cet énorme entonnoir : en réalité, le niveau a baissé de trente-cinq mètres en 1836 à la suite de l'établissement d'une galerie dans le seuil rocheux du Kaiserstuhl.
Au delà de Gyswil, le lac de Sarnen, tout différent du précédent, s'arrondit, clair et large, dans une vallée bien ouverte, et fait miroiter entre des rives de roseaux ses eaux ardoisées et opalines.
Sur la côte orientale s'étage dans les vergers la riante localité de Sachseln. dont 1 église est fière de posséder les reliques de l'ermite Nicolas de Flue. Cet ermite, originaire du village voisin de Flueli, réconcilia, suivant la tradition, les Suisses divisés après les guerres de Bourgogne, et contribua ainsi à sauvegarder l'unité nationale : aussi est-il, pour cette raison, vénéré comme un saint, surtout dans les Quatre-Cantons ; les Suisses associent toujours étroitement la religion et la patrie. On montre encore à l'est de Sachseln, dans les gorges du Ranft, à I entrée de la vallée boisée de Melchtal, la cellule de bois dans laquelle 1 ermite vécut une vingtaine d'années ; tout près, une chapelle a été élevée en son honneur.
A l'extrémité du lac, la petite ville de Sarnen, qui compte quatre mille âmes, est l'un des deux chefs-lieux du canton d Unterwald. Cette petite république est en effet partagée, comme Bâie et Appenzell, en deux demi-cantons, complètement autonomes. Celui d Obwald est formé par la vallée de 1 Aa de Sarnen. Le pouvoir législatif est entre les mains des citoyens, qui se réunissent chaque année au chef-lieu, le dernier dimanche d avril, pour élire les magistrats et voter les lois. Un intéressant relief du lac des Quatre-Cantons et de la région est exposé à 1 hôtel de ville. Un peu plus haut, le joli village de Kerns, entre les vergers et les forêts, est à proximité de plusieurs établissements balnéaires.
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