LE QUAI DES ALPES ET L UETLIBERG
qu'au parc Belvoir, où l'on trouve concert et restaurant. Il y a des auditions musicales dans presque tous les parcs de Zurich, et I installation des restaurants dans des jardins ombreux est un des principaux charmes de la ville et des environs.
Sur l'autre rive, I Uto-quai, beaucoup plus long, se déroule en face des eaux bleutées du lac, près duquel s alignent les hôtels, les palaces, les villas entourées de jardins. Grâce à son exposition en plein midi et à l'abri, protégé par toute une rangée de hauteurs contre les vents du nord. Zurich a un climat très doux qui permet de cultiver des plantes et des fleurs de pays chauds. Sur la rive on voit le théâtre municipal et divers autres lieux de divertissement. Zurich possède quatre grands théâtres : deux ont la spécialité des comédies populaires et des farces. Le quai se termine au parc du Zurichhorn. qui fait le pendant du Belvoir, mais plus rustique, et avec un petit musée zoologique. Par derrière s'est construit un vaste quartier neuf, coquet, aéré, où s'élèvent chaque jour de nouvelles et riches habitations privées.
Tout l'été l'animation est grande sur les quais, où l'on aime muser et rêver, surtout à l'heure exquise du soleil couchant. Avant ou après les grands voyages alpestres et les rudes ascensions, il fait bon paresser quelques jours dans ce décor de confort et de gaieté, en face des eaux bleues et du panorama harmonieux et riant des lointains, qui contraste si vivement avec la grandeur farouche de la montagne alpestre récemment foulée aux pieds.
La vieille ville : aux bords de la Limmat. Monuments et églises. Zwingli. — La vieille ville de Zurich était entourée de remparts, aujourd'hui démolis, et de fossés qui subsistent en grande partie. Sur la rive droite de la Limmat, les anciennes fortifications ne sont plus attestées que par le boulevard qui porte le nom expressif de Hirschengraben (Fossés aux cerfs).
De I autre côté on avait dérivé l'eau de la Sihl — qui se jette dans la Limmat comme à Genève lArve dans le Rhône, mais plus près de la ville, — et on avait réuni la rivière au lac par un canal zigzaguant, qui courait le long des murailles, et qui subsiste toujours : ce sont les Schœnzengraben (fossés des remparts).
Les derniers restes de la vieille ville. qui a disparu en majeure partie sous le pic des démolisseurs, sont dans les quartiers qui bordent la Limmat : le coup d œil est pittoresque, du pont de
la cathédrale, sur les deux rangées irrégulières d'anciennes maisons, parfois en bois, aux combles pointus, que relèvent çà et là des tours et des clochers. La rive droite est surtout curieuse avec les vieilles rues étroites et tortueuses, mais toujours d une propreté parfaite, la Munstergasse, la Niederdorfstrasse, la Neumarkt.
Le long de la rivière, ilôts et ponts se succèdent dans une perspective accidentée. Près du lac, une ancienne redoute transformée en parc avec rafraîchissements et concerts — la Bauschaenze — forme une jolie tache de verdure. Plus loin, les arches du pont de la cathédrale. Puis la Limmat s'étrangle au niveau du pont large et court, qui débouche entre deux vieux édifices en saillie, l'ancien hôtel de ville, du XVII' siècle, et la halle aux bouchers. En descendant encore, on voit quelques anciens moulins sur pilotis, en partie démolis, en amont d'une île autour de laquelle s'élargit la rivière.
La rive occidentale offre un lacis de ruelles bosselées. La terrasse plantée d'arbres du Lindenhof est liée à d antiques souvenirs historiques : là s'éleva un château fortifié, sans doute dès 1 époque romaine, et reconstruit par les empereurs germaniques.
Les plus anciens monuments de Zurich sont ses églises. La doyenne est la cathédrale, le Grossmùnster, un peu composite et d'un curieux effet par le contraste étrange que présentent des cou-