LA TONHALLE OU SALLE DE CONCERTS
cinquantaine d'années, se sont complètement métamorphosées pour attirer les colonies des étrangers plus encore par leurs distractions et leur charme que par la largeur de leur hospitalité. Rien ne manque au parallèle, pas même une similitude d aspect général : les vieux quartiers aux pignons anguleux refoulés le long de la rivière — Rhône ou Limmat — et la somptuosité des constructions modernes, des grands hôtels, des parcs et des quais, qui font à 1 estuaire du lac un luxueux décor. Tel pont, tel quai de Zurich évoque inconsciemment dans l'esprit l'ambiance et le coup d œil du pont du Mont Blanc ou du quai des Alpes, avec cette différence que Genève est orientée au nord et Zurich au midi.
Il y a peut-être encore plus de faste à Zurich dans les édifices riches et grandioses. — publics ou privés, — plus d'animation dans les avenues si mouvementées, où s'affairent et flânent tour à tour les passants, que sillonnent les voitures, les automobiles, les tramways électriques. On a calculé — la statistique est parfois attrayante — que Zurich est une des villes où la circulation des tramways a le plus d'intensité : la longueur du réseau urbain est de 70 kilomètres environ, avec plus de deux cents voitures, qui parcourent, par an, sept à huit millions de kilomètres, et transportent trente millions de voyageurs, chaque Zurichois faisant en moyenne 150 voyages par an. Zurich est devenue la cité moderne par excellence, où règne l'amour du confort, le luxe, mais aussi le bon goût, où I on se divertit, — où l'on travaille plus encore. On s'est efforcé de plaire aux étrangers, en leur offrant un séjour de plaisir, de faste, de gaieté. Mais Zurich est toujours restée « l'Athènes de la Limmat », suivant son glorieux surnom,
— la ville intellectuelle qui plaisait tant à Goethe, la cité active, riche par son labeur. C est, dans la pleine conception du mot et à tous les points de vue, une véritable capitale.
La ville moderne et de plaisir. Les quais du lac. —
La grande artère la plus animée de Zurich, la Banhojsftasse, belle voie plantée d arbres et bordée de luxueux édifices modernes,
— magasins, banques. Bourse, poste, écoles, — relie au lac la gare monumentale, devant laquelle a été érigé un monument à
Ihomme d'Etat Alfred Escher, fondateur du Polytechnicum de Zurich et promoteur de la ligne du Gothard.
Cette avenue débouche sur les quais, en s'ouvrant par un jardin public et une vaste place, près du pont — le Quaibriicke — qui coupe la Limmat à sa sortie du lac. Construit en 1882, le Quaibrùcke par sa situation se rapproche du pont du Mont Blanc de Genève : et si ses dimensions sont un peu moindres, le coup d'œil qu'il offre sur le lac et les montagnes, dominées par les sommets neigeux des Alpes glaronnaises, est tout aussi majestueux.
.A 1 ouest le quai des Alpes, dans un décor de verdure, est bordé de somptueuses constructions, parfois surchargées, rehaussées de tourelles et de clochetons : la Tonhalle, — casino spécialement consacré aux auditions musicales, — le Château rouge un peu criard, le palais Hennenberg, la Maison blanche. Le joli parc de l'Arboretum. aux plantations variées, où Ion a élevé un buste à Biirkli, le constructeur du quai, occupe un renflement de la rive, non loin de la station d'Enge. Après un coude, le quai se poursuit derrière un petit port, jus-
ZURICH
cl. Pholo-Ulob.