LE RHIN ET LA VILLE DE BALE
BALE
BALE A TRAVERS L HISTOIRE. — ASPECT GENERAL. LE RHIN. — BALE VILLE ANTIQUE. LES VIEUX QUARTIERS. LE RATHAUS. — LA CATHÉDRALE. — LA PEINTURE : HOLBEIN ET BŒCKLIN. LES MUSÉES. — LES QUARTIERS NEUFS DE LA RIVE GAUCHE. LA SOCIÉTÉ BALOISE. l'INDUSTRIE, LE COMMERCE, LES BANQUES. — LES ENVIRONS DE BALE. LA VALLÉE DU BIRSIG. SAINT-JACQUES. LES VIEUX CHATEAUX DE LA BIRSE. — EN REMONTANT LE RHIN. LES RUINES ROMAINES d'aUGUSTA RAURACORUM. — LA VALLÉE DE L'ERGOLZ. LIESTAL. LE JURA BALOIS.
aie à travers l'histoire. —
Bâle est, avec Genève, une des deux grandes portes de la Suisse.
— la <i porte d'or h, disent les Bâlois. A l'extrémité du territoire helvétique, poussant une pointe en Allemagne, comme Genève en France, Bâle vécut aussi pendant quelques siècles — moins longtemps toutefois que sa soeur romande — en marge de la Confédération.
La position stratégique naturelle qu occupe Bâle,' au coude du Rhin, devait attirer lattention des Romains. La ville se fonda autour d'une forteresse construite à la fin du IV siècle, par l'empereur Valentmien. pour résister aux incursions des Alamans : il est curieux qu'on lui ait donné un nom grec, Basilea. — qui signifie " la royale ". La destruction de la cité romaine voisine, Augusta Rauracorum, profita à Bâle, qui devint bientôt la métropole de la région. Un évêché y fut fondé, autour duquel gravita 1 histoire bâioise pendant dix siècles. Les évêques eurent bientôt un fief temporel important, qui releva de l'empire germanique. Les bourgeois achetèrent peu à peu leurs franchises : Bâle, devenue ville libre, prospéra rapidement par le commerce et l'industrie, en dépit du tremblement de terre de 1356.
Le XV' et le XVl siècles sont les plus intéressants de I histoire bâioise. La ville connut alors une prospérité considérable. Le célèbre concile tenu à Bâle de 1431 à 1443 provoqua un mouve-
msnt intellectuel intense. Savants et humanistes s'y donnent rendez-vous ; la peinture, avec Holbein. y brille d'un vif éclat. L'Université est fondée; limprimerie naissante y prend son essor avec Jean Froben, surnommé le n roi de l'imprimerie ». En 1501, la ville entre dans la Confédération helvétique. La Réforme amène bientôt une crise importante : en 1529, l'évêque, avec le chapitre, est expulsé et se retire dans ses domaines (I), qui correspondaient à peu près au Jura bernois actuel, et dont la population reste fidèle au catholicisme ; la ville, avec la banlieue sud formant le canton actuel, avait embrassé le protestantisme.
Cette scission, accompagnée de l'exode des familles catholiques, porta un coup à la prospérité de Bâle. Les XVII' et Xyill' siècles sont une époque de stagnation, sinon de déclin. Toutefois beaucoup de réfugiés français réformés vinrent s'installer dans la ville, où ils contribuèrent à développer 1 industrie de la soie et à répandre l'influence et la culture françaises. Des traités importants y furent signés en 1795. Le congrès de Vienne agrandit le canton de quelques communes distraites du domaine de I ancien évêché (qui lut réuni, pour la majeure partie, à Berne). Une nouvelle crise assez grave éclata bientôt : à la suite d'une guerre civile, l'Etat, en 1833, se séparait en deux demi-cantons, Bâle- Ville et Bâle- Campagne.
C'est dans la seconde moitié du XIX'' siècle que s'est produite la seconde renaissance économique : la ville a pris soudain un grand essor et s'est développée avec une rapidité extraordinaire : de 37000 âmes en 1860, elle passait à 112000 en 1900. après
(1) Jusqu'à la Révolution, l'évêque siéçca étant l'allié dec cantons catholiques suisses.
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