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LF, GRAND ESCALIER DU RATHAUS

des banquiers richissimes, probes et durs à eux-mêmes, sévères et défiants derrière leurs hautes fenêtres grillagées comme des coffres-forts. Le centre de lanimation, à Bâie. est la place du Marché, où s'élève le Rathaus. Ce vieil hôtel de ville si remarquable a été restauré récemment, et l'on a fort critiqué le bariolage un peu violent de sa façade, avec des couleurs trop vives, bleu, or, rouge, — rouge surtout. Quelque opinion qu on professe à ce sujet, la façade de l'édifice, encastrée dans des constructions voisines, ne produit pas moins un bel effet, avec les rangées d'étroites fenêtres tripartites qui courent sous les créneaux et sur les arcades, entre deux tours inégales, l'une trapue portant une échauguette en saillie. I autre haute et élancée, dominant tout I édifice et rehaussée de tourelles d'angles à clochetons. Bien qu il date du XVI' siècle, le monument, tant par sa construction que par la fantaisie de son architecture, se rattache encore à la tradition gothique, et spécialement à celle de 1 école bourguignonne. Les personnages peints sur la façade achèvent de lui donner un aspect de bizarrerie étrange qui n est pas sans charme.

A 1 intérieur un superbe vestibule à arcades remonte à la même époque ainsi que le grand escalier. On remarque des fresques en grisaille de Jean Bock. Au perron, une statue du XVI' siècle représente Munatius Plancus, qui aurait été le fondateur de BâIe, d'après une tradition reconnue aujourd'hui erronée. Par derrière, les différentes parties de l'édifice descendent vers le Rhin par des gradins formant terrasses, le long d une colline escarpée : chaque terrasse se compose d'une cour intérieure autour de laquelle sont groupées les salles du monument.

Sur la terrasse supérieure se trouve le bâtiment des archives, avec un joli cloître voûté sur double colonnade entourant un petit jardin. La plus belle salle, celle du Conseil d'Etat, est au premier étage : elle est ornée de boiseries sculptées et de vitraux à armoiries du xvr siècle. La salle du Grand Conseil (assemblée législative du canton) est de style moderne et renferme des fresques historiques de Schill.

La cathédrale. — La cathédrale — le Munster — a fort belle allure avec ses murs grenus en grès rouge des \ osges, sa façade sévère et ses deux tours élégantes, couronnées de flèches élancées, ajourées, finement ouvragées, suivant le goût du moyen âge à son déclin. Elle a été restaurée à deux reprises dans la seconde moitié du XIX" siècle. Là aussi on a pu reprocher quelque excès dans ce travail :

le vénérable monument a été un peu trop dégagé, nettoyé, lustré, remis à neuf: la toiture en tuiles polychrome ne laisse pas de produire un effet singulier. Mais l'ensemble garde son unité et sa belle harmonie.

On ignore à quelle époque fut bâtie la première église sur remplacement actuel de la cathédrale. D'après la tradition, lempereur germanique Henri M.

qui avait fait passer la ville de Bâle sous sa suprématie, aurait, au début du XI' siècle, fait réédifier la basilique détruite par les Hongrois : les Bâiois reconnaissants adoptèrent pour patron l'empereur, qui fut canonisé après sa mort. La nouvelle église fut incendiée en grande partie en 1185, reconstruite et réédifiée à nouveau après le tremblement de terre de 1 336 suivi d un incendie : à ce moment la voûte de la grande nef s'effondra, et

BALE

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