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BADEN ET LA VALLEE DE LA LIMMAT

PLAINE DU RHIN

L'aRGOVIE. — AARBURG. ZOFINGEN. — SCHINZNACH ET BADEN. LE CHATEAU DE HABSBOURG. — L ANTIQUE VINDONISSA. LE COUVENT DE KŒNIGSFELDEN. BRUGG. — RHEINFELDEN. LES BORDS DU RHIN. — LES HABITATIONS EN SUISSE. — LE CANTON DE SCHAFFHOUSE. — LA CHUTE DU RHIN. — LA THURGOVIE. FRAUENFELD ET LA VALLÉE DE LA THUR. — LAGRICULTURE EN SUISSE. — LE LAC DE CONSTANCE. — LA RIVE ALLEMANDE ET AUTRICHIENNE. — LA RIVE SUISSE. ROMANSHORN. ARBON. RORSCHACH.

'Argovie. Sa formation.

L Argovie occupe en Suisse une situation hydrographique très importante. Située au point de convergence des principaux affluents de l'Aar, qui se rejoignent un peu avant le confluent de cette rivière avec le Rhin, elle commande, par leur débouché commun, toutes les vallées et les régions de la Suisse centrale : par l'Aar, le haut pays de \ aud, Neuchâtel, Fribourg, Berne et l'Oberland ; par la Reuss, les Quatre- Cantons; par la Limmat, Zurich et Glaris. 11 était fatal que, par sa position, cette région, sans défense naturelle, attirât de tout temps les convoitises de ses voisins. La féodalité suisse d'origine germanique se développa et se fortifia particulièrement en Argovie : tout le pays était hérissé de châteaux forts, dont on voit encore de nombreux vestiges. Les

em.pereurs allemands s'efforcèrent d'y prendre pied. La maison de Habsbourg possédait à l'origine d'importants domaines dans cette CDniré:. dont elle était originaire : tout l'effort des Suisses consista, pendant deux siècles, à rejeter au delà du Rhin ces voisins dangereux. Enfin Maximilien, définitivement vaincu après la loiiijue guerre de Souabe, céda à la Confédération l'Argovie, qui devint pays sujet, et fut partagée entre les cantons voisins de Berne, Lucerne et Zurich. Seules plusieurs petites villes au bord du Rhin restèrent au pouvoir de l'Autriche jusqu'au début du XIX' siècle.

Au moment de la Réforme, chacun de ces divers maîtres s'efforça de faire prévaloir, dans le territoire qu'il possédait, la religion qu il avait choisie pour lui-même : c'est ce qui explique la complexité actuelle de la carte religieuse de l'Argovie, qui compte 55 pour 100 de protestants contre 45 pour 100 de catholiques, groupés respectivement dans des territoires juxtaposés, mais rarement mélangés. Lepaysd'Argovie, qui n'avait jamais eu d'unité politique et sociale, fut érigé en 1798 en un canton, formé, comme on l'a dit ensuite, de pièces et de morceaux détachés des cantons voisins et cousus ensemble. Néanmoins l'unité géographique du pays lui assure une physionomie spéciale : vallonné, mais sans montagnes, le mieux

AARAU ET LA VALLEE DE LAAR.

arrosé de toute la Suisse, il est particulièrement agricole et propice aux cultures maraîchères. L'industrie y a pris aussi quelque extension. Il compte enfin quelques-unes des villes d eaux helvétiques les plus fréquentées.

Le long de l'Aar. Aarburg. Zofingen. Aarau. — Canton aux frontières capricieusement découpées, ! Argovie, qui a son centre à la jonction de l'Aar avec la Reusset la Limmat, étend de longues tentacules en amont, le long du Rhm, de la Reuss, et surtout de 1 Aar.

Le point extrême sur lAar est Aarburg — le burg de I Aar — petite ville groupée dans un cadre très pittoresque sur le dôme d'une collme arrondie, au centre d une plaine rehaussée par une couronne de hauteurs accidentées. Ceinte en partie de courtines et de bastions gothiques, elle est dominée par un château fort, construit sur le roc par les Bernois sur l'emplacement d une forteresse plus ancienne. Dans les environs, le petit château de Sifli, utilisé par lindustrie hôtelière, couronne une hauteur isolée et boisée, d où émerge sa tour crénelée toute neuve avec ses minuscules clochetons.

A quelque distance, sur un affluent de l'Aar, Zofingen, la ville

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