L EGLISE DE S A 1 N T- J ACQU E S
dance de la jeune république. Le résultat fut lentrée de Bâle dans la Confédération. N'est-il pas curieux que les destinées de la Suisse se soient jouées deux fois au XV siècle aux portes de Bâle, ' à l'époque où la ville connut une grande prospérité ? — Arlesheim a un très beau parc, dans lequel s élève le château restauré de Birseck, ancienne résidence des évêques de Bâle. Non loin, les ruines de Dornach.
Toute la contrée est parsemée de châteaux forts plus ou moins ravagés. /Esch, où la vallée se resserre en une gorge étroite, est dominé par le manoir d'Angenstein, bien conservé: son énorme et fruste donjon carré sans toiture, auquel sont agrégées des tourelles et des constructions de diverses époques, s'accroche à un promontoire rocheux percé par le tunnel de la voie ferrée. Un peu plus loin, les ruines romantiques du burg de Pfeffingen hérissent leur donjon éventré et leurs remparts démantelés sur un éperon de montagne altier, rocailleux et boisé, qui commande le village, le défilé et la plaine.
Sur la rive droite de la Birse s élève, par étages successifs, le plateau accidenté de Gempen : à l'endroit le plus haut, le Gernpenfluh. a été érigé un belvédère d où Ion jouit d'une vue immense, par delà les vallonnements du Jura bâiois, sur la lointaine chaîne des Alpes, argentée et dentelée à Ihorizon, depuis le Saentis jusqu à la Dent du Midi. La région offre de magnifiques pâturages coupés de sapins. (( Le chalet, écrit un auteur bâiois, est protégé contre l'âpre vent du nord par une paroi de rochers ou par quelque repli de terrain. Son toit en bardeaux, légèrement moussu et poli par les pluies, s'argente et miroite sous les rayons du grand soleil. Quelques prairies grasses forment une sorte d oasis de verdure autour du chalet. La fontaine chantonne et laisse couler son eau limpide et glaciale. Mais si le voyageur veut s y désaltérer, il hésite, arrêté par la vue du chien qui, gardien fidèle, tire férocement sur sa laisse et découvre une mâchoire blanche et menaçante. Ce charmant tableau est encadré par des forêts de sapins. Les sentiers qui relient le chalet avec la vallée sont rocailleux, et il faut, pour les gravir, de robustes semelles, n
En remontant le Rhin Les ruines romaines d'Augusta Rauracorum.
— Les bords du Rhin abondent en sites variés et pittoresques. Ln aval, sur la rive gauche, se trouve, aussitôt après la frontière, la vieille ville de Huningue, aux anciennes fortifications, célèbre par la résistance désespérée quelle opposa aux alliés en 1815, et que Détaille a immortalisée dans un tableau célèbre. La rive alsacienne du Rhin était jadis très marécageuse avec de vastes tourbières et fondrières : le fleuve se divisait en nombreux bras d eau stagnante, qui étaient le loyer d éclosion d innombrables moustiques: dans les îles s'était développée une riche végétation et habitaient divers animaux aqua-
BALE
ÎASEL-AUCST
Cl. Pbolo-Cilob.
l'amphithéâtre romain.
LA RATHAUSSTRASSE.
tiques, rares dans nos pays. Aujourd hui. à la suite d importants
travaux d'assainissement, le fleuve a été canalisé et les bras morts
se dessèchent peu à peu pour se couvrir de forêts et de prairies.
En arrière, sur les premières pentes du Sundgau. s'étend la vaste
forêt du Hardt. couverte de broussailles et de courtes futaies, et
qui est extrêmement giboyeuse.
Plus proche des contreforts montagneux, la rive badoise — la
rive droite — est plus accidentée. La vallée de la Wiese, menue
rivière qui se jette dans
le Rhin un peu en aval
de Bâie. pénètre jus-
qu au cœur de la forêt
Noire : dans sa partie inférieure, ce cours d eau
limite au nord la petite
fraction du canton de
Bâiequi déborde sur la
rive droite du Rhin.
Cette jolie vallée, dont
Hebel a fait le cadre
préféré de ses poésies
alémaniques, est aujour-
d hui très industrielle et
possède de nombreuses
fabriques, dirigées pour
la plupart par des Bâ-
lois. Deux chemins de
montagne conduisent de BâIe aux sommets de la
forêt Noire sur les deux rives de la Wiese, en passant l'un par le " signal Il de Tullingen, l'autre par celui de Crischona et la crête du Dinkelberg. De ces deux I signaux i on domine un panorama extrêmement vastequi. par les temps très clairs, s'étend jusqu aux Alpes.
La rive gauche du Rhin est exclusivement suisseen amont de BâIe.
Elle est bordée de prairies et de collines, sur lesquelles on récolte un vin apprécié. A Schweizerhalle sont des salines et un petit établissement Isalnéaire. Mais la grande curiosité de la région, ce sont les ruines romaines de l'antique Augusta Rauracorum , près de
LE CHATEAU D ANCE.NSTEIN, PRES D AESCH.
Basel-Augst. à 1 embouchure de I Ergolz, qui forme à cet endroit la limite entre les cantons de Bâle et d Argovie.
La ville était à l'origine une colonie militaire, fondée en l'an 13 avant Jésus-Christ par Munatius Plancus. Elle se développa rapidement car, comme Avenches, elle se trouvait sur la grande voie romaine du Grand-Saint-Bernard à Mayence. l'artère centrale de l'Helvétie, qui, à cet endroit, rejoignait le Rhin. Ce fut une cité très importante du 1"' au III' siècle : elle s étendait au sudest de Basel-Augst sur une colline. A partir du IV' siècle, elle fut ruinée par les Alamans, et le développement de Bâle acheva de lui porter un coup mortel : la ville populeuse devint un chétif village qui descendit dans la plaine, Augst, coupé en deux par r Ergolz — Basel- Augst, bâiois, sur la rive gauche. Kaiser- Augst, argovien, sur la rive droite — mais qui a l'honneur de porter aujourd'hui, seul avec Aoste de toute l'Europe, le nom glorieux de l'empereur Auguste ( 1 ).
La grande cité de quarante mille âmes est devenue un village de cinq cents habitants.
Grandeur et décadence !
Des fouilles entreprises sur remplacement de la cité romaine ont mis à jour les restes du théâtre antique le mieux conservé de toute la Suisse :
bel amphithéâtre entouré aujourd hui d'un cadre de verdure pittoresque. On a également exhumé, dans le voisinage, des fragments importants du mur d'enceinte, avec des tours semi-circulaires en briques.
(I) L'allemand a Itansformé Augu:ita en Aui>st, comme le haut piémontais a changé Augusta (prononcé ^gosfa en latin vulgaire d'Italie) en Amia.
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L OBERES THOR.
ALULNBLKl
LA RUE PRINcll'ALL.
La vallée de l'Ergolz. Liestal. Le Jura bâlois. —
Un réseau de voies ferrées très serré rayonne autour de Bâie. Le Rhin est suivi par deux grandes lignes, en amont comme en aval ; le Birsig et la Wiese sont remontés également par un chemin de fer d'intérêt local; une double ligne — par Nlulhouse et par le Jura bernois — se rejoint à Belfort pour bifurquer ensuite vers Paris ou Calais. Enfin, un peu avant le confluent de lErgolz. la grande voie d'Olten et du Golhard se détache de la ligne de Zurich et de Schaffhouse. qui continue à longer le Rhin avant de se scinder à nouveau.
La vallée de I Ergolz. que remonte la ligne d'Olten, constitue la majeure partie du demi-canton de Bâle-Campagne. Son chef-lieu. Liestal, est une petite ville intéressante. Il a bien I aspect des antiques cités suisses avec sa Rathausstrasse, bordée de maisons anciennes aux toits en saillie, au fond de laquelle apparaît la silhouette quadrangulaire de l'Obères Thor. Cette tour médiévale est percée à la base d un passage ogival voûté.
Quelques tours d'enceinte ont été démolies. Il reste encore une partie des anciennes murailles auxquelles sont adossées des maisons particulières. L'hôtel du gouvernement remplace l'ancien Burg ou Freihof, qui était un lieu d asile pour les réfugiés de toute nature.
L'hôtel de ville, étroitement encastré entre deux maisons de la rue prmcipale, datait du XV siècle et portait, sur sa façade, de curieuses fresques du XV' siècle repré.sentant l'histoire de Zaleucos. roi des Locriens. Menacée de ruine, la façade fut récemment démolie et reconstruite exactement sur le même modèle.
Dans la salle des séances . ornée de gigantesques bois de cerf, on montre la coupe de Charles le Téméraire prise
à la bataille de Nancy, à laquelle participèrent, avec les Lorrains, les contingents bâlois.
Le musée cantonal renferme une fort belle série d'antiquités romaines provenant des fouilles d Augst, ainsi que des collections de monnaies et d histoire naturelle. A l'arsenal on conserve des armures, drapeaux, équipements appartenant à diverses époques, et qui constituent une collection remarquable.
La ville est assez industrielle. Elle s était surtout spécialisée naguère dans la mégisserie et la fabrication de gants. Il y a aujourd hui des fonderies, des usines de produits chimiques, des tissages de rubans.
Liestal apparaît au XII" siècle dans 1 histoire. Disputée pendant quelque temps par les évêques de Bâle et les Habsbourg, la ville fut prise et incendiée par Léopold d Autriche en 1381, après avoir été détruite par le tremblement de terre de 1356. Elle resta sujette de Bâle jusqu en I 798.
Aux environs, quelques sources thermales sont à signaler : notamment sur le mont des Abeilles (Bienenberg).
De Liestal. on va visiter le Jura bâlois, qui possède des sommets de faible altitude, mais qui présente en général de fort beaux points de vue. Une vallée latérale conduit à \X aldenburg, pimpant petit bourg où un vieux château fort domine des collines environnantes et à Langenbriick, très apprécié comme séjour d été : de là on peut gravir le Passwang, qui offre un large coup d'oeil sur les lointains alpestres. La grande voie ferrée suit la vallée de lErgolz jusqu à Sissach. pour arriver à Laeufelfingen, au pied du Hauenstein.
qu elle franchit sous un tunnel pour redescendre à OIten.
j % ^.^ÊÊ^irm^ÊÊÊ^ Quelques vieux
burgs à demi écroulés, campés sur les hauteurs, évoquent les luttes féodales et les guerres de jadis.
Cl. Plio|..|.ilnl,.