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LE CHATEAU DE LENZBURG

LE CHATEAU DE HXBSBOLRl

LNK DES RUES DE BRUCC.

boisée du Gebenstorfer Horn, d où 1 on domine de très loin la plaine du Rhin, relevée à l'horizon par les silhouettes grises du Jura et de la forêt Noire.

Sur la pointe qui sépare l'Aar de la Reuss se groupait jadis une cité romaine, Vindonissa, qui existait déjà du temps des Helvètes et où furent cantonnées pendant plusieurs siècles les légions rhétiennes. La ville, comme Aventicum et Augusta Rauracorum, fut détruite et ravagée par les Alamans. Son nom, transformé suivant les lois de la phonétique germanique, a subsisté dans le petit village de Windisch. On a retrouvé les restes d'un très vaste amphithéâtre, qui atteste l'importance ancienne de la ville, et dont le grand axe dépasse cent mètres. L'n aqueduc souterrain conduisait l'eau à l'endroit où s'éleva plus tard le couvent de Kœnigsfelden.

Cet ancien couvent de franciscains fut fondé au début du XIV" siècle par la veuve de l'empereur Albert I"', assassiné à cet endroit par son neveu Jean le Parricide, que Schiller a mis en scène de façon si saisissante à la (in de son magnifique drame Guillaume Tell. Les moines se convertirent plus tard à la Réforme, et I abbaye laïcisée devint par la suite un hôpital. Une grande partie du couvent a été détruite. L'église, récemment restaurée, et qui date de la fondation du monastère, a de superbes vitraux de I époque ; elle renferme en outre les tombeaux et les portraits modernes de chevaliers tués à la bataille de Sempach. Plusieurs membres de la famille de Habsbourg avaient été inhumés dans la crypte. Les antiquités provenant des fouilles de Vindonissa ont été réunies dans lancien couvent.

A peu de distance, la petite ville de Brugg a gardé en partie son aspect médiéval, avec les débris de ses anciennes murailles et sa tour Noire, qui commande le pont de l'Aar, et fut construite au moyen âge avec des matériaux provenant des ruines romaines de Vindonissa : ainsi le Colisée, à la même époque, servait à Rome

de carrière de pierres. La rivière mugit à cet endroit dans une gorge resserrée, dont l'ensemble, avec le pont et la tour sombre, forme un joli tableau. A Brugg se trouve la maison où se retira Pestalozzi, qui fut enterré dans le voisinage.

Rheinfelden. Les bords du Rhin. — Le canton de l'Argovie côtoie le Rhin, qui forme la frontière d Allemagne sur une grande longueur, de Kaiser-Augst à Kaiserstuhl — deux noms qui rappellent les anciens souvenirs impériaux dans la Suisse républicaine. Ces rives du Rhin qui ont vu tant de guerres, d invasions et de grands drames historiques, sont empreintes d'un charme mélancolique qui est dû plus encore à l'évocation du passé qu'à la joliesse du paysage.

La localité la plus intéressante est à louest : Rheinfelden, ancienne ville libre impériale sous la tutelle des familles de Zaehringen. puis de Habsbourg. Le grand vent d'indépendance qui soufflait des montagnes suisses ne tarda pas à atteindre les rives du Rhin : en 1445, aidés par les Bernois, les Bâiois et les Soleurois, les gens de Rheinfelden coururent sus au château autrichien de Stein et le détruisirent. Trois ans après, l'Autriche saccage la ville et la conserve pendant plus de trois siècles, ce qui valut à la cité le périlleux honneur de participer à toutes les luttes de ses maîtres. Pendant la guerre de Trente ans. Rheinfelden. pris et repris tour à tour, soutint des sièges héroïques. L armée française, commandée par le maréchal de Créqui, ne put s'en emparer en 1697, tant fut grand I héroïsme des assiégés : 90 maisons avaient été réduites en cendres. Plus heureux en 1 743, Belle-lsie rasa le fort et une partie des remparts. En 1801, à la paix de Lunéville. l'Autriche céda Rheinfelden, et les autres villes qu elle possédait encore sur la rive gauche du Rhin, à la République française, qui les rétrocéda à la Suisse.

De son passé glorieux, Rheinfelden a conservé de nombreux

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