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UNE PROCESSION, A APPENZELL

extérieures, alternativemsnt à Trogen et à Herisau.La réunion de l'assemblée est regardée comme une fête nationale. Pas d'abstentions : seuls les malades restent chez eux. Chaque citoyen quitte de grand matin son chalet et fait à pied la route, parfois fort longue. Les hommes mariés ont le même costume que le jour de leur noce: pendant longtemps ils venaient avec un sabre et un parapluie ficelés ensemble : le sabre symbolisait le droit de vote accordé jadis aux seuls guerriers; il se transmettait pieusement dans les familles. Pendant longtemps les vieillards, à partir d'un certain âge, perdaient le droit de vote, parce qu'ils n'étaient plus en état de porter le sabre.

Coups de canon et roulements de tambour annoncent la solennité. Un cortège pittoresque, — hérauts d armes, lanciers, hallebardiers, fifres et tambours, vêtus des costumes du XV' siècle, aux couleurs du canton, — fait trois fois le tour de l'enceinte réservée. On entonne le chant national; les cloches sonnent. Arrivent alors les membres du gouvernement, précédés du landammann (président), qui monte sur l'estrade dressée au milieu de la place, et prononce une allocution. 11 rappelle les travaux effectués dans l'année par le conseil exécutif, annonce quels sont les magistrats soumis à l'élection ou à la réélection, et lit les projets de lois, préparés par le conseil, qui vont être soumis au vote des citoyens.

Une prière publique précède le vote.

On commence par élire les magistrats. Le héraut annonce chaque élection. Il demande à haute voix :

— Qui propose-t-on pour

landammann (ou pour juge)?

Les noms proposés sont mis

aux voix; on vole en silence et

à main levée. Les scrutateurs sont très habiles pour décompter les votants, et ne se trompent pas à quelques unités près sur un ou deux milliers de citoyens.

Fifres et tambours, après chaque vote, vont chercher dans l'assemblée le nouvel élu et l'amènent sur l'estrade.

On passe ensuite aux projets de loi préparés par le conseil. L'assemblée ne doit pas discuter : elle approuve ou elle rejette, à main levée , toujours en silence, — rappelant ainsi le Corps législatif du premier Empire, qu'on avait surnommé le Conseil des muets. On n'aime pas les bavardages, en Suisse. Les magistrats prêtent solennellement le serment de fidélité en présence des citoyens et l'assemblée se sépare. Chacun de ces députés d un jour, le soir venu, regagne tranquillement son alpage.

La broderie à Appenzell et à Saint* Gall. — L'horlogerie est l'industrie du Jura : la broderie est celle des cantons du nord-est, Appenzell et Saint-Gall. Le particularisme suisse se manifeste jusque dans les travaux féminins.

La broderie est la première de toutes les industries helvétiques : son chiffre de production annuelle, qui atteignait 170 millions en 1913, dépassait celui de l'industrie horlogère. Comme celie-ci, elle n'est d'ailleurs pas concentrée dans de grandes usines, et elle utilise surtout le travail en chambre et dans les petits ateliers. Elle s'est ainsi fort bien adaptée aux conditions du milieu, en permettant à la classe rurale — dans un pays d'une agriculture généralement pauvre — de trouver pour les femmes des travaux rémunérateurs, sans que les soins du ménage en souffrent, .sans que la famille ait besoin d'aller à la ville et de se déraciner.

L'art de broder varie du tout au tout d'un canton à l'autre.

Attachées aux anciennes mœurs, les Appenzelloises n'ont rien changé à la broderie de leurs aïeules. Elles brodent à la main, sur des sortes de tambourins montés sur un pied mobile : l'étoffe est tendue et assujettie à un cercle rigide qui assure la régularité de l'ouvrage et évite les faux plis. Les femmes travaillent chez elles, au compte d'entrepreneurs.

Certaines jeunes filles sont engagées par les ma-

LANDSGEMEINDE

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