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sent peu à peu : Charles Giron les a peintes dans un tableau expressif et réaliste, qui est au musée de Berne.
Sur les confins de I Oberland, au sud-ouest de Berne, les bains de Gurnigel comptent parmi les stations balnéaires les plus anciennes et les plus réputées de la Suisse : en contre-bas de hautes sapinières, et à une altitude déjà élevée (1 155 mètres), les sources froides, sulfurées calciques et ferrugmeuses, sont employées spécialement contre les scrofules et les affections de lappareil digestif. Une autre station balnéaire assez fréquentée est celle d Enggistein, à l'est de Berne.
A quelques lieues à louest de Gurnigel, le Guggisberg offre, de sa cime, un vaste panorama sur la plaine et les lointains du Jura.
Le chalet bernois. — De même que pour le costume féminin, la maison bernoise est ordinairement considérée, en France, sous le nom de (( chalet suisse », comme le h'pe des habitations rurales helvétiques. Le modèle le plus popularisé est celui de 1 Oberland, avec le pignon très évasé d'un toit à deux pans, en faible pente et en forte saillie, généralement couvert de bardeaux, parfois de tuiles ou d'ardoise. La maison est tout en bois de couleur jaune, qui fonce avec le temps. Elle est percée de nombreuses fenêtres et entourée de galeries. Les sculptures qui courent souvent le long des corniches, les fîeurs qui enguirlandent les fenêtres, le jardinet bien entretenu devant la maison, montrent le souci de coquetterie, si rare dans les classes rurales, que manifeste le paysan bernois vis-à-vis de sa demeure.
Dans le .Vliftelland, la forme du toit diffère :
les pentes se redressent, le pignon est souvent coupé par un pan d angle ; le toit prend des proportions considérables et semble enfouir toute la maison sous un immense capuchon pour la protéger contre les intempéries. Il est curieux que ce système de protection soit employé dans la plaine et non dans la montagne, où cependant les maisons ont plus à souffrir de la pluie, de la neige et des tempêtes. On assure que les toits évasés du haut pays donnent moins de prise au vent. Il faut ajouter aussi que le système de construction dans toutes les régions obéit surtout à des principes traditionnels : l'Oberland, germanisé plus tard, a conservé certains éléments de l'ancienne maison galloromaine.
Il est intéressant de voir élever ces chalets, dont seules les fondations sont en pierre avec des assises qui dépassent le sol de quelques décimètres. La construction se fait avec la précision et le goût qui caractérisent la population bernoise. Les planches sont préparées d avance, vernies, souvent ignifugées, avec une rainure d'un côté et une saillie sur la face opposée. Elles s'emboîtent mathématiquement les unes sur les autres. Et ce chalet, qui semble un léger château de cartes, résiste aux ouragans les plus violents. Derrière ces planches de sapin légères, mais fleurant bon la résine,
hermétiquement jointes et à double épaisseur, on jouit d une douce chaleur par les froids les plus rigoureux qu'arrête cette petite barrière, à côté des gros poêles qui ronflent, tandis que la bise fait rage, ou que la neige, à gros flocons, sans bruit, ouate le sol, les toits, les montagnes et les sapins d'une épaisse fourrure d'hermine immaculée.
UN CHALET SUISSE DANS LA VALLEE DE C li 1 N D E L W A L D .
VALAIS
ENTREE PAR LE COL DE BALME. ASPECT GENERAL. — CHEMINS DE FER ET TOURISME. — HISTOIRE. — DU LAC DE GENÈVE A SAINT-MAURICE. — MARTIGNY ET LA VALLÉE DE TRIENT. — SUR LA ROUTE DU GRAND SAINT- BERNARD. — SION ET LA VALLÉE DU RHONE. — ÉVOLÈNE ET ANNIVIERS. — ZERMATT; LE CERVIN ET LE MONT-ROSE. — LES ASCENSIONS ET l'aLPINISME. — LA VALLÉE DE SAAS ET LE MONTE MORO. — BRIGUE ET LE SIMPLON. — LA HAUTE VALLÉE DU RHONE. — LE LŒTSCHBERG. — LOÈCHE-LES-BAINS ET LA GEMMI.
lEN qu'il touche à notre frontière, le \ alais est encore, à 1 heure actuelle, un des cantons de Suisse les moins connus des touristes français. Il faut en chercher la cause dans les difficultés de communications, aplanies seulement depuis quelques années.
Pour aller directement de France, c est-à-dire de la Haute -Savoie, dans le \ alais limitrophe, il n existait pas d'autre entrée, à part la rive du Léman, que la route de Chamonix à Martigny, avec le raccourci, classique pour les piétons, du col de Balme. C est encore un itinéraire à conseiller aux bons marcheurs qui veulent pénétrer d'emblée au cœur de la Suisse valaisanne, hors des chemins battus, à travers la majesté grandiose de la nature alpestre. Au départ de Chamonix. après Argentière. se détache, à droite de la route, le sentier du col de Balme qui monte en zigzaguant à travers les prairies, les lorêts et les alpages. On longe sur leur versant septentrional les derniers et pui.ssants contreforts du mont Blanc, d'où dévale le somptueux glacier du Tour. Au col, qui forme la frontière entre la France et la Suisse, la vue est splendide, — plus belle encore si l'on monte jusqu'à 1 arête voisine de la Croix de Fer. Derrière se hérissent, entre les champs de glaces et de neiges éternelles, les aiguilles et les arêtes rocheuses du mont Blanc qui semblent mordre le ciel de leurs dents aiguës ; devant, un chaos de montagnes chauves et boisées, coupées de vallons verdoyants et frais, chevauchant les unes sur les autres
dans un pittoresque désordre, s'approfondissent en fuyant vers les lointains de la vallée du Rhône, que domine, redressée au fond de Ihorizon, la haute barrière des Alpes bernoises au fronton neigeux. C est le \ alais.
Le \ alais. qui est le plus grand canton de Suisse après ceux de Berne et des Grisons, forme un ensemble géographique aux frontières nettement délimitées. C est une vallée. — comme son nom 1 indique — la haute vallée du Rhône, qui est encastrée.