LE GURTEN VU DE LA RIVE GAUCHE DE LAAR
vention de Berne qui arrêta souvent des guerres civiles ou évita des scissions entre les confédérés, comme lors de la guerre du Toggenburg. au X\ 111 siècle, et après celle, plus récente, du Sonderbund. Les Bernois sont calmes, réfléchis, réservés. Leur intelligence est vive et leur volonté tenace. Très hospitaliers, ils reçoivent
I étranger avec sympathie, cherchent à lui rendre son séjour agréable, mais évitent avant tout de 1 incommoder par des offres de senice gênantes : ils s effacent, ils parlent peu, ils ont horreur du bavardage. Les marchands qui vendent en plein air, comme ceux qui tiennent boutique, étalent leurs marchandises et affichent leurs prix, mais ne font ni boniment ni réclame verbale. Aux gares, le voyageur n est pas assailli par des pisleurs d hôtels,
II Comme ils sont peu commerçants ! " pensent au premier abord les étrangers de race méridionale, habitués à la faconde. Et cependant, par leur froideur même, les Bernois sont des commerçants de premier ordre — comme les Anglais : ils ont compris que 1 insistance et la verbosité des offres obsèdent le client au lieu de 1 attirer, et, en cherchant à frapper surtout la vue par la réclame — qu il s'agisse d un funiculaire, d un hôtel ou d une assiette de fraises — ils font preuve d une excellente psychologie.
Les Bernois du Mittelland, plus encore que ceux de lOberland, ont généralement conservé le type germanique très pur : les cheveux blonds et les yeux bleu clair, avec un teint rose très délicat, donnent aux fillettes des champs un air charmant de naïveté et de candeur qu on n est plus guère habitué à rencontrer de nos jours.
Population honnête, sobre, travailleuse, pratiquant la propreté et l'économie, avec une très forte organisation familiale, ce sont peutêtre les Bernois qui synthétisent le mieux les qualités et le caractère des Suisses. Jeremias Gotthcif les a décrits avec autant de vérité que de pittoresque et de relief dans des pages savoureuses.
VIEILLES MAISONS ET l'ONTAINE A BURGDORF.
La banlieue de Berne et le Mittelland. Le Gurten. Gurnigel. — L Oberland bernois mérite une description détaillée : le Jura bernois doit être visité avec les autres régions jurassiennes appartenant à des cantons voisins. Le Mittelland est moins intéressant pour I étranger, qui peut le parcourir rapidement.
Avant de quitter Berne, on monte généralement au Gurten, qui est le point le plus intéressant de la banlieue. Par le tramv^ay et le funiculaire on arrive bientôt au sommet d une petite montagne, en partie boisée, qui présente le plus vaste panorama du Mittelland. L altitude n est que de 861 mètres, mais la hauteur est bien isolée au milieu d une plaine mamelonnée, et la vue s étend depuis le Jura jusqu aux Alpes, qui se déroulent sur une immense étendue entre la Dent d Oche savoyarde et le Pilate lucernois : entre les deux chaînes, le plateau boisé, ondulé de collines, parsemé de villages, avec, çà et là. des ruines de châteaux forts ; les restes des châteaux de Bubenberg et d ."Egerten sont surtout intéressants.
Le .Mittelland. coupé de sapinières, frais et vallonné, est très bien cultivé et a de fort belles exploitations agricoles, avec tous les progrès modernes et 1 outillage le plus perfectionné. C est dans cette région qu est installée la grande école d agriculture de la Riiti. ainsi que les stations fédérales d essais pour I agriculture, à
Liebefeld. 11 faut citer aussi de très grandes carrières, à Ostermundigen et à Bolligen, Plus au nord, la petite ville industrielle de Burgdorf ( Berthoud ) , avec de vieilles maisons en arcades et une belle église ogivale.
Berthoud est au débouché de la grande vallée de l'Emmental, réputée par ses pâturages, son bétail et surtout par ses fromages qui rivalisent avec ceux de la Gruyère. La localité principale est Langnau. sur la voie ferrée de Berne à Lucerne. Les lutteurs de l'Emmental sont célèbres. Les fêtes de lutteurs dans la montagne bernoise, qui étaient si pittoresques, disparais-
BERNE