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DU RHONE ET HOTEL BELVEDERE

estime qu en 1677 le glacier n était distant que de 50 mètres, de 260 en 1777. de 180 en 1818 au moment de la crue glaciaire dont j'ai déjà parlé. Mais, depuis, le recul s'est accentué : 600 mètres en 1870. I 134 en 1880. I 670 en 1904. Le glacier possède encore des dimensions respectables : onze kilomètres de longueur sur un à trois de large.

Pour bien voir le glacier du Rhône, il ne suffit pas de l'admirer d'en bas. près de la source du fleuve qui. sorti en mince filet du trou de glace béant, va grossir peu à peu. former le lac Léman, arroser Genève. Lyon, \ alence. Avignon, et mêler ses eaux impétueuses aux flots d azur de la Nféditerranée ensoleillée... 11 faut monter les lacets de la route qui atteint le col de la Furka, en gravissant, par de rudes et zigzagants lacets, les pentes rocheuses et dénudées, d où l'on domine à loisir, sous toutes ses faces, le splendide fleuve de glace cristallisé en crevasses et en séracs éblouissants.

Les environs du glacier du Rhône étaient autrefois aussi déserts

que sauvages. Aujourd hui Gletsch (1), près des sources du fleuve, au débouché de deux cols passagers, est devenu un centre de transit et de tourisme appelé à prendre de plus en plus d importance. Trois grandes routes rayonnent de ce point : celle du Grimsel, qui conduit à Meiringen : celle du col de la Furka, qui va à Goeschenen, et celle qui descend dans le \ alais. à Brigue, en longeant le Rhône par Munster et Fiesch. Bien mieux : une agglomération a surgi avec les hôtels qui se sont improvisés pour le tourisme, et qui ont créé autour d eux leurs moyens d approvisionnement : car si 1 altitude n'est pas très considérable, les environs sont absolument déserts. On a transporté là, dans une salle à manger remarquable, des bahuts et crédences des Wir et WIII' siècles, provenant du château Stockalper de Brigue, des évêques de Riedmatten, et de grandes familles nobles du Valais. D autres hôtels ont été construits, plus haut, au Belvédère, juste au-dessus des grands séracs du glacier, et jusqu au col de la Furka. Après la route et les hôtels, la voie ferrée. Actuellement en exploitation de Brigue à Gletsch, la ligne de montagne de la Furka doit être prolongée pour mettre en relations le Haut-\ alais, leGothard et les Grisons. C est là une grande transversale qui manquait à la Suisse et qui complétera heureusement son réseau alpestre.

La voie part de Brigue, remonte la vallée du Rhône jusqu'à la source du fleuve, atteint I altitude de i 760 mètres à Gletsch, de 2100 mètres au col de la Furka, passera à Andermatt où un raccordement la relie à Gœschenen (ligne du Gothard), et, par le col de I Oberalp, rejoindra dans les Grisons, à Disentis, la ligne Disentis-Ilanz des chemins de fer rhétiques. La montée de Gletsch à la Furka. à flanc de paroi, au-dessus des séracs prodigieux du glacier du Rhône, est particulièrement hardie et grandiose. Cette entreprise, comme le Lœtschberg, a fait aussi appel aux capitaux français, mais dans des conditions différentes.

La même compagnie a la concession de la ligne éventuelle Gletsch-.Meiringen (par le col du Grimsel) : l'exécution en est différée et subordonnée au succès de la ligne de la Furka.

Le val Formazza et les sources du Tessin. — La vallée

italienne de la Toce. qui sépare

le haut Valais du Tessin, est complètement isolée des deux cantons suisses voisins, tandis qu elle s ouvre largement au sud vers Domodossola : ce qui explique pourquoi elle n a pas 1 té entraînée dans I orbite de la Confédération helvétique. Seuls des cols escarpés donnent accès dans la vallée du Rhône : deux qui débouchent à Fiesch par Binn. et le troisième, plus au nord, le col deGries, qui franchit un glacier et rejoint le Rhône en amont de Munster.

Deux passages plus faciles conduisent au Tessin. spécialement le col de San-Giacomo, tout au nord, qui mène à Airolo.

La vallée de la Toce comprend deux régions bien distinctes. La partie inférieure, appelée val d Antigono, est entièrement de langue italienne et offre de vastes châtaigneraies sur des pentes dominées par des crêtes rocheuses : elle s'arrête à un étranglement formé par le Monte-Giove, énorme

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