ET LE CALE N STOCK (3597 M
(1) Il fut ouvert entre 1226 et 1230 avec un chemin muletier. Mais il suffit à développer la prospérité, et par suite l'esprit d'indépendance dans les futurs Quatre-Cantons qui réalisèrent leur aulonomte à la fin du siècle.
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gibet d'exécution. Ce petit Etat lilliputien fut dans la suite absorbé par Uri. et il perdit sa langue nationale avec son indépendance.
Les Schœllenen.
La retraite de Souvarow. Les fortifications duGothard.
• — D. Andermatt à Gœschenen, la Reuss dégringole en grondant à travers les gorges des Schœllenen , gigantesques parois de montagnes tranchées à vif par la furie des eaux. Cette (1 vallée bruyante " (Krachenial), est. avec la \ ia Mala. le plus beau défilé des Alpes.
Le coup d'oeil est surtout saisissant du pont du Diable, jeté d'une seule arche, au-dessus d'un ancien pont écroulé, sur le torrent bouillonnant et hurlant qui bondit en une avalanche d écume, fouettée par le vent, jusqu au fond de la gorge noire.
Cette vallée sombre et encaissée, taillée à pic entre les formidables et sinistres escarpements de granit, fut une grande voie pour les migrations et les guerres : par là remonta le flot germanique, qui ne devait pas dépasser le col : par là, les Confédérés allèrent en Italie pendant les guerres de la Renaissance; par là descendit, en 1 799, l'armée russe de I invincible Souvarow, qui s'efirita aux rocs de ces défilés, harcelée par une poignée de Français et de Suisses.
Ce passage est le défaut de l'immense cuirasse alpestre qui protège le plateau helvétique contre l'Italie: c'est la clef stratégique de l'Helvétie. Qu une armée ennemie force le Simplon ou la Maloja, quelle envahisse le \ alaisou I Engadine, le péril est minime, parce qu il est localisé dans une seule vallée; mais que I envahisseur occupe le Gothard, et de là il menace immédiatement toute la Suisse. Aussi toute la région a-t-elle été fortifiée, surtoutdepuisquelques an nées, de façon remarquable : elle se prête d ailleurs mer\'eilleusement à la défensive. La déroute de Souvarow en est un exemple.
il n y avait ni route.
ni voie ferrée, mais un mauvais chemin muletier, lorsque Souvarow.
espérant prendre Masséna à revers, franchit ces défilés du 21 au 15 septembre 1799, et que le sang des Français et des Russes — alors ennemis — rougit, Iratcrnellementmêlé, les eaux de la Reuss. Avec une poignée d hommes, Lecourbe disputa le terrain pied à pied, et quand, après cinq jours d une lutte désespérée, il eut atteint le lac des Quatre-Cantons. il avait donné à Masséna le temps de battre la seconde armée russe.
REGION DU GOTHARD
Souvarow, par une marche admirable, n'eut plus qu'à fuir à travers les montagnes déjà couvertes de neige, pour faire gagner, par Glaris et Elm, la haute vallée du Rhin à ses troupes décimées... Une croix taillée à même le granit de la roche, et inaugurée en 1897, domine les ruines de l'ancien pont du Diable, que Lecourbe fit sauter, et oîi des centaines de Russes trouvèrent la mort.
L armée qui aurait à défendre aujourd hui le pays serait singulièrement aidée par les ouvrages de défense, et pourrait venir à bout de forces dix fois supérieures. Attiré dans la petite plaine d'Andermatt, 1 ennemi tomberait dans une véritable souricière, entre desmontagnes infranchissables, coupées par quatre passages étroits et abrupts : Gothard, Oberalp, Schœllenen, Furka.
Andermatt, à la jonction des voies alpestres de la région, est donc la clef du Gothard . Quelque chemin qu'elle prît, une armée d invasion passerait nécessairement par là, car il va sans dire qu'on rendrait facilement impraticable la voie ferrée en faisant sauter les viaducs et en provoquant des éboulements à l'entrée des tunnels. Aussi cette position estelle remarquablement fortifiée et garnie de troupes.
Dans le village, on a édifié des casernes qui contiennent une petite garnison, récemment renforcée. A l'entrée de la gorge des Schœllenen , voici un fort, creusé dans la montagne, dont la paroi est verticale et dont seule la façade est maçonnée : pour en venir à bout, il faudrait démolir la montagne elle-même. 11 fait face à la route, de l'autre côté de la Reuss. Vis-à-vis de ce fort, tout près du chemin, qu'il domine, un souterrain a été creusé dans le rocher : l'ouverture est obturée par un puissant blindage, d où émergent des gueules de canons. Plus loin, la route passe dans un tunnel — bien connu sous le nom de « trou d'Uri » — au milieu duquel débouche, également blindée et garnie de canons, l'ouverture d'un second souterrain qui communique avec le précédent. Sur 1 autre rive du torrent, une série d'ouvrages fortifiés s'échelonnent sur les crêtes : ils sont réunis par un chemin stratégique, enjambant les montagnes que contourne la route.
En maint endroit, en levant les yeux, on voit des canons sortir des rochers.
Les autres cols sont aussi bien défendus, — munis de forts, de redoutes, de routes stratégiques, — spécialement le col du Saint- Gothard. L entrée du tunnel, à Airolo, est également protégée par des ouvrages fortifiés.
Les fortifications jouent un rôle important dans la défense nationale de la Suisse.
L'armée suisse. — Le Tir fédéraL — La Suisse a porté à son maximum l'effort de la défense nationale. M. Comtesse, alors président de la Confédération, en donnait les raisons avec
éloquence dans un discours qu'il a prononcé en 1910 aux fêtes du Tir fédéral :
« Un peuple qui se placerait dans la situation de devoir la sécurité et la paix dont il jouit à la faveur d'autrui, aurait par cela même abdiqué sa raison d'exister et devrait se résigner à toutes les humiliations et à tous les amoindrissements; il n'y a de vraie sécu-