LES GORGES DE LA REUSS ET LE PONT DU DIABLE
rite et de vraie paix que celles qui sauvegardent l'honneur, la dignité et la fierté légitimes d'un peuple conscient de lui-même, de sa mission, de son histoire, et qui entend, quelle que soit la fortune des armes, pouvoir toujours marcher la tête haute.
« Puisque nous sommes dans cet état, humiliant pour la civilisation, oîi la force matérielle est surtout celle devant laquelle on s'incline, celle dont on fait dépendre la paix du monde, il n'y a que ce seul moyen d'obtenir l'influence et le respect que l'on accorde à ceux qui sont puissants et forts et de compter aussi dans la balance : c'est de porter à son maximum la force défensive que peuvent donner l'ardeur invincible du patriotisme et une préparation intensive du tireur, avec une bonne organisation militaire, se
conciliant toutefois pour le citoyen avec les exigences économiques de la vie et pour l'Etat avec les ressources budgétaires limitées d'un petit pays. »
On a calculé que si la Suisse avait le même système militaire que la France, elle disposerait seulement d'une armée active de 40000 hommes : or elle peut mettre en première ligne 140000 com-
drapeaux, puisque les contingents sontappelés et rappelés à tour de rôle. Mais la mobilisation est extrêmement rapide ; on l'a vu en 1 9 1 4 : dès le l'^''août, la garde des frontières fut assurée.
« Chaque homme de l'active et de la réserve, explique le général Bazaine-Hayter, possède ses vêtements d uniforme, son havresac, ses cartouchières, son ceinturon, et même son fusil.