CHASSE LR DE CHAMOIS
glaciers miroitent sur les sommets.
Aux admirables parois des rochers dolomitiques du val del Diavel. qui rougeoient au soleil, s opposent les sombres forêts d arolles. cet arbre spécial aux Grisons et au \ alais.
Seule, quelque ancienne cabane de retour d'une cha
chasseur d ours, perdue dans une forêt séculaire, rappelle le passage
de l'homme. L ours était, en effet abondant autrefois dans ces parages (comme dans le \ alsertal) et — fait curieux — il s'est conservé plus longtemps que le loup, disparu ici depuis des siècles, et devenu une bête légendaire. Quand on dit qu'il y a des loups en France aux habitants des Grisons, ceux-ci croient à une aimable I' galéjade » digne de Tartarin. L'ours, qui était devenu depuis longtemps extrêmement rare, a disparu définitivement : le dernier a été tué en 1904 dans le val Scarl. Il reste encore des bouque-
Pi 7 Li'^arxf-
Qn'^T PiiVad
'•— Pi7 Darnb ^
PiiaèlDiav4f^.^„5(^
:arte uu parc .natio.nal suisse.
-r -r r Limites de ta Suisse. Route carrossable.
Limites du Parc National primitif Limites actuelles.
tins, les derniers des Alpes avec ceux du val d Aoste. La faune alpestre est ici fort bien représentée. D après les gardiens, il y a environ quatre cents chamois dans le val Cluoza. nombre de renards, de marssE a l'aii,le. très, de belettes, des aigles, des
vautours et desoiseaux de toute sorte.
La flore est riche. Toutes les espèces alpines de conifères s'y rencontrent, avec les diverses variétés de pins, sapins et mélèzes. Les prairies abondent en plantes rares, et les fleurs brillantes des prairies présentent au début de l été un aspect ravissant.
Le val Cluoza offre ce grand avantage d'être protégé de chaque côté par des territoires à ban. Il est question aussi, en Italie, de transformer en Parc National la région limitrophe, la haute vallée de Livigno. D'autres cantons, sur le modèle des Grisons, ont aussi institué ou préparent des parcs et des « réserves Il analogues pour la flore et la faune iixligènes.
Dans le canton de Schwyz, audessus d'Einsiedeln. on a sauvegardé un coin particulièrement riche en flore glaciaire. Le canton de Soleure a interdit la chasse et la capture des animaux au W eissenstein. dans une région rocheuse où nichent des oiseaux rares, choucas, faucons pèlerins, crécerelles, etc. LeClub jurassien possède depuis 1870. dans le Creux du Van.
une résene botanique qu il est question d agrandir. Signalons aussi les réserves de clématites géantes près d llanz, de flore de marais à la \ raconnaz (\ aud). de sapins blancs dans 1 Emmental, et les résenes ornithologiques de lîle Saint-Pierre (lac de Bienne), de Saint-Jacques (près de Bâle) et d L fenau (lac de Zurich).
Enfin on a mis à I étude la création d'un second parc national dans la Suisse occidentale : il est possible qu on choisisse, sur les limites des cantons de \ aud et du \ alais, la vallée de la Derborence, remarquable par ses beautés naturelles, par limmense éboulement des Diablerets, par l'opulence lie ses forêts de pins, la richesse de sa faune et de sa flore.
La ligue suisse pour la protection de la nature a songé aussi à sauvegarder, dans la mesure du possible, la faune et la flore alpestres sur I ensemble du territoire helvétique.
~/^ ' 1 %P T LiscJîânm*
V Mnrl
ENGADINE
Pour empêcher le dépeuplement systématique des forêts et des montagnes, elle a demandé une révision de la législation sur la chasse. Car certains cantons tolèrent I empoisonnement des animaux sauvages, et il se produit constamment des hécatombes, aussi regrettables que barbares, de bêtes qui ne sont ni comestibles ni nuisibles. Ces manifestations fâcheuses de 1 instinct de destruction sont parfois encouragées par des primes de chasse. On a ainsi abattu un beau jour.
dansleTessin. 3 10 pies ( Il avec le système habituel de la strychnine », déclare le journal local). Bon an mal an, il s'abat en Suisse une centaine d aigles et de grands-ducs, 3 200 chamois, I 3 000 cailles, 25 000 perdrix. Malgré la sévérité de la législation sur la chasse, élaborée en 1875 et renforcée en 1904, certaines espèces sont en voie de disparition, comme le daim et le sanglier. Depuis longtemps il n y a plus de bouquetins en liberté dans les Alpes suisses, hors du Parc National. Pour la protection de la flore, on est déjà arrivé à des résultats importants. Les fleurs alpestres constituent la plus belle parure peut-être de la montagne, dans le splendide épanouissement estival des prairies et des alpages. C est une marée de corolles, aux couleurs bigarrées, qui monte à l'assaut des cimes, commençant en mai et juin avec les narcisses des prés, s'élevant en juillet avec les rhododendrons pourpres dans les sapinières et les broussailles, les lis martagons saumonés et les anémones délicates des clairières humides. Au-dessus de la région des forêts, les montagnes entières sont alors dorées d énormes boutons d or globuleux, violacées de pensées, et. un peu plus tard, diaprées de campanules pelucheuses, de gentianes turquoise, d arnicas flamboyants comme de grands soleils d'or. Et près des neiges éternelles, le plus haut, ! edelweiss verdâtre constelle les derniers alpages de ses étoiles pâles.