LOECHE-LES-BAINS ET LA MURAILLE DE LA CEMMI
déjà connue des Romains, et qui, depuis une trentaine d années, est devenue une station thermale de premier ordre. Les eaux sulfatées calciques. à une température élevée (51 '), sont employées avec succès spécialement contre les maladies de la peau et les affections rfiumatismales. Comme le traitement nécessite une immersion prolongée dans Teau (jusqu'à six heures par jour), on a aménagé de grandes piscines publiques, pouvant contenir une trentaine de personnes, et où, les baigneurs d'un côté, les baigneuses de l'autre, reçoivent leurs parents et amis qui se promènent autour de la balustrade. Sur l'eau sont des tables flottantes pour permettre aux baigneurs de se livrer aux douceurs de la lecture ou du goûter.
Loèche-ville, antique cité aux vieilles maisons, est à trois lieues en contre-bas. sur la ligne qui relie Loèche-les- Bains à la ligne du Simplon.
Les environs de Loèche-les- Bains sont fort beaux, avec la cascade et les gorges de la Dala, la paroi abrupte de la W andfluh.
où I on grimpe à I aide de huit échelles superposées, et le superbe belvédère du Torrenthorn altier.
surnommé le Rigi du Valais.
Le col de la Gemmi. qui relie Loèche à Kandersteg. est plus caractéristique encore.
Dans les Alpes, qui possèdent tant de passages divers, celui-ci est tout à fait particulier par la hardiesse de l'escalade. Quand on voit de Loèche l'immense muraille rocheuse qui se dresse à pic au-dessus de la vallée, on se demande par où I on va passer et comment un chemin muletier a pu être frayé dans cette paroi.
Le col fut pourtant pratiqué très anciennement, mais il était très périlleux : et c est seulement au XVII T siècle que le chemin actuel fut taillé à vif dans le roc par les lacis superposés les plus audacieux. Il fut muni plus tard de garde-fous :
sage précaution, car aucun chemin dans les Alpes n'expose autant au vertige, et, malgré les barrières, les touristes, cheminant en file indienne, font sagement de s'appuyer toujours au rocher. La montée est très dure et la descente est interdite pour les mulets chargés. On est perpétuellement suspendu sur le gouffre qui s'approfondit à mesure qu'on s'élève, et le sentier, qui se tord sans cesse pour s accrocher au roc. disparaît au fur et à mesure derrière le voyageur, sans que celui-ci puisse voir à l'avance où il posera ses pas.
A l'ouest, les sommets abrupts, — ^ déchiquetés, au front marbré de
glaciers, se succèdent, à peine interrompus par de hauts et difficiles passages : les massifs des Wildstrubel et du Wildhorn , sauvages comme leurs noms euxmêmes, avec les cols de Rawyl et de Sanetsch qui conduisent dans le Simmental et à Saanen.
Puis le groupe neigeux des Diablerets. gigantesque borne qui délimite trois cantons et deux langues : I allemand avec Berne, le français avec le pays de Vaud et le Valais. Et enfin, après le pas de Cheville, l'arête s'abaisse un peu avec le Muveran et la dent de Mordes, dont les brusques escarpements, tombant à pic sur le Rhône, terminent la ceinture montagneuse du Valais.