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LAUSANNE ; LE LAC ET LES ALPES DE SAVOIE

mandant une pointe en saillie dans le lac. Au delà, les rives sont plus resserrées et se rapprochent de plus en plus jusqu à Genève : c'est le « petit lac », donc l'aspect est tout différent et rappelle l'estuaire d'un fleuve, — celui de la Gironde, par exemple, avec des bords plus accidentés et plus boisés. Après l'antique tour d'Hermance rongée de lierre et à demi cachée dans le feuillage, on quitte la France pour entrer dans le canton de Genève qui occupe les deux rives jusqu'à la sortie du Rhône.

Revenons à la côte vaudoise, et visitons d'abord la capitale du canton, Lausanne.

Une ville pittoresque : Lausanne. Aspect et impressions. — Par sa configuration, Lausanne est une des cités les plus pittoresques de la Suisse. Au-dessus et en retrait du lac, elle est à califourchon sur plusieurs collines qu'elle escalade et couronne d'admirables terrasses. C'est la ville des terrasses, qui s étagent les unes sur les autres, qui dominent le lac de leurs belvédères feuillus, aménagés en promenades publiques, entre lesquels montent et descendent les larges avenues et les ruelles escarpées : terrasse de Mont-Riond. isolée comme une sentinelle avancée; vaste terrasse du Tribunal fédéral (ou promenade de Montbenon). où 1 on vient rêver au coucher du soleil, en regardant s'assombrir les Alpes lointaines, dominées par I éperon dressé de la dent d'Oche, et qui trempent leurs pieds dans les ondes miroitantes du lac : terrasse intime et fraîche de la Cité près de la cathédrale ; petite terrasse en pente du château, auquel est adossée la statue du major Davel ;

— toutes dominées par celle du Signal, à l'orée de la forêt de Sauvabelin, et d'où le vaste panorama de la ville, du lac et des Alpes, se déroule jusqu'aux lointains bleus de l'horizon.

« On dirait, — écrit Rodolphe Rey (I),

— une gageure, une création de la fantaisie. La ville est construite sur le penchant de trois collines et dans les gorges creusées à leurs pieds ; les vieux quartiers sont un labyrinthe de ruelles grimpantes et d édifices placés à tous les niveaux. Par un travail digne des Romains, on est parvenu à raccorder ces surfaces diverses et à établir un niveau commun en traçant autour de la ville une voie circulaire. Dans les parties basses, on n'a obtenu une surface plane qu'en la faisant reposer

sur des voûtes qui recouvrent les ravines creusées par le Flon et la Louve, deux torrents descendus des hauteurs voisines. »

Les principales impressions qui se dégagent de Lausanne, c est le calme, c'est la gaieté, c'est la richesse. Lausanne est la cité du repos et des fleurs. Quelle tranquillité dans les petites rues bourgeoises et coquettes, qui serpentent entre les murs d'où débordent des cascades de roses et de géraniums! Nulle ville n'est plus étalée, plus aérée, plus entrecoupée de parcs et de jardins. Aussi, grâce à la douceur de son climat, est-elle de plus en plus recherchée par les étrangers oisifs, qui y fixent souvent leur résidence. Les jardins vaudois comptent parmi les mieux entretenus de la Suisse; les horticulteurs ont obtenu des géraniums géants, comme on en voit rarement ailleurs. Rien n'est joli comme l'exposition florale qui a lieu trois soirs de suite, de huit heures à minuit, sous des guirlandes multicolores de lanternes vénitiennes, à l'occasion de la Saint-Louis, sur une terrasse — encore une! — la promenade de Derrière- Bourg, d'où l'on aperçoit un coin du lac moiré par un effet de lune et dominé par un pan sombre de montagne. Là une statue de marbre a été élevée au poète vaudois Juste Olivier.

Une atmosphère de gaieté baigne la ville. A côté des ruelles

(1) Genève et les rices du Léman.

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