‹ La Suisse illustreeChapitre 56 sur 296 · L F. T R I B U N \ ;- FÉDÉRAL · texte numérisé non relu

L F. T R I B U N \ ;- FÉDÉRAL

sans précipitation, par les rues escarpées, évoquent et maintiennent la patriarcale existence d autrefois... »

Les distractions abondent à Lausanne : deux théâtres, deux casinos, de nombreux concerts et conférences, une organisation sportive très complète.

Mais ce peuple qui s'amuse est aussi un peuple travailleur. Cette ville sent laisance. Elle a profité de la richesse agricole du canton, d'un mouvement très actif d échanges provoqué par sa situation au croisement de grandes voies ferrées, et surtout par le percement du Simplon : l'industrie chocolatière, si prospère depuis quelques années dans la contrée, a contribué aussi à 1 enrichir, ainsi que le passage et le séjour de nombreux étrangers. L industrie hôtelière et touristique de la région environnante, et surtout de la côte de Montreux, a fait aussi sa fortune. Banquiers, actionnaires des hôtels, des casinos, des bateaux, des funiculaires, apportent leur argent à Lausanne, et font tellement bâtir que la ville est entourée, depuis quelques années, d ateliers permanents de tailleurs de pierre en plein air, de forêts d'échafaudages sans cesse renouvelés : immeubles solides et cossus, bâtis en bonne et épaisse pierre de taille; on sent que les propriétaires ne lésinent pas.

L'accroissement de la population a été très rapide : surtout depuis une quinzaine d années. La ville, qui ne comptait que 23 000 habitants en 1870, 32 000 en 1890, dépassait 46 000 en 1900 et atteint 70 000 à 1 heure actuelle. Après avoir escaladé toutes les collines, elle a rejoint peu à peu le lac et s est soudée à Ouchy par une série de quartiers neufs désormais ininterrompus.

Eventrée. découpée, taillée en pièces, il ne reste plus grand chose de la vieille ville, qui blottit les derniers lacis de ses ruelles autour de la place Pépinet en contre-bas de la cathédrale. Là se creuse le ravin du Flon. franchi par le Grand-Pont dont la dentelure de vingt arches cintrées fait, en perspective, un si pittoresque soubassement à la colline des Apôtres, hérissée de combles aigus sous la houlette de la tour gothique quadrangulaire. Deux autres ponts, en amont et en aval, enjambent la vallée : le pont Bessières, le plus récent, appuyé sur une seule arche métallique

VAUD

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