LE SANATORIUM ET LES HOTELS
montagne, possède une intéressante église du XI' siècle, ainsi qu'un château, qui était jadis un prieuré cistercien et dont la fondation fut contemporaine de la construction de I église. C est le dernier village de langue française. Après un éperon boisé qui porte les ruines du château de Vanel, on entre dans I Oberland bernois et dans les pays de langue allemande : la frontière des deux cantons coïncide avec la limite linguistique. La voie ferrée poursuit sa route vers Gessenay (Saanen), Zweisimmen et le lac de Thoune.
En remontant le Rhône : Villeneuve, Aigle, Leysin.
— Le massif des Alpes vaudoises s'étend assez loin au sud, sur la rive droite du Rhône.
Au delà de Chillon, le petit village de Villeneuve, voisin de grandes usines de plâtre et de ciment, n'a pas été touché par le tourisme, malgré sa position avantageuse au fond du lac avec une station de chemin de fer et de bateaux. C est qu on commence déjà à y être incommodé par les moustiques. Villeneuve est, en effet, voisine d'une plaine marécageuse qui s'étend jusqu'au Rhône. Le lac pénétrait autrefois beaucoup plus avant dans les terres : le golfe s'est comblé peu à peu par un apport considérable d alluvions, et le fleuve, divisé en plusieurs bras, serpente aujourd hui entre les roseaux et les saulaies pour former un petit delta qui fait reculer peu à peu la rive. Le chenal principal déverse dans le lac une traînée jaunâtre qui se prolonge assez loin avant de se fondre dans le bleu des eaux, entraînant force sable et terre en suspens qui se déposent au fond de la cuvette du Léman et en diminuent progressivement la profondeur,
La grande ligne du Simplon, qui va de Lausanne à Brigue, remonte la rive droite du Rhône en longeant d'asseï près les montagnes. A peu de distance du Rhône, la petite ville d'Aigle, industrielle et commerçante, occupe une position im-
portante au débouché de la route alpestre qui suit le val des Ormonts. La construction du chemin de fer électrique de Leysin lui a apporté un nouvel élément d'animation. Dans le voisinage, un ancien château, qui sert aujourd'hui de prison, est placé dans une situation pittoresque. Le climat est sec, chaud I été; sur les coteaux voisins mûrit le vin blanc d'Yvorne, apprécié des gourmets. Dans les hôtels d'Aigle, on fait les cures les plus diverses : bains de Nauheim et d'eaux salées, cures d'eaux, d'air, d hydrothérapie, voire cure de sommeil ! Les indigènes assurent en effet que le climat du pays a des vertus dormitives. — Les environs sont renommés parmi les entomologistes pour la grande variété de papillons, souvent très rares, qui s'y rencontrent.
Dominant Aigle de plus de huit cents mètres, le village de Leysin, sur un plateau verdoyant, abrité des vents et exposé en plein midi, a attiré I attention des médecins pour le traitement des maladies de poitrine, lorsque fut préconisée la cure d'altitude et de soleil. Des sanatoriums ont été construits un peu plus haut, dans une situation particulièrement favorable, en plein midi, aménagés avec le plus grand confort et suivant les derniers perfectionnements de 1 hygiène. Des vérandas, des terrasses permettent aux malades de se chauffer au soleil quand 1 air est trop vif au dehors:
des jeux en plein air et de vastes parcs, plantés d essences résineuses, sont à la disposition des convalescents. La cure est surtout suivie pendant l'hiver. Leysin est dominé par la cime rocheuse de la Tour d Aï.
La vallée des Ormonts.
Les Diablerets. — Le val des
Ormonts, largement ouvert, est remonté par une route postale qui aboutit, par deux voies différentes, dans I Oberland bernois. Au-dessus du Sépey, le chemin bifurque à Ormont -dessous : on monte à gauche par Comballaz au col des Mosses, pour redescendre à Châ- LE CHATEAU D AIGLE. tcau-d'CEx et à Gcssenay par la
VAUD
sauvage vallée de l'Etivaz, où sont de modestes bains sulfureux entre de belles sapinières et à proximité de gorges curieuses.
En remontant toujours la vallée de la Grande-Eau. on arrive bientôt à Ormont-dessus, nom générique pour désigner deux groupes de chalets montagnards qui s égrènent le long des pentes, la Murée, X'ers-l'Eglise et Plan-des-Iles. Ces appellations tradition-
rocheux par-dessus de puissants épaulements calcaires qui trouent çà et là leur manteau de verdure. Par une autre échappée on aperçoit la cime crénelée des Diablerets.
La grande curiosité de Bex, ce sont les salines, exploitées dès la fin du XVII" siècle, mais mises surtout en valeur au siècle dernier. L'étendue du bassin salifère a une surface évaluée à 16 kilomètres