LE MONUMENT DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU
(I) Tiré de l'allemand EiJgenossen (confédérés).
LE pour DE CENLVE.
dant plus de deux siècles aucun théâtre ni spectacle analogue ne fut toléré à Genève. A côté de ces rigueurs, il développa I instruction publique, fonda 1 Académie, et donna asile aux protestants chassés des autres pays, qui trouvèrent à Genève un refuge sûr, et contribuèrent à la prospérité, parfois à la gloire de leur nouvelle patrie. Après un dernier coup de force repoussé en 1602, et dont les Genevois célèbrent encore 1 anniversaire par la fête de l'Escalade, les ducs de Savoie renoncèrent enfin à leurs visées sur la ville, dont I indépendance fut garantie par la France et la Suisse.
La constitution était devenue aristocratique dès la fin du X\ 1" siècle. Après une période de discordes intestines, les démocrates 1 emportèrent au moment de la Révolution française, mais, à la suite de désordres, le Directoire intervint, en 1 798, et annexa la ville. Pendant quinze ans, Genève fut le chef-lieu du déparlement français du Léman. Le 31 décembre 1813, à 1 approche des armées alliées, Genève proclama son indépendance et entra, deux ans plus tard, comme canton autonome, dans la Confédération helvétique. Le congrès de Vienne avait adjoint à la ville quelques communes de la Savoie et du pays de Gex, pour la mettre plus facilement à l'abri d'un coup de force.
L ancienne constitution aristocratique fut rétablie, mais les démocrates I emportèrent en 1846, à la suite d'une petite révolution. A la même époque, la ville démolissait ses remparts et entrait résolument dans la vie moderne. Une constitution très démocratique — plusieurs fois retouchée depuis — a été promulguée en 1847, sous l'action prépondérante de James Fazy, dont le petit-fils fit voter, en 1907, la séparation de l'Eglise^rdëTEtat. C'est là le dernier terme de l'évolution à laquelle a abouti l'histoire de Genève,
Genève actuelle. Aspect général. — On a quelque peine à évoquer 1 ancienne forteresse protestante. — austère, triste, murée dans sa foi sévère — à travers la ville actuelle, si claire, si gaie, si accueillante aux étrangers, largement ouverte aux idées nouvelles. Avec ses quais spacieux, son célèbre pont du Nlont- Blanc, ses somptueux édifices, ses larges avenues et ses jardins ombragés, Genève a 1 aspect d une véritable capitale. — blanche comme les villes de la Côte d'Azur, — où toutes les distractions et les commodités sont réunies pour attirer les étrangers. .Mais 1 éclat de la ville moderne ne doit pas faire oublier la vieille cité, dont les débris s'égrènent encore le long des quais ou se dérobent derrière les percées neuves, et dont tout un groupe subsiste accroché sur les flancs de la colline qui porte Saint- Pierre.
Genève est souvent la premièrectape des Français qui vont en Suisse et qui aiment à s y attarder quelques jours avant d aborder les .Alpes, comme s ils voulaient d abord ménager les transitions et s habituer à 1 ambiance helvétique. Car Genève est déjà très suisse parla propreté et la coquetterie de ses voies publiques. C'est aussi une ville très active et très intellectuelle, où le mouvement des idées a toujours été intense et a préparé l'essor économique
GENÈVE