‹ La Suisse illustreeChapitre 90 sur 296 · RUE DES CORPS-SAINTS · texte numérisé non relu

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surtout terrassiers — son t répandus spécialement dans les Quatre-Cantons, le Valais, les Grisons, où ils ont pénétré avec les voies ferrées du Gothard , du Simpion , de l'Albula et de la Bernina, qui ont été construites presque exclusivement par des travailleurs italiens.

Bien que ces chiffres ne soient nullement inquiétants, le Conseil fédéral songea faciliter la naturalisation des étrangers. On avait proposé la création d un indigénat suisse, indépendant du droit de bourgeoisie communale : mais ce projet n'a pas de chances d'aboutir. La naturalisation d office des étrangers nés en Suisse a, en revanche, de nombreux

partisans, qui font remarquer que le tiers des étrangers domiciliés dans la Confédération sont nés dans le pays.

La littérature genevoise et romande. — Genève est le principal centre de la littérature de langue française en Suisse. De toute la Suisse romande, c est elle qui a fourni le plus d écrivains. Quelques autres sont vaudois. Neuchâtel et le Jura ont surtout donné des savants ou des artistes.

Les écrivains suisses forment, dans la littérature française, un groupe à tendances bien caractérisées. Et cela s observe non seulement chez ceux qui, n ayant pas quitté leur pays, sont demeurés foncièrement suisses, mais encore chez les nombreux écrivains que la Suisse, et surtout Genève a donnés à la France en échange de Calvin, — qui ont vécu ou ont conquis leur renommée à Paris. On peut noter d'abord un amour profond de la nature : les rares écrivains de langue française qui ont vraiment senti la montagne, sont presque tous Suisses, depuis Rousseau jusque vers la fin du XIX*^ siècle. On observe en outre un souci très vif des idées morales, qui ne doit pas étonner au pays de la Réforme : penseurs, théologiens, moralistes sont nombreux, et les romanciers comme les

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