HOTEL DES POSTES
.A rus IL U.\NS LES ALPES.
poètes sont pénétrés de leur influence. Enfin chez les Genevois existe toute une lignée d'observateurs très fins et très français, volontiers ironistes, dont Tœpffer est le type classique; les Vaudois, au contraire, sont plus idéalistes, plus poètes. Mais ce sentiment poétique très vif s exprime presque toujours en prose : la Suisse française, qui compte tant d écrivains excellents, n a pas un seul grand poète.
C est cependant un poète qui ouvre la littérature helvétique au moyen âge , Othon de Grandson , mais il n'a pas une grande valeur littéraire. La littérature médiévale de la Suisse romande est d'ailleurs très pauvre. On a démontré récemment que les Chroniques des chanoines de Neuchâtel. attribuées au XV siècle, n étaient qu'un habile pastiche composé trois cents ans plus tard.
Au Xvr siècle, la littérature suisse est presque tout entière représentée par des orateurs et critiques français qui viennent prêcher la Réforme à Genève et à Lausanne ou qui fuient la proscription : les plus connus sont Calvin. Guillaume Farel, Théodore de Bèze. Estienne. Puis une ass;~ longue éclipse se produit.
La véritable lignée des écrivains suisses ne commence qu'au milieu du XX'IH' siècle. 11 est symptomatique qu elle soit représentée au début par des naturalistes et des philosophes : Charles Bonnet, qui est à la fois I un et 1 autre; le géologue de Saussure, le créateur de la littérature alpestre qui devait compter plus tard dans ses rangs Emile Javelle et le poète Eugène Rambert; et enfin le premier, par le génie comme par la date, Jean-Jacques Rousseau, à qui Paris révéla son talent en consacrant sa gloire ; il fut, lui aussi, un moraliste et un botaniste, et il exprima le premier en France le sentiment de la nature.
Pendant la période de la Révolution et de l'Empire, Genève nous a envoyé M "" de Staël et 1 économiste Sismondi, et Lausanne
Benjamin Constant. Il est à observer que les écrivains suisses venus en France ont l'esprit naturellement cosmopolite et « européen », suivant la juste remarque de M. Lanson.
A mesure qu'on avance dans le XIX" siècle, la proportion des émigrés diminue, et la littérature indigène s affirme plus profondément suisse. A côté de \ ictor Cherbuliez, naturalisé français, voici le fin Genevois Rodolphe Tœpffer, écrivain et dessinateur, encore plus observateur que peintre tfe la nature dans les Nouvelles genecoisesetses Vopages en zigzag, au style sobre et voltairicn en pleine époque romanli(juc; le poète vaudois Juste Olivier, qui est peut-être le premier des poètes suisses. Puis les
GENEVE