‹ La SuisseChapitre 19 sur 48 · BALE-CAMPAGNE · texte numérisé non relu

BALE-CAMPAGNE

Ce canton a pour prison un vieux bâtiment datant de 1657, et qui a longtemps été une halle au blé; là tous les genres de détenus sont enfermés : prévenus, délinquants, condamnés correctionnels et criminels. On conçoit tout d'abord qu'une prison, dans des conditions semblables, permet difficilement de suivre un système quelconque, aussi n'a-t-on songé à en établir d'aucune sorte; une promiscuitéplus ou moins grande est inévitable. Puis, comme l'établissement ne peut contenir tous les condamnés à la prison, et que, d'autre part, les dépenses pour la surveillance seraient très-élevées. eu égard au peu de ressources dont on dispose, on a eu recours au singulier procédé d'en louer plusieurs à des particuliers qui les emploient à des travaux d'agriculture ; il y a là quelque chose qui rappelle le régime de l'esclavage des temps barbares, et qui choque de prime abord. Disons cependant, qu'en fait, on a observé des amendements sérieux chez plusieurs de ces condamnés admis ainsi à vivre en quelque sorte au foyer de la famille du paysan, où ils sont traités bien plus en serviteurs domestiques qu'en condamnés.

L'autonomie des cantons, celle même des demicantons est respectable sans doute : elle a des avantages que, sous divers rapports, nous avons appréciés et même signalés ; mais lorsque les groupes politiques n'ont pas, en eux, les moyens de satisfaire aux obligations sociales, leur existence comme gouvernement devient naturellement l'objet de critiques sévères ; c'est la d'ailleurs un des arguments qui ont prévalu pour la révision récente de la constitution fédérale.

Page 1