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UNIVERSITE DE ZURICH

L'université de Zurich, fondée en 1832, est aujourd'hui la plus brillante, la plus suivie ; la faculté de médecine a plus de 200 élèves ; c'est elle qui, en Europe, a été la première à ouvrir ses cours aux femmes ; la plupart des étudiantes sont russes, plusieurs américaines ou anglaises, et un petit nombre suisses.

L'affluence des élèves à l'université de Zurich est due, en grande partie, au voisinage de lecole polyteclmique. Cette grande institution, indépendamment de son enseignement destiné à former des ingénieurs, des constructeurs, des mécaniciens, des chimistes, etc., oiFre aux élèves en médecine eux-mêmes les cours de professeurs traitant de diverses b7;anches des sciences afférentes à leurs études; plusieurs de ces professeurs donnent aussi des cours à la faculté de médecine. Les collections et plusieurs laboratoires de la première école sont également accessibles a ces élèves. On conçoit que la proximité et l'organisation de ces deux écoles favorisent la présence à Zurich de professeurs distingués en plus grand nombre que dans les autres universités de la Suisse. Il importe aussi de dire que l'enseignement est l'occupation presque exclusive des hommes qui se vouent à cette mission ; il y a peu de médecins professant auprès des universités qui se livrent à la pratique; il est vrai que là l'enseignement est trèshonoré et très convenablement rémunéré.

OEGANISATION DES UNIVERSITES.

L'organisation des universités suisses est, comme je lai dit, entièrement indépendante vis-à-vis du gouvernement fédéral; elle appartient tout entière aux cantons où elles sont instituées ; les règlements sont arrêtés par les autorités cantonales , ils ont une grande analogie avec ceux des universités d'Allemagne.

On distingue les professeurs en ordinaires et extraordinaires; tous sont nommés par le collège des professeurs, mais ils doivent être agréés par le gouvernement cantonal qui subvient à tous les frais de l'université ; les choix peuvent du reste se porter et ils se portent en effet sur des hommes appartenant à toutes les nationalités.

A côté de ces deux classes , il y a les professeurs libres, Uberi docenti ou privât docent, qui n'ont droit à aucun traitement de la part de l'université et dont les leçons sont payées par les élèves qui les suivent. Cette organisation a pour eifet , on le comprend, d'exciter l'émulation entre les divers professeurs. L'accès offert aux étrangers a amené un autre résultat, le plus important peut-être: il a servi à former plusieurs des hommes qui honorent

le plus renseignement dans diverses contrées de l'Europe, particulièrement en Allemagne ; il suffit de citer les noms les plus connus. Ainsi Lebert, aujourd'hui professeur de clinique interne à Breslau; Schôlein à Berlin; le regretté Griesinger, qui, après avoir été l'élève de ce dernier, avait été appelé d'abord à Tubingue, puis à Berlin; Billroth, professeur de clinique à Vienne, avaient tous professé à Zurich. C'est à cette même université encore qu'avait débuté le savant professeur d'Italie Molescliot.

L'université de Berne a vu professer près d'elle Scliiff, actuellement en Italie ; Klebs à Wurzbourg, Nonnyen à Kœnisberg.

C'est à Bâle que Liebermeister, professeur de clinique à Tubingue, a professé d'abord: le grand hôpital cantonal de Bàle a été le théâtre de ses expériences sur le rôle de l'acide carbonique émis par les poumons pendant la fièvre.

Plusieurs autres hommes, occupant un rang élevé dans la science, ont également commencé à professer en Suisse.

On reconnaîtra qu'il y a dans ces faits des enseignements dont pourraient profiter les pays qui n'ont pas la même organisation dans leur enseignement universitaire.

Je ne quitterai pas ce qui se rapporte aux universités sans parler des conditions exigées en Suisse pour accorder aux docteurs en médecine le droit de pratiquer.

Les grades obtenus dans l'une ou l'autre des universités ne confèrent pas immédiatement le droit d'exercer la médecine dans toute l'étendue de la Suisse ; tout au plus ce droit est concédé , par suite de dispositions particulières ou de conventions spéciales, entre les cantons où siège une université.

Un -canton n'accorde en général le droit d'exercer la médecine sur son territoire, au docteur muni de diplôme, qu'après des examens spéciaux passés devant un jury nommé ad hoc par les autorités cantonales; il existe, je le répète, des conventions entre quelques cantons pour les garanties a exiger et pour l'autorisation d'exercice à accorder. Mais en quelque lieu que le docteur ait acquis son diplôme, fiit-ce à l'étranger, il a toujours le droit de se présenter devant le jury médical d'un canton, et s'il justifie du savoir déclaré indispensable, le droit d'exercer lui est accordé.

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