CLIMATS DOUX
La première catégorie servant de transition entre
la plaine et la montagne , comprend généralement les bords des lacs et les localités qui lesavoisinent, de même les vallées bien exposées, bien abritées et dont laltitiide reste au dessous de 1000 mètres ou les dépasse à peine. Le séjour de ces stations convient particulièrement aux constitutions faibles dont la fibre est irritable, disposées à certaine forme d'hérétisme.
Le lac des quatre cantons, et les collines qui l'entourent, présentent les conditions que nous venons d'indiquer: Lucerne et ses environs, "Wœggis, Brunnen, Gersau, Farnbiilh, sont des lieux de résidence sanitaire où l'on trouve en outre toutes les commodités de la vie; les ressources d'alimentation dont on ne saurait trop se préoccuper y sont toutes réunies, tandis qu'elles font souvent défaut dans des localités trop éloignées des centres de population.
PV Les environs charmants du lac de Thun, ceux du lac de Brienz, ne sont pas moins bien partagés; nous rappellerons S2)ie!2 sur le lac de Thun, Gissbacli sur
.^. celui de Brienz.
P' Interlaken qui sépare ces deux lacs est une station très agréable, vers laquelle se sentent attirés tous les touristes et d'où ils rayonnent dans diverses directions pour visiter les sites remarquables de cette partie del'Oberland Bernois ; quant aux valétudinai-
212 liTUDES MÉDICALES ET SOCIALES.
res, ils y trouvent la cure de petit-lait ; et, non loin, la station de Lauterbrunnen et sa vallée.
Le lac de Genève, dans son long parcours, présente, sur ses deux rives, une série continue de stations : Genève en particulier est entouré de villas, véritables Sanatoria, construites sur les pentes des coteaux les mieux exposés, parmi lesquels il faut citer le grand et le petit Sacconet ; Salève, bien que situé sur le territoire de la Savoie, a trop d'importance pour ne pas être indiqué ; on n'a, en quelque sorte, que l'embarras du choix: il existe cependant des nuances assez marquées; sur certains points, l'air est un peu vif. Il sera toujours prudent de se faire conseiller par le médecin.
Depuis quelques années on voit se multiplier, autour de Genève, des établissements de convalescence auxquels rien ne manque de ce qu'exige leur destination spéciale.
Vers l'autre extrémité du lac, Vevey, Montreux, Veytaux, présentent des conditions excellentes pour les santés qui ont besoin d'apaisement d'une atmosphère calme et douce. Cette région, et notamment les localités que nous citons, conservent ces précieuses qualités même pendant l'hiver, et nous les signalons comme de bonnes stations hivernales.
Les autres lacs, ceux de Neuchâtel, Bienne,
Zurich, Constance, bien que présentant parfois des variations de température un peu trop accusées, offrent néanmoîlis, à proximité de leurs rives, toujours semées de riants villages, plusieurs stations convenant très-bien comme séjour de Tordre dont nous nous occupons.
De nombreuses localités encore peuvent être rangées dans la même catégorie; dans les cantons d'Appenzel: Gais, • Weisshad, Gonten; dans le canton du Tessin Lugano ; dans les Grisons Le Prese, Fidéris; dans le canton de St-Gall, Bagatz, Ffeffes : mais nous retrouverons ces diverses stations en parlant des cures d'eaux minérales.
Ceux qui se destinent à faire une cure sous l'influence des autres ordres de climat dits toniques, excitants, feront bien de commencer par séjourner, pendant quelques jours, dans les contrées que nous venons d'indiquer, avant de se rendre dans les stations plus élevées, afin d'éviter des impressions trop brusques et pour ménager la transition entre l'atmosphère des lieux bas et celle des montagnes à air vif.
Nous avons publié ailleurs quelques considérations que nous croyons être ici encore à leur place : indépendamment des influences de climat propres aux lacs et à leurs environs, on pourrait tirer un
très-bon parti, pour plusieurs états de santé, d'une navigation suivie, comme médication, sur les lacs: ce n'est pas là, sans doute, la navigation maritime dont les bons effets se constatent chaque jour ; mais l'atmosphère marine, favorable dans beaucoup de cas, ne convient pas à tous ; nous sommes convaincu qu'il y a une catégorie nombreuse de malades auxquels on appliquerait avantageusement la navigation sur les lacs.
Pourquoi n'organiserait-on pas des promenades sanitaires sur les lacs, comme on a organisé des voyages analogues sur la mer; la chose serait infiniment plus simple et plus facile à beaucoup d'égards, les bateaux seraient aménagés en conséquence et pourvus du personnelmédical nécessaire. Nous appelons sur ce sujet l'attention des esprits pratiques.