HOPITAUX D'ENFANTS
Les hôpitaux consacrés au traitement des enfents sont généralement remarquables par les bonnes conditions dont ils jouissent, ils ont reçu les arrangements intérieurs les mieux entendus. Ceux de Bâle, Lausanne, Berne, qui fonctionnent depuis plusieurs années, se distinguent particulièrement et par leur construction et par leur administration ; ils servent, en ce moment, de modèles à des établissements sem-
blables, en Russie et en Allemagne. Zurich et plusieurs autres cités fondent des hôpitaux d après les mêmes principes.
Situés à proximité, mais en dehors des villes, les hôpitaux d enfants ont des salles relativement vastes ne contenant chacune qu un petit nombre de lits. Ces lits en fer reposent sur des rails et sont ainsi facilement conduits sous de larges galeries extérieures, sortes de vérandas placées au midi ou à lest, recouvertes de marquises et oii les enfants alités respirent l'air, jouissent des bienfaits de la lumière du jour et profitent du premier rayon de soleil qui apparaît.
BALE
Le Kinder spital établi sur la rive droite du Rhin, à Test du quartier appelé le Petit Bâle, à une assez bonne distance de la grande ville, en pleine campagne, au milieu des jardins, doit son existence et son entretien à l'assistance privée, c'est-à-dire aux ressources créées par des souscriptions et des donations. Le bâtiment a deux étages, indépendamment des
souterrains ; il contient cinquante lits pour recevoir les malades, rarement ils sont tous occupés ; les salles ont au plus sept lits , elles sont pourvues de larges fenêtres, et plusieurs communiquent directement avec les galeries ou balcons que nous avons décrits. Tout a été prévu dans cet établissement; salles pour les opérations, pour les bains, la pharmacie, la lingerie, etc., etc.; le rez-de-cliaussée est consacré à la chirurgie, Tétage supérieur à la médecine ; une infirmerie spéciale est destinée aux affections contagieuses et les varioleux en particulier sont traités dans un établissement séparé.
Les procédés que nous avons décrits en parlant de l'hôpital cantonal de Genève et qui sont employés là, pour la ventilation , la circulation de l'air froid et de l'air chaud, la distribution de l'eau aux divers étages et pour l'économie générale de l'établissement, fonctionnent absolument d'après les mêmes principes au Kinder Spital de Bâle ; une machine à vapeur de la force de 3 chevaux, placée dans les souterrains, met en mouvement tout le système et satisfait aux besoins des divers services. Preuve que les grands hôpitaux ne sont pas seuls destinés à avoir le privilège de ces agents économiques et hygiéniques, qui ne sont pas suffisamment répandus et qui devraient surtout être appliqués dans tous les lieux où sont
réunis un certain nombre de personnes ; notamment les écoles, les casernes, les prisons, les salles de spectacles, etc., etc.
Les jeunes malades reçoivent non-seulement les soins exigés par leur état, mais on s'est ingénié aussi à leur créer toutes les distractions possibles. Les jouets, l'imagerie, les livres illustrés, forment un contingent important dans les. approvisionnements de l'hôpital ; les attentions délicates, les tendres causeries des diaconesses, les visites des parents contribuent à combler, en partie au moins, pour ces pauvres petits êtres, le vide de la famille.
BERNE
Deux hôpitaux d'enfants existent à Berne; le principal est VJiôpifalJenner ; il contient une trentaine de lits occupés , la plupart , par des enfants atteints d'affections chroniques oii dominent les tumeurs blanches des articulations ; la scrofulose est malheureusement très commune dans la poi)ulation ouvrière. La policlinique instituée dans cet hôpital fournit de
nombreuses consultations aux enfants amenés du dehors, et cest ainsi que des cas nombreux sont offerts pour les leçons faites à cet hôpital par un professeur de l'université. L'organisation des services médicaux ne laisse rien à désirer ; il en est de même pour les soins divers, et tout ce qui concerne le matériel de l'établissement auquel on ne peut reprocher que d'être situé dans le quartier le plus fréquenté de la ville.
Un autre hôpital d'enfants, oii sont traités généralement aussi des maladies chirurgicales, est infiniment mieux placé, à une extrémité de la ville, au milieu de grands jardins, mais il n'admet que des payants ; il renferme une douzaine de lits distribués dans deux salles.
Le service et le régime sont d'ailleurs en tout les mêmes qu'à l'hôpital Jenner. Un lait d'excellente qualité est fourni aux jeunes malades, on ne leur donne jamais de café, et l'eau pure est la boisson ordinaire.
L'emploi du thermomètre, pour apprécier le degré de la température chez les enfants pendant le couj's des affections fébriles, est pratiqué , trois fois par jour, par les diaconesses qui rendent compte de leurs observations au médecin. Ce mode important d'observation, tend de plus en plus à se généraliser dans
rétiicle des maladies aiguës, spécialement dans les fièvres typhoïdes ; il fournit sans doute des renseignements fort utiles, mais il serait imprudent de lui accorder une valeur sans contrôle pour le pronostic de ces maladies.
LAUSANNE
C est en pleine campagne, à un quart de lieu de la ville, au milieu d'un site charmant, qu'est situé l'hôpital d'enfants contenant 24 lits, avec séparation de sexes, ce qui n'existe pas dans ceux de Baie et de Berne. Ce petit établissement est pourvu, comme ceux que nous avons cités, de galeries et de balcons, mais il possède en outre des jardins plus spacieux dans lesquels peuvent se promener et s'ébattre les jeunes convalescents. Les salles sont , on peut le dire, inondées de lumière, et, chose à noter, il se passe des années entières sans qu'on y voie paraître de fièvre éruptive.
Un professeur de gymnastique, M. Lochman, fait pratiquer avec autant de zèle que de talent les exercices jugés utiles par les médecins.
L'orthopédie est appliquée avec une grande entente et beaucoup de persévérance dans cet hôpital, par un homme habile et instruit, M. Martin, qui s'est voué entièrement à cette mission. La ténotomie est très-rarement employée comme traitement ; c'est grâce à des manipulations rationnelles répétées plusieurs fois par jour, avec l'aide aussi d'appareils très intelligemment conçus, que des pieds bots de différentes sortes ont pu être ramenés à un état à peu près normal. La directrice de cet établissement est une diaconesse, qui, sous tous les rapports, mérite les plus grands éloges.