‹ La suite du Menteur, a comedy, ed. by G. MassonChapitre 16 sur 126 · LA SUITE BU MENTEUR · texte numérisé non relu

LA SUITE BU MENTEUR

Cest à vous d*épn>tiTer ce qae vous demandes. ML Et que cioit-îl de moi? Ly. Ce qneTOUS lui mandez ; Que YOtis l'avez tantôt vu par votre fenêtre ; Qa« vous l'aimez d^à. ML Cela pomiaxt bien 'être. Ly. Sans Favoir jamais vu? ML Xécns bien sans le voir. 415

Ly, Mais vous suivez d'un firère un absc^ pouvoir^ Quiy vous ayant conté par quel bonheur ârange Il s'est mis à couvert de la mort de Florange, Se sert de cette feinte^ en cachant votre nom. Four lui donner secours dedans cette prison. 420

L'y voyant en sa place, il £ût ce qu'il doit fiûie. ML Je n'écrivais tantôt qu'à dessein de lui plaire. Mais, Lyse, maintenant j'ai pitié de l'ennui D'un homme si bien fait qui sou£&e pour autrui ; Et par quelques motifs que je vienne d'écrire, 425

Il est de mon honneur de ne m'en pas dédire.

La lettre est de ma main, elle parle d'amour ; S'il ne sait qui je suis, il peut l'appr^idre un jour. Un tel gage m'oblige à lui tenir parole :

Ce qu'on met par écrit passe une amour frivole. 430

Puisqu'il a du mérite, on ne m'en peut blâmer ; Et je lui dois mon cœur, s'il daigne l'estimer. Je m'en forme en idée une image si rare.

Qu'elle pouirait gagner l'âme la plus barbare ; L'amour en est le peintre, et ton rapport flatteur 435

En fournit les couleurs à ce doux enchanteur. Ly» Tout comme vous l'aimez vous verrez qu'il vous aime : Si vous vous engagez, il s'engage de même, Et se forme de vous un tableau si parfait^ Que c'est lettre pour lettre, et portrait pour portrait 440 Il Êiut que votre amour plaisamment s'entretienne ; Il sera votre idée, et vous serez la sienne.

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