‹ La suite du Menteur, a comedy, ed. by G. MassonChapitre 17 sur 126 · ACTE IL SCENE L · texte numérisé non relu

ACTE IL SCENE L

L'alliance est mignarde ; et cette nouveauté.

Surtout dans une lettre, aura grande beauté,

Quand vous 7 souscrirez, pour Dorante ou Mélisse : 445

" Votre tiès-humble idée à vous rendre service."

Vous vous moquez, madame ; et loin d'y consentir, Vous n'en parlez ainsi que pour vous divertir. Mi, Je ne me moque point Ly, Et que fera, madame, Cet autre cavalier dont vous poss^ez Tâme, 450

Votre amant ? ML Qui ? Ly. Philiste, Mi. Ah ! ne présume pas Que son cœur soit sensible au peu que j'ai d'appas ; Il fait mine d'aimer, mais sa galanterie N'est qu'un amusement et qu'une raillerie.

Ly. n est riche, et parent des premiers de Lyon. 455

ML Et c'est ce qui le porte à plus d'ambition. S'il me voit quelquefois, c'est comme par surprise ; Dans ses civilités on diiait qu'il méprise.

Qu'un seul mot de sa bouche est un rare bonheur. Et qu'un de ses regards est un excès d'honneur. 460

L'amour même d'un roi me serait importune, S'il fallait la tenir à si haute fortune.

La sienne est un trésor qu'il fait bien d'épargner ; L'avantage est trop grand, j'y pourrais trop gagner. Il n'entre point chez nous ; et, quand il me rencontre, 465 Il semble qu'avec peine à mes yeux il se montre. Et prend l'occasion avec une froideur Qui craint en me parlant d'abaisser sa grandeur. Ly. Peut-être il est timide, et n'ose davantage. Mè, S'il craint, c'est que l'amour trop avant ne l'engage. 470 Il voit souvent mon frère, et ne parle de rien. Ly. Mais vous le recevez, ce me semble, assez bien. Mé. Comme je ne suis pas en amour des plus fines, Faute d'autre j'en souffre, et je lui rends ses mines ;

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