‹ La SulammiteChapitre 11 sur 44 · DATI · texte numérisé non relu

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salem », Salomon se met à décrire tous les charmes de sa nouvelle épouse, —sans exception! —etil finit parexprimer ses propres désirs amoureux dans un langage de nature à révolter, non seulement une épouse chaste, telle qu’on suppose la Sulammite, mais toute femme tant soit peu honnête, ou, pour mieux dire, qui que ce soit (vur, 2-10 a). Et, pour comble d’incompréhensibilité, la Sulammite, qui jetait naguère sur le roi des regards terribles et voulait s’en aller, choisit le moment même où 1l lui tient ce langage odieux pour lui rendre tout son amour et le prier de se retirer avec elle dans son village natal!

Est-ce assez d’incohérences!

Ajoutons que les allusions du dernier acte, si claires dans : l'hypothèse du berger, n’ont aucun sens dans celle du roi. Puisque l’amour de la Sulammite n’a eu ni obstacles à vaincre ni ofires brillantes à repousser, puisqu'elle a accepté, au contraire, de devenir la femme de Salomon, pourquoi dit-elle en terminant :

L'amour est fort comme la mort...

Quand un homme donnerait tout son bien pour l’amour, On se moquerait de lui (vin, 6 et 7). Je suis un rempart...

Alors j'ai été à ses yeux . Comme une (femme) qui trouve la paix (v. 10)?

Le dénouement, sinaturelets: satisfaisant dans la supposition que la jeune fille retrouve son fiancé, est bien étrange, quand on suppose que Salomon quitte sa cour et son palais pour aller vivre au village avec la Sulammite. Tout le monde savait que cela n'était pas et ne pouvait pas être.

Remarquons aussi que ce système d'interprétation ne sauve nullement le Cantique des Cantiques du reproche d’immoralité. Quoi! c’est un époux qui tient à la pure et

RE; Que

chaste Sulammite, le jour de son mariage, le langage étonnant qu'on lit au chapitre 1v! Et non seulement la Sulammite l'écoute, mais elle y répond aussi favorablement que possible (v. 16 b)! Quoi! c’est un jeune mari qui, dans l’acte suivant, tient à sa jeune femme, à une femme comme la Sulammite, un langage plus révoltant encore (var, 2-9), en présence des autres femmes de son harem! Et non seulement elle l'écoute et v répond, mais c’est ce moment qu’elle choisit pour se réconcilier avec lui, lui rendre tout son amour et l’entraîner loin de la cour! N'est-ce pas monstrueux ?

Mais il est facile de démontrer que le bien-aimé de la Sulammite est différent de Salomon. Dans le palais de Salomon, elle parle de lui comme d’un berger qui paît son troupeau avec d’autres bergers, ses compagnons (1), et le distingue nettement du roi (2).

Si elle est malade d'amour (3), c'est parce qu'elle est séparée de lui et dans l'impossibilité de le retrouver; or, elle est, quand elle parle ainsi, dans le palais de Salomon, qui lui adresse des compliments. Le refrain des deux premiers actes et du quatrième montre qu’elle se refuse à l'amour que les filles de Jérusalem, c’est-à-dire lès almées de Salomon, voudraient faire naître dans son cœur. Au deuxième acte, la Sulammite représente son bien-aimé comme un jeune homme qui franchit les monts et les collines pour l’inviter à une promenade matinale, au début du printemps, et qu'elle cherche en rêve dans les rues de la ville qu’elle habite (ou plutôt qu’elle habitait).

Au début du quatrième, elle croit l'entendre, en rêve, frapper à sa porte, la chevelure trempe de rosée; elle le

Dr 11-10 85 VE. 218, GE. VIN, 13 (2) 1, 4, 12.

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