UN DES HABITANTS DE SULEM
Qui est celle-ci qui monte du désert, s'appuyant sur son bien-aimé ?
LE BERGER, montrant à la Sulammite un pommier près d’une maison.
Sous ce pommier je t’éveillai (1).
Lui montrant la maison :
C’est là que ta mère te donna le jour; c’est là que te donna le jour celle qui t’enfanta (2).
(1) Allusion au premier récit du deuxième acte, qui a montré le berger enant éveiller sa belle un matin de «printemps. C’est sous le pommier qui mbrageait la maison qu’il lui avait chanté sa gracieuse et poétique aubade. ous ce pommier se rapporte au sujet de la phrase (le berger), non à l’objet a Sulammite).
(2) Quelle délicatesse dans la conduite et dans les paroles du jeune berger! Voilà ta maison, tu es libre! » semble-t-il dire à la jeune fille. Il ne veut | devoir qu’à elle-même, à son libre choix; il refuse de se prévaloir des cironstances favorables qui l’ont mise entre ses mains. Il est prêt à partir si le ne le retient pas. — Dans le texte hébreu, ces trois vers sont vocalisés
Sr LES
Mets-moi comme un sceau sur ton cœur,
comme un sceau sur ton bras (1)!
Car l’amour est fort comme la mort,
la passion est irrésistible comme le Sheôl ;
Ses ardeurs sont des ardeurs de feu,
une flamme de l'Éternel.
De grandes eaux ne pourraient éteindre l’amour,
et des fleuves ne l’engloutiraient pas (2).
Quand un homme donnerait tousles biens de sa maison pour l’amour, on ne ferait que se moquer de lui (3).
(Le berger et la Sulammite arrivent près de la maison. Les frères de la Sulammite s’entretiennent ensemble, sans les voir.)