UN DES FRÈRES
Nous avons une petite sœur,
qui n’a pas encore de mamelles.
Que ferons-nous pour notre sœur, quand on parlera d’elle (4)?
de telle sorte qu’il semble que c’est la jeune fille qui s'adresse à son fiancé. Mais c’est une erreur manifeste, reconnue depuis longtemps, par la plupart des interprètes. Il faut mettre les pronoms au féminin.
(1) Mais la jeune fille n'accepte pas cette liberté que le berger lui rend. Qu'il la mette sur son cœur et sur son bras comme une empreinte gravée, ineffaçable. CE. Jér. xx, 24; Hag. n, 23; Isaïe x1ix, 16. Elle désire n'être jamais séparée ni de ce cœur aimant et fidèle, ni de ce bras sur lequel elle s'appuie.
(2) Ces trois distiques expriment la puissance irrésistible de l'amour. On ne peut pas plus lui résister qu’à la mort ou au Sheôl (séjour des morts), quand l'heure est venue. Il brüle comme le feu, comme la foudre. — La flamme de l'Éternel désigne la foudre, comme la voix de l'Éternel (Ps. xx1x) désigne le tonnerre. — Rien ne peut l’éteindre, quand une fois il s’est emparé d’un cœur. Il est clair qu’il s’agit de l’amour vrai, du seul amour qui mérite ce nom. (3) Allusion manifeste aux offres et aux promesses de Salomon pour obtenir l'amour de la Sulammite. Celle-ci a tout repoussé avec indignation et avec mépris. Voyez surtout le quatrième acte.
(4) Cette petite sœur ne peut être identifiée avec l'héroïne du poème, qui
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roy
UN AUTRE
S1 elle est un rempart, .
nous y construirons un créneau d'argent.
Et si elle est une porte,
nous y clouerons une planche de cèdre (1).
LA SULAMMITE, se présentant devant eux.
Je suis un rempart, et mes mamelles sont imprenables comme des tours (2). Alors j'ai été à ses yeux comme une femme qui trouve la paix (3).
(Après un moment de silence, elle continue :) Salomon avait une vigne à Baal-hamon (4); il a donné cette vigne aux surveillants; on retirerait de son fruit mille sicles d'argent. Ma vigne à moi m’appartient; les mille sicles sont à toi, Salomon, et deux cents à ceux qui en surveillent le fruit (5)!
était nubile. Quand on parlera d’elle, c’est-à-dire quand on la demandera en mariage. — Après avoir disposé de leur première sœur en la livrant à Salomon, ils commencent à se préoccuper de la seconde.
(1) Si elle est vertueuse, on lui donnera une couronne d’argent pour le jour de son mariage; si elle ne l’est pas, on la mettra sous clé. Le cèdre est mentionné ici comme un bois solide et résistant.
(2) CÉ., au quatrième acte, les intentions de Salomon et la réponse de la Sulammite (vu, 8 ss.).
(3) Alors (quand Salomon a vu cela) jai été à ses yeux comme une femme qui sait se faire respecter et obtient qu’on la laisse tranquille.
(4) Baal-hamon devait être situé dans le voisinage de Sunem.
(5) Salomon avait donné cette vigne aux frères de la: Sulammiite, qui en étaient les surveillants, en échange de leur sœur. Mais ils n’avaient pas le droit de disposer ainsi de sa vigne à elle (c’est-à-dire de sa personne), qui vaut bien celle de Salomon. Seule elle possède un tel droit. En conséquence, elle rompt le marché conclu par eux. Que Salomon garde les mille sicles que rapporte la vigne, et que ses frères continuent à en recevoir deux cents pour leur peine.
Mr