‹ La Suppuration des Kystes de l'OvaireChapitre 18 sur 22 · NT · texte numérisé non relu

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Au mois d'octobre 1900, cette jeune fille fit un voyage à Paris, el après quelques jours de fatigue par une marche excessive, elle fut prise brusquement de douleurs aiguës, siégeant dans le basventre et particulièrement à droite, douleurs qui s'accompagnèrent de vomissements, de ballonnements du ventre et d'élévation légère de la température.

Un médecin, appelé en consultation, porta le diagnostic d'appendicite; il institua un traitement médical (glace) et les accidents ayant diminué au bout de quelques jours, la malade put revenir à Lyon dans sa famille.

Les accidents cessèrent d'être aigus, mais ne disparurent pas: les vomissements disparurent; toutefois, l'appétit resta presque nul ; le ballonnement du ventre tomba, mais l'abdomen resta sensible et douloureux à la pression dans la région inférieure. Une constipation très difficile à combattre s'établit, La tempéra- Lure, encore un peu élevée dans les premières semaines, rentra dans la normale.

Le diagnostic devenait difficile à établir; l’idée d'une poussée d'appendicite semblait s'imposer moins qu'au début, et l’on pensa surtout à la possibilité d’une péritonite tuberculeuse.

Au mois de décembre, un chirurgien fut appelé en consultation; la malade était alors très amaigrie; elle avait une constipation très prononcée; le ventre était distendu. On sentait dans l'abdomen, et surtout dans les flancs, des masses dures, mobiles, du volume d'une noix, masses qui purent être prises pour des ganglions néoplasiques.

Pour l'examen du pelvis, impossible de recourir au toucher vaginal, la jeune malade étant vierge, Par le toucher rectal, 6n constate la présence d'une tumeur qui peut être de consistance solide et fait corps avec l'utérus.

On fit donc le diagnostic de tumeur maligne de l'utérus et on interpréta les masses abdominales comme des ganglions ou des noyaux de généralisation péritonéale, On conclut donc à l'absence de toute intervention chirurgicale.

Au mois de janvier, la malade, plus amaigrie, fut examinée par un second chirurgien qui, influencé sans doute par le dia-

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ynostic précédemment porté, pensa encore à une tumeur maligne dont les noyaux abdominaux étaient dus à une générasation. |

La malade alitée, souffrantsurtoutde sa cônstipation opiniâtre, s'alimentant à peine, était dans un état tout à fait squelettique, lorsque, au commencement de mars 1901, elle fut vue par M. Aug. Pollosson.

Le jour de la visite en question, la malade n'était pas allée du ventre depuis quarante jours; le ventre était ballonné et l'on senlait presque partout des masses dures du volume d'une noix, mais il ne fut pas difficile de les interpréter comme des scybales durcies et non pas comme des ganglions ou des masses néoplasiques.

L'examen par le toucher rectal montra que le pelvis était rempli par une tumeur très tendue, mais rénitente, laquelle dépassait évidemment en haut,le niveau du détroit supérieur et, par une pression dans la zone sous-ombilicale, on transmettait une impulsion au doigt placé dans le rectum. M. Pollosson constatant qu'il s'agissait non pas d'une tumeur solide, mais d'une poche très tendue, fit le diagnostic de kyste de l'ovaire ou du ligament large et pensa qu'il fallait interpréter les accidents du début soit par une torsion du pédicule, soit par la suppuration d'un kyste.

Dans ces conditions, il proposa une intervention immédiate malgré l’état de maigreur extrême et de faiblesse de la malade. L'intervention fut acceptée et pratiquée le 10 mars 19017.

Des lavements huileux profonds donnés la veille et l'avants veille de l'opération avaient amené l'expulsion de matières fécales très abondantes et diminuer sensiblement les masses indurées qu'on avait senties.

Laparotomie médiane — On constate qu'il n'y a point de péritonite ; l’utérus est refoulé fortement en avant par un kyste tendu qui descend dans le bassin et remonte dans l'abdomen; le volume total est à peu près celui de deux têtes fœtales superposées. Ce kyste est ponctionné; il s'écoule un pus crémeux, non odorant. La poche est attirée au dehors, mais partielle-

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